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dimanche 11 janvier 2026

Joseph Dieudonné Larose: La voix d’or du konpa qui a marqué l’âme haïtienne

Le 9 janvier 2026, la diaspora haïtienne au Canada et la communauté musicale d’Haïti ont perdu l’une de leurs plus grandes voix : Joseph Dieudonné Larose, chanteur emblématique du konpa, s’est éteint à l’âge de 80 ans à Laval, Québec. Hospitalisé depuis plusieurs mois, il luttait contre un cancer de la prostate avant de succomber à un accident vasculaire cérébral (AVC). Sa disparition laisse un vide immense, mais son héritage musical continue de résonner dans les cœurs et sur les pistes de danse. Cet article retrace sa vie, sa carrière et l’impact culturel de son œuvre.


Les racines d’un artiste

Né le 5 juin 1945 à Port-au-Prince, dans le département de l’Ouest, Larose grandit dans une Haïti en pleine effervescence culturelle. La musique, omniprésente dans les rues et les fêtes populaires, devient rapidement son langage. Très tôt, il se distingue par une voix profonde et expressive, capable de transmettre autant la joie que la mélancolie.

Dans les années 1960 et 1970, alors que le konpa direct s’impose comme le rythme national, Larose trouve sa place parmi les jeunes talents qui façonnent ce genre musical. Sa carrière débute dans des formations locales avant de rejoindre des groupes qui marqueront l’histoire.


Shoogar Combo : Les premiers pas vers la gloire

Le Shoogar Combo fut l’un des premiers groupes à révéler Larose au grand public. Avec cette formation, il affine son style et démontre sa capacité à porter des chansons festives tout en y insufflant une profondeur émotionnelle. Le groupe, très populaire dans les années 1970, contribue à installer Larose comme une voix incontournable du konpa.


 Missile 727 et  DP Express : L’âge d’or

La véritable consécration arrive avec Missile 727, puis DP Express, deux groupes phares du konpa moderne. Larose y impose son timbre unique et devient l’un des chanteurs les plus respectés de sa génération. Ses performances scéniques, toujours empreintes de passion, séduisent autant en Haïti que dans la diaspora.


Chansons emblématiques

- Mandela : hommage vibrant à la lutte contre l’apartheid. 

- Haïti : déclaration d’amour et de fierté nationale. 

- Roro et Lanmou fou : titres festifs qui ont enflammé les pistes de danse. 

- Jolie Minou et Aksidan : chansons populaires qui témoignent de sa polyvalence.

Avec plus de 27 albums enregistrés, Larose laisse derrière lui une discographie riche et variée, oscillant entre engagement social et célébration de la vie.


 Une voix pour la diaspora

Installé au Canada dans ses dernières années, Larose reste profondément lié à la communauté haïtienne de Montréal et de Laval. Il participe à des concerts, festivals et événements culturels, devenant un pont entre Haïti et sa diaspora. Sa musique, jouée dans les mariages, anniversaires et fêtes communautaires, symbolise la continuité culturelle au-delà des frontières.


 Vie personnelle

Larose était aussi un homme de famille. Père de 27 enfants, il incarnait une figure patriarcale respectée. Sa vie privée, bien que discrète, reflétait son attachement aux valeurs traditionnelles haïtiennes. Malgré la maladie, il resta actif sur scène jusqu’en 2025, preuve de sa passion indéfectible pour la musique.


 La lutte contre la maladie

Diagnostiqué d’un cancer de la prostate, Larose dut affronter un combat médical difficile. Hospitalisé plusieurs mois, il suivait un traitement intensif. Mais c’est finalement un AVC qui mit fin à sa vie le 9 janvier 2026. Sa mort suscita une vague d’émotion et de tristesse, tant en Haïti qu’au sein de la diaspora.



 Hommages et reconnaissance

À l’annonce de son décès, les réactions furent immédiates :

- Le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé salua « la noblesse de sa voix » et « la portée de son œuvre ». 

- Les médias haïtiens et caribéens lui consacrèrent des émissions spéciales. 

- Les réseaux sociaux furent inondés de messages de fans rappelant leurs souvenirs liés à ses chansons.


 Héritage musical


L’héritage de Larose se mesure à plusieurs niveaux :

- Patrimoine culturel : ses chansons sont devenues des classiques du konpa. 

- Influence artistique : il a inspiré des générations de musiciens haïtiens et caribéens. 

- Diaspora : il a renforcé le lien culturel entre Haïti et ses communautés à l’étranger. 

Son œuvre illustre la capacité de la musique haïtienne à transcender les frontières et à unir les peuples autour d’une identité commune.


 Analyse de son impact

Le succès de Larose ne se limite pas à ses ventes d’albums ou à ses concerts. Il incarne :

- La voix du peuple : ses chansons engagées reflétaient les luttes sociales et politiques. 

- La fête haïtienne : ses titres festifs sont indissociables des célébrations populaires. 

- La mémoire collective : chaque génération a dansé ou chanté sur ses morceaux. 


En Conclusion, Joseph Dieudonné Larose n’était pas seulement un chanteur : il était une institution. Sa voix, son charisme et son engagement ont façonné le konpa et marqué l’histoire culturelle d’Haïti. Sa disparition est une perte immense, mais son héritage demeure vivant. Dans les rues de Port-au-Prince, dans les salons de Montréal ou sur les pistes de danse de New York, ses chansons continueront de résonner, rappelant que Larose fut, et restera, la voix d’or du konpa.



Crédit : Andy Limontas

samedi 10 janvier 2026

Haïti/Nécrologie: Jean Coulanges, entre science et chanson : l’Haïti qu’il a incarnée

 

Le 5 janvier 2026, Haïti a perdu l’une de ses figures les plus singulières et les plus respectées : Jean Coulanges, anthropologue, professeur et chanteur. Sa disparition a provoqué une onde de choc dans le monde académique, artistique et culturel. Coulanges n’était pas seulement un intellectuel, ni seulement un artiste : il était un passeur de mémoire, un homme qui a su unir la rigueur scientifique et la ferveur populaire. Son parcours, marqué par l’exil, l’enseignement, la recherche et la scène, raconte à lui seul une partie de l’histoire contemporaine d’Haïti.


Les premières années : un esprit en éveil

Jean Coulanges naît dans une Haïti traversée par des tensions politiques et sociales. Très tôt, il s’intéresse aux pratiques populaires, aux chants et aux traditions qui rythment la vie des communautés. Mais son engagement ne se limite pas à l’observation : dans les années 1960, il participe aux mouvements anti-duvaliéristes, refusant la dictature et ses dérives autoritaires. Cet engagement lui vaut l’exil en 1969, lorsqu’il quitte Haïti pour le Canada.  

Cet exil, loin d’être une rupture, devient une étape fondatrice. À Montréal, il poursuit ses études en anthropologie et commence à enseigner. Pendant près de dix ans, il se forge une solide réputation académique, tout en gardant un lien viscéral avec son pays natal. L’exil nourrit sa réflexion : comment préserver une culture menacée par la répression et l’uniformisation ? Comment faire entendre la voix des traditions populaires dans un monde globalisé ?


L’anthropologue des traditions populaires

De retour en Haïti, Coulanges s’impose comme professeur associé à l’Université d’État d’Haïti (UEH). Ses recherches portent sur les pratiques culturelles populaires : le rara, les chants rituels, les musiques de rue, les expressions collectives qui font vibrer la mémoire haïtienne.  

Pour lui, l’anthropologie n’était pas une discipline distante, mais une science vivante. Il refusait de séparer la recherche du vécu, l’analyse de l’expérience. Ses enquêtes de terrain étaient autant des immersions que des études, et il considérait les communautés comme des partenaires, non comme des objets d’étude.  

Ses travaux ont contribué à la préservation du patrimoine immatériel haïtien, à un moment où la mondialisation menaçait d’effacer les spécificités locales. En étudiant le rara, il montrait que cette musique n’était pas seulement festive, mais qu’elle portait une mémoire historique, une résistance culturelle, une identité collective.


L’homme de l’UNESCO

Son expertise le conduit à occuper des fonctions importantes : il devient Secrétaire permanent de la Commission Nationale Haïtienne de Coopération avec l’UNESCO. Dans ce rôle, il défend la culture haïtienne sur la scène internationale, plaidant pour la reconnaissance et la protection des traditions populaires.  

À travers l’UNESCO, Coulanges a renforcé les liens entre Haïti et le monde, rappelant que la culture n’est pas un luxe mais une nécessité, un socle pour l’éducation et le développement. Son action a permis de donner une visibilité internationale aux pratiques haïtiennes, souvent marginalisées ou méconnues.


Le chanteur : la voix de la mémoire

Mais Jean Coulanges n’était pas seulement un chercheur. Il était aussi un chanteur, un artiste qui portait sur scène les traditions qu’il étudiait. Ses concerts étaient des prolongements de ses recherches, des moments où la science se faisait art, où l’analyse devenait émotion.  

Sa voix, grave et habitée, interprétait les chants populaires haïtiens avec respect et ferveur. Il ne cherchait pas à les moderniser ou à les transformer, mais à les transmettre tels qu’ils étaient, comme des fragments de mémoire vivante. Pour lui, chanter était une manière de sauvegarder la culture, de la rendre audible au-delà des frontières.  

Cette double posture – chercheur et chanteur – faisait de lui une figure unique. Peu d’intellectuels osent monter sur scène, et peu d’artistes revendiquent une démarche scientifique. Coulanges réunissait les deux, incarnant une Haïti savante et populaire, rigoureuse et festive.


L’exil et le retour : une trajectoire marquée par l’histoire

L’exil canadien puis le retour en Haïti illustrent la trajectoire d’un homme profondément lié à son pays. Loin de l’avoir coupé de ses racines, l’exil lui a donné une perspective nouvelle. Il a compris que la culture haïtienne devait être défendue non seulement à l’intérieur du pays, mais aussi à l’extérieur, face aux menaces de l’oubli et de l’uniformisation.  

Son retour en Haïti fut un acte de fidélité. Fidélité à sa terre, à ses traditions, à ses étudiants. Il aurait pu rester au Canada, poursuivre une carrière académique confortable. Mais il choisit de revenir, de s’engager, de transmettre. Ce choix témoigne de son attachement à Haïti, malgré les difficultés politiques et sociales.


Héritage et reconnaissance

La mort de Jean Coulanges a suscité une profonde émotion en Haïti et dans la diaspora. Les hommages se sont multipliés, saluant un intellectuel engagé, un artiste habité, un passeur de mémoire. L’UNESCO a rappelé son rôle essentiel dans la défense de la culture haïtienne. Ses collègues universitaires ont souligné la rigueur de ses recherches et la générosité de son enseignement. Ses proches ont évoqué un homme passionné, exigeant, mais profondément humain.  

Son héritage est double : scientifique et artistique. Il laisse des travaux qui continueront d’inspirer les chercheurs, et des enregistrements qui feront vibrer les amateurs de musique. Mais surtout, il laisse une méthode : ne jamais séparer la science de la vie, ni l’art de la mémoire.


Encadré chronologique : les grandes étapes de la vie de Jean Coulanges 

- Années 1960 : Engagement dans les mouvements anti-duvaliéristes.  

- 1969 : Exil au Canada, poursuite des études en anthropologie.  

- 1970-1980 : Enseignement au Canada, premières recherches sur les traditions haïtiennes.  

- Retour en Haïti : Professeur associé à l’UEH, travaux sur le rara et les chants populaires.  

- Années 1990-2000 : Secrétaire permanent de la Commission Nationale Haïtienne de Coopération avec l’UNESCO.  

- Carrière artistique : Concerts et enregistrements de chants populaires haïtiens.  

- 5 janvier 2026 : Décès à Port-au-Prince.  

Debout, de la gauche vers la droite: La chanteuse Jocelyne Dorisme, Maestro Amos Coulanges, Andy Limontas II, la chanteuse Kecita Madaleno Clénard ...En visite familiale et amicale chez Jean Coulanges (assis), le 23 juillet 2017, à Thomassin, Haïti


Jean Coulanges était plus qu’un intellectuel, plus qu’un chanteur. Il était un pont entre deux mondes : celui de la science et celui de l’art, celui de la mémoire et celui de la modernité. Sa vie raconte l’histoire d’un homme qui a refusé la dictature, qui a choisi l’exil, qui est revenu par fidélité, et qui a consacré son existence à la sauvegarde de la culture haïtienne.  

Sa voix s’est tue, mais son œuvre continue de résonner. Dans les amphithéâtres, dans les archives, sur les scènes, dans les rues où l’on chante encore le rara, Jean Coulanges demeure présent. Il nous rappelle que la culture est une force, une mémoire, une identité. Et que chanter, étudier, transmettre, c’est résister.  

Nous présentons toutes nos sympathies à sa famille, ses amis, ses fans et spécialement son frère, le Virtuose de la guitare, Professeur Amos Coulanges et sa femme, la chanteuse Kecita Madaleno Clénard...


Que la terre lui soit légère 🙏 



Crédit:  Andy Limontas 

Hommage à Joseph Dieudonné Larose : la voix immortelle du konpa s’est tue

Le vendredi 9 janvier 2026, la communauté haïtienne et la diaspora ont perdu l’une de leurs plus grandes voix : Joseph Dieudonné Larose, chanteur, auteur-compositeur et figure emblématique du konpa. À 80 ans, il s’est éteint à Laval, au Québec, laissant derrière lui un héritage musical qui traverse les générations. Sa disparition marque la fin d’une époque, mais aussi l’occasion de revisiter un parcours exceptionnel, celui d’un artiste qui a su incarner la passion, la mémoire et l’identité haïtienne.


Les circonstances de son décès

Joseph Dieudonné Larose est décédé des suites de complications liées à l’âge, après plusieurs années de santé fragile. Hospitalisé à Laval, il s’est éteint paisiblement, entouré de sa famille et de proches. Sa mort a provoqué une onde de choc dans la diaspora haïtienne du Canada, mais aussi en Haïti, où son nom reste associé à des chansons devenues des classiques.  

Les débuts : Cabaret, terre natale et premiers pas

Né le 5 juin 1945 à Cabaret, Larose grandit dans une Haïti marquée par les bouleversements politiques et sociaux. Très tôt, il se passionne pour la musique. Les rythmes du rara, les chants traditionnels et les premières influences du jazz américain nourrissent son oreille.  

Dans les années 1960, alors que le konpa direct popularisé par Nemours Jean-Baptiste s’impose comme le genre phare, Larose s’initie au chant et à la composition. Sa voix chaude et puissante attire l’attention des musiciens locaux.  


L’ascension : 

Shoogar Combo et DP Express

Au début des années 1970, Larose rejoint Shoogar Combo, un groupe qui contribue à moderniser le konpa. Sa présence scénique et son timbre unique lui permettent de se démarquer. Rapidement, il est recruté par DP Express, l’un des groupes les plus influents de l’époque.  

Avec DP Express, Larose participe à des tournées nationales et internationales. Il découvre la diaspora haïtienne aux États-Unis et au Canada, où le konpa devient un lien identitaire fort pour les communautés expatriées.  


L’âge d’or : Missile 727

La carrière de Larose prend une dimension historique avec Missile 727, groupe mythique des années 1980. C’est avec cette formation qu’il enregistre certaines de ses chansons les plus célèbres. Le nom du groupe, inspiré de l’aviation, symbolise la vitesse et la modernité : une métaphore parfaite pour un konpa qui s’exporte et se transforme.  

Larose devient alors une figure incontournable. Ses performances scéniques, sa capacité à émouvoir et à faire danser, son charisme naturel en font une véritable star.  


Les chansons emblématiques

Parmi ses compositions, plusieurs titres restent gravés dans la mémoire collective :  

- Accident : une chanson poignante qui raconte la fragilité de la vie et la douleur de la perte.  

- Mandela : hommage au leader sud-africain, symbole de liberté et de résistance.  

- Jolie Minou : morceau plus léger, célébrant l’amour et la beauté féminine, devenu un classique des soirées dansantes.  


Un artiste engagé

Larose n’était pas seulement un chanteur. Ses textes portaient souvent des messages sociaux et politiques. Dans une Haïti marquée par les dictatures et les crises, il utilisait la musique comme un espace de liberté. Ses chansons étaient des chroniques de la vie quotidienne, des cris de révolte, mais aussi des hymnes à l’espoir.  

La diaspora et Laval, seconde patrie

Installé au Québec dans les années 1990, Larose devient une figure centrale de la diaspora haïtienne. À Laval, il continue de chanter, d’animer des soirées et de participer à des festivals. Pour beaucoup d’Haïtiens expatriés, il incarne la mémoire vivante du pays.  

Son rôle dépasse la musique : il devient un repère culturel, un lien entre les générations. Les jeunes découvrent à travers lui l’histoire du konpa, tandis que les anciens retrouvent les émotions de leur jeunesse.  


Une carrière de plus de cinq décennies

Avec plus de 50 ans de carrière, Larose a traversé les époques. Il a connu les mutations du konpa, l’arrivée du zouk, l’influence du reggae et du hip-hop. Mais il est resté fidèle à son style, tout en s’adaptant aux nouvelles tendances.  

Son endurance artistique témoigne de sa passion et de sa discipline. Même dans les dernières années, malgré la fatigue et la maladie, il continuait à chanter, convaincu que la musique était sa raison d’être.  


Héritage et influence

L’héritage de Larose est immense :  

- Musical : ses chansons sont reprises par de jeunes artistes, remixées, adaptées.  

- Culturel : il a contribué à populariser le konpa à l’international.  

- Humain : il a inspiré des générations par sa persévérance et son engagement.  

- Familial : père de 27 enfants et grand-père de 16 petits-enfants, il laisse derrière lui une descendance nombreuse qui perpétue son nom").  

Pour conclure ce papier-hommage consacré à l’icône, retenons qu’il s’agit d’une voix qui ne s’éteindra jamais.  

Joseph Dieudonné Larose n’était pas seulement un chanteur : il était un passeur de mémoire, un gardien de l’identité haïtienne, un artiste universel. Sa voix s’est tue, mais ses chansons continueront de résonner.  

Son parcours, de Cabaret à Laval, raconte l’histoire d’un homme qui a su transformer sa passion en héritage. À travers lui, le konpa a gagné ses lettres de noblesse. 




Crédit: Andy Limontas

vendredi 9 janvier 2026

Musique/Décès: Le chanteur haïtien Dieudonné Larose s’est éteint à l'âge de 80 ans et 7 mois

Le chanteur haïtien Dieudonné Larose est décédé ce vendredi 9 janvier 2026.

 L’information a été confirmée par James Pierre. Avec sa disparition, le monde culturel haïtien perd l’une de ses figures les plus marquantes, un artiste dont la voix et l’œuvre ont traversé les époques et les frontières.

Né le 5 juin 1945, Dieudonné Larose avait célébré ses 80 ans en


2025. Cette année-là, Montréal lui avait rendu un hommage public, le 6 juin, en présence de nombreux artistes, proches et admirateurs. Quelques mois plus tard, en août 2025, il participait encore à un grand rassemblement communautaire dans la métropole canadienne. Ces apparitions récentes témoignaient de son attachement profond à la diaspora haïtienne et de la reconnaissance dont il bénéficiait bien au-delà du territoire national.

Dieudonné Larose se présentait souvent comme un fils du Nord. Ses racines s’étendaient également à Jacmel, à l’Artibonite et à Limbé. Cette pluralité géographique a largement façonné son identité artistique, nourrissant une sensibilité musicale riche et ouverte, à l’image de la diversité culturelle haïtienne.

Sur le plan artistique, Dieudonné Larose a su créer un univers singulier en mêlant le konpa, des ballades d’inspiration espagnole et des rythmes afro-caribéens. Ses chansons, souvent empreintes d’émotion, abordaient des thèmes sociaux, humains et parfois intimes. Cette capacité à parler à la fois au cœur et à la conscience a permis à son œuvre de marquer plusieurs générations et de s’inscrire durablement dans le patrimoine musical haïtien.

Au-delà de la scène, l’artiste se définissait avant tout comme un homme de famille. Lors de plusieurs interviews, il déclarait être père de 25 enfants et grand-père de 16 petits-enfants. Cette dimension personnelle reflétait l’ampleur de sa vie, sa générosité et l’héritage humain qu’il laisse derrière lui.



Géopolitique: Venezuela et Haïti - chaos orchestré

 

Du contrôle des ressources à la désarticulation des États récalcitrants, l’histoire des Amériques est traversée par une constante. L’ingérence y apparaît comme un mode de gestion impériale. Le Venezuela et Haïti en constituent aujourd’hui les expressions les plus brutales. La doctrine Monroe, proclamée en 1823 afin de contenir les ambitions coloniales européennes, posait initialement un cadre présenté comme défensif, visant à protéger les jeunes États indépendants d’Amérique latine. Toutefois, cette doctrine fut rapidement réinterprétée et servit de socle idéologique à une conception hégémonique des États-Unis. Au fil du temps, les décisions de Washington s’inscrivent dans une continuité de longue durée, où la protection des intérêts stratégiques prime systématiquement sur le respect de la souveraineté nationale.

Pendant que s’impose un silence international sélectif face aux crimes de masse perpétrés par les forces armées israéliennes en Palestine, révélateur d’un ordre moral mondial profondément hiérarchisé. Les États-Unis ont une nouvelle fois déplacé le foyer de l’indignation médiatique et diplomatique. Aux premières heures du samedi 3 janvier, une opération menée par des forces armées spéciales, agissant sous la figure désormais banalisée du « gendarme du monde », a plongé le Venezuela dans une rupture politique majeure par l’enlèvement du président Nicolás Maduro et de son épouse. Loin d’être isolé, cet acte s’inscrit dans une stratégie classique, combinant action coercitive directe, désorganisation institutionnelle et construction discursive de l’illégitimité. Le recyclage immédiat des accusations de narcotrafic, de menace régionale et d’autoritarisme illustre le paradigme de l’État-voyou, catégorie politique produite par le centre hégémonique afin de justifier, a posteriori, l’exceptionnalité de la violence exercée.

Cette séquence vénézuélienne révèle avec clarté que la capture d’un chef d’État n’est que l’aboutissement d’un long processus de disqualification politique, médiatique et morale, destiné à rendre l’intervention non seulement acceptable, mais nécessaire. Elle s’inscrit aussi dans une tradition stratégique déjà à l’œuvre lors de l’invasion du Panama en 1989, officiellement justifiée par la lutte contre le narcotrafic et la protection des ressortissants américains, mais visant en réalité à neutraliser un dirigeant devenu encombrant et à renforcer le contrôle des États-Unis sur une zone stratégique.

L’incident fabriqué du golfe du Tonkin au Vietnam, la destruction de la Libye en 2011, le coup d’État au Guatemala en 1954 et l’invasion de la Grenade en 1983 obéissent à une même logique. De manière encore plus emblématique, la guerre d’Irak en 2003 fut engagée sur la base de l’accusation fallacieuse de possession d’armes de destruction massive, reprise par Colin Powell devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, puis invalidée par les enquêtes du Senate Intelligence Committee. Celles-ci ont démontré que l’administration américaine avait exagéré, voire manipulé, les renseignements afin de légitimer une guerre motivée par le contrôle du pétrole et le remodelage géopolitique du Moyen-Orient.


- Maduro et le chavisme

L’accession de Nicolás Maduro au pouvoir en 2013, à l’issue d’une élection organisée après la mort de Hugo Chávez, représentait la continuité du projet chaviste, conçu comme une alternative politique au néolibéralisme dominant en Amérique latine. Fondé sur le socialisme bolivarien, ce projet visait la redistribution de la rente pétrolière, le renforcement de l’État social et l’affirmation d’une souveraineté nationale en rupture avec l’hégémonie impériale américaine. Cette victoire fut immédiatement contestée par une opposition nationale et internationale largement soutenue et instrumentalisée par Washington. La conflictualité politique se radicalisa alors, chaque succès institutionnel du pouvoir étant dénoncé comme une dérive autoritaire. Dans le même temps, toute contestation interne fut amplifiée afin de justifier un durcissement continu des pressions extérieures.

Face à cet isolement, Maduro a consolidé des alliances stratégiques avec Cuba, la Russie, la Chine, l’Iran et la Turquie, qui lui assurent une protection diplomatique, un soutien économique et un appui militaire. Plusieurs gouvernements latino-américains, l’Union européenne et les États-Unis ne se contentent pas de contester le pouvoir en place : ils imposent des sanctions, des restrictions financières et soutiennent des manœuvres destinées à affaiblir et à discréditer le régime vénézuélien. En parallèle, les alliés de Caracas insistent sur le respect formel de la Constitution et dénoncent avec vigueur l’ingérence impériale. Ils mettent en lumière le contraste entre un interventionnisme guidé par des intérêts stratégiques et le droit souverain d’un État à défendre son autonomie politique et économique.

La confrontation entre alliances internationales et pressions extérieures, structurée par la volonté de maintenir des rapports néocoloniaux, redéfinit la place du Venezuela sur la scène mondiale. Le pays incarne ainsi le dilemme de toutes les nations qui osent résister, défendre leur souveraineté nationale, affirmer des projets socialistes à vocation anti-néolibérale et tenir tête aux pressions et ingérences impérialistes. La politique américaine contemporaine à l’égard du Venezuela ne peut être comprise qu’à la lumière de ce cadre historique et structurel.


- Ressources naturelles et Petrocaribe

Selon l’U.S. Energy Information Administration (EIA), le Venezuela détient environ 303 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole, principalement concentrées dans la ceinture de l’Orénoque, ce qui en fait le pays disposant des plus importantes réserves d’hydrocarbures au monde (EIA, 2023). Cette richesse aurait pu être transformée en levier d’autonomie politique, de solidarité régionale et de coopération Sud-Sud. Elle est toutefois devenue un prétexte permanent aux sanctions, aux pressions diplomatiques et aux interventions étrangères.

Le Venezuela représente depuis longtemps un bastion stratégique que Washington cherche à soumettre à son influence. Sous Hugo Chávez, puis sous Nicolás Maduro, l’État bolivarien a détourné la rente pétrolière des circuits néolibéraux pour soutenir les peuples des Caraïbes et d’Amérique latine, notamment à travers Petrocaribe, lancé en 2005 et offrant du pétrole à des conditions de paiement préférentielles. Ce refus de se plier à l’ordre économique mondial a immédiatement provoqué l’hostilité des puissances capitalistes, qui n’ont cessé de tenter de neutraliser l’État vénézuélien par sanctions, pressions diplomatiques et campagnes de déstabilisation médiatique.

Cette richesse pétrolière, conjuguée à la volonté de Caracas de l’utiliser comme levier d’autonomie régionale, a ouvert la voie à des mécanismes concrets de coopération Sud-Sud. À travers Petrocaribe, les États bénéficiaires pouvaient acquérir du pétrole vénézuélien et réinvestir les dividendes réalisés dans des programmes sociaux, des infrastructures ou des services publics. Haïti, membre du mécanisme depuis 2006, fut l’un des principaux partenaires, recevant des milliers de barils de pétrole. Petrocaribe ne se limitait donc pas à une simple aide énergétique, mais constituait une véritable stratégie de pétrodiplomatie solidaire, visant à créer un contrepoids au modèle capitaliste néolibéral et à promouvoir une coopération périphérique autonome, en rupture avec les diktats du FMI et de la Banque mondiale.

L’initiative s’est toutefois heurtée à de graves difficultés, sous l’effet combiné de la chute de la production pétrolière vénézuélienne et du durcissement des sanctions économiques américaines. En Haïti, les élites au pouvoir ont exploité cette conjoncture pour détourner une part substantielle des fonds issus du programme. Les audits de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA), déposés au Sénat haïtien les 31 janvier et 31 mai 2019, ainsi que le 17 août 2020, ont révélé la gestion frauduleuse de centaines de millions de dollars. Cette malversation a fait du mécanisme de solidarité régionale un symbole éclatant de corruption systémique.

La diffusion de ces informations a enflammé l’opinion publique et donné naissance au mouvement des PetroChallengers porté par la jeunesse, exigeant vérité, responsabilité et justice. Ainsi, Petrocaribe illustre à la fois le potentiel d’une coopération anti-impérialiste et les limites que lui imposent la domination capitaliste globale ainsi que la captation des ressources par les élites locales. Là où les peuples tentent de s’autodéterminer, les intérêts étatiques et économiques dominants interviennent pour briser toute autonomie. Cette logique implacable montre que la liberté des nations reste subordonnée aux impératifs du pouvoir et du profit.


- Hégémonie et chaos

Chaque crise régionale, chaque conflit interne sert de prétexte pour imposer une ingérence ou une intervention directe, toujours sous le masque de la défense des valeurs démocratiques. Penser que l’action américaine au Venezuela procède d’un réel souci démocratique relève moins d’une erreur d’analyse que d’une adhésion au discours hégémonique dominant. Du Venezuela à Haïti, la même mécanique se répète : criminalisation des dirigeants, délégitimation des États et asphyxie méthodique des sociétés, conduites vers un chaos prolongé. L’objectif est d’empêcher l’exercice d’une autonomie réelle, en livrant l’État au contrôle d’élites locales et de forces armées informelles.

La realpolitik américaine s’y exprime dans sa forme la plus crue, fidèlement résumée par l’adage cynique selon lequel « l’Amérique n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts ». Au Venezuela, ces intérêts se cristallisent autour du contrôle des ressources énergétiques stratégiques. L’enjeu dépasse donc largement le sort d’un gouvernement ou d’un régime. Il s’agit de contenir l’influence croissante de puissances concurrentes comme la Russie et la Chine, tout en adressant un message dissuasif aux peuples qui oseraient emprunter des voies de développement autonomes ou clairement anti-néolibérales.

Ainsi, là où la souveraineté persiste, l’instabilité est fabriquée ; lorsque le chaos s’installe, la domination se normalise. C’est dans cette logique impériale, à la fois rationnelle et profondément destructrice, qu’il convient de lire l’intervention américaine. Elle apparaît comme l’expression d’une stratégie cohérente de maintien de l’hégémonie globale, fondée sur la désorganisation systématique des États récalcitrants et la neutralisation de toute alternative souveraine. Venezuela aujourd’hui, Haïti hier et encore demain ailleurs, l’Empire ne pacifie pas, il fracture, puis gouverne sur les ruines.


- Venezuela à Haïti, la gestion néocoloniale de l’instabilité

La trajectoire contemporaine d’Haïti ne saurait être lue comme une simple succession de crises internes ou d’échecs endogènes. Elle est indissociable de la capacité récurrente des masses populaires à se soulever, à contester l’ordre établi et, par moments, à tenter de s’articuler avec certaines fractions des classes moyennes autour d’un projet de refondation sociale et politique. Ces dynamiques, bien que systématiquement fragmentées et étouffées, portent une même constante historique. Elles expriment la volonté de rompre avec un ordre de dépendance et de domination imposé à l’État haïtien depuis l’après-Dessalines et Christophe.

À l’instar du Venezuela, chaque tentative d’autonomisation politique en Haïti déclenche une réaction externe quasi mécanique, qui ne cherche jamais à soutenir un processus démocratique endogène, mais à neutraliser sa charge subversive. L’instabilité est produite, entretenue et administrée comme un instrument de contrôle néocolonial. Quand les peuples tentent d’exercer leur souveraineté, le chaos est méthodiquement installé, ouvrant la voie à la mise sous tutelle politique et à la captation des ressources. De Caracas à Port-au-Prince, la même logique impériale gouverne par la fragmentation, la peur et la dépossession, rendant toute alternative souveraine durablement impossible.

La réponse américaine, relayée par son ambassade et la « communauté internationale », soutient directement des élites locales rétrogrades chargées d’imposer des gouvernements impopulaires, subalternes aux intérêts étrangers. Ils encouragent la prolifération des gangs-milices, véritables instruments de régulation violente de l’espace social. La gangstérisation devient un mode de gouvernance par le chaos, et enferme le pays dans une dépendance structurelle. L’urgence humanitaire se substitue au débat politique et la souveraineté nationale est ajournée au nom de la sécurité, de la stabilité ou de la lutte contre le crime. L’effondrement est administré, plutôt que résolu, faisant de Haïti un terrain d’expérimentation permanent de la gestion néocoloniale.

L’expérience haïtienne révèle la cohérence implacable de la stratégie hégémonique américaine dans la région. Toute tentative de redéfinition autonome du projet national y est traitée comme une menace à écraser. Là où Caracas est étranglé par des sanctions économiques massives et encerclé diplomatiquement, Haïti est maintenu dans une désarticulation permanente, empêché de mener le moindre affrontement politique souverain. Dans les deux cas, il s’agit de préserver un ordre régional construit sur la dépendance, la fragmentation et la soumission totale des peuples, où toute autonomie est punie et toute résistance criminalisée.


- Dignité et résistance

Le drame vénézuélien dépasse largement ses frontières et son gouvernement. Il constitue un avertissement adressé à toutes les expériences socialistes et progressistes du continent, de Cuba au Nicaragua, de la Bolivie au Honduras, du Venezuela lui-même à tous ceux qui osent revendiquer une souveraineté réelle. La dignité constitue ici l’enjeu central et irréductible du conflit. Elle ne se réduit ni à un slogan moral ni à une posture symbolique, mais renvoie à la capacité d’un peuple à décider pour lui-même, à maîtriser ses ressources, à définir ses priorités et à refuser l’humiliation. Défendre la souveraineté du Venezuela, comme celle d’Haïti et de tous les peuples dominés, revient à affirmer que la dignité collective ne se négocie pas et ne se délègue pas aux puissances tutélaires. Cette exigence de dignité, indocile et insoumise, que l’impérialisme cherche à briser, porte en elle la possibilité toujours renaissante de résistance, d’autodétermination et d’un avenir libéré de la dépendance.

C’est à partir de cette conscience de dignité et de souveraineté que se dessine la voie de la mobilisation et de l’action collective. Tant que l’impérialisme dictera ses lois, chaque peuple libre restera une cible, et toute souveraineté sera considérée comme une insurrection à punir. Les gouvernements, partis et organisations progressistes, nationalistes, révolutionnaires et marxistes, ainsi que les peuples eux-mêmes, n’ont d’autre choix que de rompre avec l’illusion du dialogue inégal. Il leur revient de reconstruire une intégration régionale et mondiale fondée sur la dignité, l’autodétermination et la justice sociale.

Peuples opprimés du monde, debout ! Unissons-nous pour vaincre le capitalisme et l’impérialisme, et imposer enfin un monde de liberté, de justice et de progrès.


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Bibliographie

1- Editors. (n.d.). Monroe Doctrine – Definition, Purpose & Significance. HISTORY.

2- Powell, C. (2003, February 5). Statement to the United Nations Security Council. United Nations.

3- U.S. Department of Defense. (1989). Operation Just Cause: Report to Congress. Washington, DC: U.S. Department of Defense.

4- U.S. Senate Select Committee on Intelligence. (2004). Report on the U.S. Intelligence Community’s Prewar Intelligence Assessments on Iraq. Washington, DC: U.S. Government Printing Office.

 

Grand Pré, Quartier Morin, 4 janvier 2026 ​


Crédit: Hugue CÉLESTIN ​


Membre de : - Federasyon Mouvman Demokratik Katye Moren (FEMODEK)

                    - Efò ak Solidarite pou Konstriksyon Altènativ Nasyonal Popilè (ESKANP)

jeudi 8 janvier 2026

La vastitude d'une erreur.

LA VASTITUDE D'UNE ERREUR 

J'ai écrit en maintes fois que tout ce que dit et fait un Président engage toute une nation. Les propos d'un "Président" sont considérés comme sacrés  et reflètent la valeur du pays qui lui a fait honneur de lui donner droit de le gouverner, d'administrer ses affaires. Très grande responsabilité en vérité... Charge qui réclame lucidité, pondération, sacrifices, vision, réserve, abnégation, maîtrise de soi et le don de pouvoir garder le silence dans certaines circonstances. Parler seulement quand il le faut et savoir se taire quand le silence se signale. Pouvoir être maître de ce qu'on ne dit pas et savoir qu'on est esclave de ce qu'on dit. 

À ce compte, confier le pouvoir à n'importe qui est un risque d'une infinie étendue. Feu Président Général Charles de Gaulle avait bien compris que la fonction de Chef d'Etat impose des règles inviolables. Éviter les faux pas est d'une obligation absolue. Aussi,prenait-il toutes les précautions afin que chaque mot qu'il prononçait devrait être d'une exactitude impossible à contredire? Dans un texte publié, cela fait déjà des années, j'avais rapporté le comportement digne d'imitation du Général Président de Gaulle face aux journalistes qui l'abordaient en fin de sommets internationaux. Contrairement aux autres Chefs d'État qui accordaient des interviews aux reporters photographes, cherchant, en général, à faire trébucher leurs interlocuteurs, de Gaulle, lui, en homme madré et expérimenté, se contentait toujours de dire que " la France avisera". Il savait et se le tenait pour dit que les déclarations d'un chef d'État ne doivent pas être prises à défaut. Beaucoup de politiciens, malheureusement, l'oublient ou l'ignorent même. 

Ils ne retiennent pas que plus un pays est puissant, plus l'erreur commise par son représentant est énorme, monumentale, souvent irréparable. La vastitude des conséquences est inestimable. Les torts sont souvent Irrémédiables. Un simple mot peut tout gâcher. Par exemple le principal chef d'accusation  retenu contre MADURO était, nous disons,était, que le Président-prisonnier ne devrait pas être considéré comme un vrai PRÉSIDENT du fait qu'il occupait la fonction en imposteur. Il est un assauteur de pouvoir, un dirigeant inconstitutionnel, un de facto qui malmène son peuple et qui mérite la prison. Mais ne voilà-t-il pas que le Président Donald TRUMP,  lui-même, son  accusateur et auteur de son arrestation, dans une note publiée sur l'Internet, laquelle note devenue virale sur les réseaux sociaux, a parlé de lui en tant que "PRÉSIDENT MADURO". En l'écrivant, il a tacitement, ouvertement reconnu que monsieur MADURO est bel et bien Président et Chef d'État du Venezuela. Implicitement, il admet que monsieur et madame MADURO ont été indûment arrêtés et par conséquent bons à être renvoyés des liens de la détention. Ainsi, la donne a pris une nouvelle direction qui exige un nouveau traitement dû au Président MADURO reconnu comme tel par son accusateur Donald TRUMP.

Ce simple mot "PRÉSIDENT" écrit, peut-être, en toute innocence, disons un lapsus, est venu modifier, est venu compliquer la situation pour les États-Unis tout comme il est de nature à exiger, illico, la libération du prévenu MADURO ainsi que sa femme. Une situation réellement atypique, embarrassante qui invite à la "mode OBSERVATION"afin de savoir si c'est le mot de la justice ou celui de l'arbitraire qui triomphera.


Il n'est que d'attendre.




Crédit : Me Maurice CELESTIN-NOEL LECHAPEAUTEUR 

rmaurice.celestin@gmail.com

8 Janvier 2026

Ils nous ont quittés en 2025 : dix figures de la société, de l’enseignement et des arts

De g. à dr. et de haut en bas: Frankétienne, Michel-Philippe Lerebours, Didier Dominique, Anthony Phelps, Mgr Willy Romélus et Jean Salomon Horace
 

  L’année 2025 a été marquée par la disparition de plusieurs personnalités qui ont profondément influencé les domaines de la littérature, de l’enseignement supérieur, des arts et de la religion.

Depuis les années 1960, ces hommes et ces femmes ont contribué à structurer le paysage intellectuel, artistique et éducatif national par leurs œuvres, leur engagement pédagogique et leur présence active dans la transmission du savoir. Parmi eux figurent notamment le poète Anthony Phelps, l’écrivain, dramaturge et peintre Frankétienne, l’historien de l’art Michel-Philippe Lerebours, le linguiste Lyonel Sanon, ainsi que le sociologue et militant Didier Dominique. À cette liste s’ajoutent le diseur Pierre J. Brisson, l’illustrateur Chris Marvens, le sculpteur Jean Salomon Horace (Ti Pèlen), l’éducateur Serge Larose et l’évêque émérite Willy Romélus.

Pierre J. Brisson (1947-2025)

Né le 3 janvier 1947, Pierre J. Brisson s’est imposé comme une figure emblématique de la poésie sonore en Haïti. Sa voix, profondément timbrée, transformait les mots en émotions sensibles et durables. Grâce à ses albums « À Voix Basse 1 » et « À Voix Basse 2 », publiés respectivement en 2004 et 2006, il a popularisé de nombreux poèmes haïtiens, insufflant une présence vivante aux textes d’auteurs issus de différentes époques. Comédien, il a collaboré avec Syto Cavé lors de plusieurs représentations théâtrales. Au-delà de ses deux disques, il a prêté sa voix à plusieurs films documentaires haïtiens, consolidant ainsi son rôle de passeur entre l’écrit et l’interprétation sonore. Ces dernières années, affaibli par la maladie, il s’est progressivement éloigné de la scène culturelle et s’est retiré de toute activité liée à l’art oratoire. Pierre J. Brisson est décédé le 6 janvier 2025, quelques jours seulement après avoir célébré son 78e anniversaire.

Frankétienne (1936-2025)

Né le 12 avril 1936 à Ravine-Sèche, dans l’Artibonite, d’un viol commis sur une paysanne haïtienne de 13 ans par un riche industriel américain, Jean-Pierre Basilic Dantor Franck Étienne d’Argent, dit Frankétienne, fut un enseignant et artiste multiforme — écrivain, poète, dramaturge, peintre, musicien et chanteur. Il a grandi à Bel-Air, à Port-au-Prince, en tant que fils aîné d’une fratrie de huit enfants, élevé par sa mère, marchande ambulante, qui a assumé seule la subsistance du foyer.

Diplômé de l’Institut des hautes études internationales, il a embrassé une carrière d’enseignant et fondé, dans les années 1960, le Collège Franck Étienne, où il a enseigné pratiquement toutes les disciplines. Aux débuts de l’ère duvaliériste, il a fréquenté le groupe Haïti Littéraire, fondé par René Philoctète, Anthony Phelps et leurs compagnons. Contrairement à nombre de ses pairs, il a refusé l’exil, choisissant de rester en Haïti et d’opposer à la dictature une résistance par l’écriture.

À la fin des années 1960, il a cofondé avec Jean-Claude Fignolé et René Philoctète le mouvement spiraliste, dont il est resté le dernier survivant. En 1968, il a délaissé la poésie pour publier son premier roman, « Mûr à crever ». En 1972, son œuvre majeure « Ultravocal » a introduit la spirale comme modèle d’expression littéraire, révolutionnant ainsi l’écriture haïtienne. En 1975, il a publié « Dézafi », premier roman en créole haïtien, acte de résistance majeur sous la dictature, dont l’adaptation française « Les Affres d’un défi » est parue en 1979.

Conscient des limites de l’écrit pour atteindre un large public, il s’est tourné vers le théâtre, écrivant près d’une dizaine de pièces en créole, dont « Troufoban » (1977), « Pèlin-Tèt » (1978), « Bobomasouri » (1984), « Kasélézo » (1985), « Totolomannwèl » (1986), « Kalibofobo » (1989) et « Foukifoura » (2000). « Pèlin-Tèt », jouée en pleine dictature, a connu un succès considérable et est devenue la pièce la plus diffusée à la radio. Cette production accessible contrastait avec la cinquantaine d’œuvres qu’il a écrites en français.

En 1993, il a publié « L’Oiseau Schizophone », un monument littéraire de 820 pages. Entre juin 1996 et septembre 1997, il a rédigé fiévreusement les huit tomes des « Métamorphoses de l’oiseau schizophone ». En 1999, son recueil « Rapjazz, Journal d’un Paria » a donné naissance, en 2013, au spectacle « Chaophonies de Port-au-Prince », créé avec le musicien écossais Mark Mulholland.

Créateur nocturne, il a publié plus de quarante ouvrages en français et en créole, traduits en anglais et en espagnol, et a remporté dix-neuf prix littéraires. Il a exposé ses œuvres plastiques dans trente-trois expositions. Lauréat du Prix Carbet de la Caraïbe en 2002 et du Prix Prince Claus en 2006, il a été nommé artiste de l’UNESCO pour la paix en 2010. Il a brièvement occupé le poste de ministre de la Culture en 1988. En 2013, le Musée Frankétienne a été fondé dans sa maison natale à Ravine-Sèche. Il s'est éteint le 20 février 2025 à Delmas, à l’âge de 88 ans.

Jean Salomon Horace (Ti Pèlen) (1959-2025)

Né le 25 août 1959 à Rivière Froide, Jean Salomon Horace, connu sous le nom de Ti Pèlen, s’est affirmé comme un maître sculpteur sur pierre. Issu d’une famille protestante modeste, il a manifesté très tôt un intérêt pour les traditions spirituelles en dehors des croyances familiales.

Dans les années 1970, il a débuté la sculpture aux côtés de Jean Camille Nasson, décédé en 2008. La sculpture sur pierre représentait une pratique culturelle majeure du patrimoine immatériel haïtien, témoignage de l’essor de Rivière Froide entre les années 1950 et 1980, période de prospérité touristique en Haïti.

Inspiré par la nature, les rituels vaudous et le quotidien, Ti Pèlen a créé des œuvres d’une beauté saisissante, aux formes organiques et aux symboles puissants. Ses pièces ont été exposées tant en Haïti qu’à l’étranger. Dans une interview de 2018, il a décrit un processus créatif presque passif, guidé par les rêves, les visions et les éléments naturels : « Parfois, même moi, je ne comprends pas comment je les ai faites. »

Artiste militant, il s’est efforcé de transmettre aux jeunes générations l’esprit de résilience à travers l’art. Déterminé à rester malgré la montée de l’insécurité, il a refusé de quitter sa maison. Il a été retrouvé mort chez lui le 9 mars 2025 à Rivière Froide.

Anthony Phelps (1928-2025)

Né le 25 août 1928 à Port-au-Prince, Anthony Phelps a entamé sa carrière littéraire après des études à l’Institution Saint-Louis-de-Gonzague. Entre 1950 et 1953, il a séjourné aux États-Unis et au Canada, où il s’est initié à la chimie, à la céramique et à la photographie, tout en découvrant l’écriture radiophonique. De retour en Haïti, il s’est impliqué activement dans la vie culturelle.

En 1960, il a fondé le groupe Haïti Littéraire avec Villard Denis (Davertige), Serge Legagneur, Roland Morisseau, René Philoctète et Auguste Thénor, lançant la revue « Semences » et la troupe de comédiens « Prisme ». En 1961, il a cofondé Radio Cacique avec Jean Claude Carrié et Roger San Millan, animant une émission hebdomadaire de poésie et de théâtre. Victime de la répression duvaliériste, il a été emprisonné avant de s’exiler à Montréal en 1964.

Il a intégré Radio-Canada en 1966 et y a travaillé vingt ans, avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Son long poème « Mon pays que voici », rédigé en 1963 et publié en France en 1968, est devenu un texte emblématique de la littérature caribéenne. Ses romans incluent « Moins l’infini » (1973), « La bélière caraïbe » (1980, Prix Casa de las Américas) et « Orchidée nègre » (1987, Prix Casa de las Américas). Lauréat du Grand Prix de Poésie de l’Académie française en 2017 et du Prix Carbet en 2016, il a également été fait Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2014. Anthony Phelps est décédé paisiblement dans la nuit du 10 au 11 mars 2025 à Montréal, à l’âge de 96 ans.

Frère Serge Larose (1942-2025)

Né le 5 décembre 1942 à Saint-Marc, Serge Larose est entré au noviciat des Frères de l’Instruction Chrétienne (FIC) le 1er août 1962 et a prononcé sa profession perpétuelle le 18 juillet 1968. Dès 1964, il a enseigné à l’Institution Saint-Louis-de-Gonzague à Port-au-Prince. De 1970 à 1973, il a poursuivi ses études en France à Saint-Pierre-Quilbignon et Nantes, avant un second noviciat à Rome.

De retour en Haïti en 1974, il a occupé plusieurs postes de responsabilité : directeur du Juvénat FIC à Pétion-Ville en 1976, directeur-adjoint à Port-au-Prince en 1980, directeur en 1983, puis supérieur directeur en 1986. De 1992 à 1998, il a assumé la fonction de Provincial des FIC, et de 1998 à 2004, il a dirigé le Centre Mennaisien. De 2009 à 2010, il a été à la tête de l’École Saint-Joseph au Cap-Haïtien, puis économe et directeur de la Bibliothèque Haïtienne des Frères de l’Instruction Chrétienne à Saint-Louis, entre 2012 et 2015. Il a pris sa retraite en 2015. Frère Serge Larose nous a quittés le 17 mars 2025 à Pétion-Ville, après 62 années de vie religieuse.

Chris Marvens (1995-2025)

Né le 25 mars 1995, Chris Marvens s’est consacré au dessin dès l’âge de 14 ans. En 2013, il a fait ses débuts à Ticket Magazine avec le jeu des six erreurs. L’année suivante, il a remporté la catégorie illustration du concours « Développement durable et intégration des personnes handicapées ».

En 2016, il a participé à la convention annuelle de la Société internationale des artistes caricaturistes, devenant le premier dessinateur haïtien à y prendre part. Il a collaboré avec plusieurs médias haïtiens, dont Le NouvellisteHaïti ObservateurChallenge Magazine et les éditions Henri Deschamps, et s’est fait connaître pour ses caricatures live lors d’événements tels que Livres en Folie et Artisanat en fête.

À 14 ans, il a créé son personnage emblématique, Matthieu, qu’il a développé plus tard dans son magazine « Matthieu Mag » (2022), un projet éducatif et récréatif visant à promouvoir la bande dessinée en Haïti. Chris Marvens est décédé le 21 mars 2025 en République dominicaine, des suites de complications pulmonaires, à l’âge de 29 ans.

Didier Dominique (1952-2025)

Né le 26 janvier 1952 à Port-au-Prince, Didier Dominique a effectué ses études classiques au Petit séminaire Collège Saint Martial avant de partir étudier l’architecture à l’Université de Rio Piedras à Porto Rico. De retour en Haïti, il s’est engagé activement dans le militantisme syndical et la justice sociale.

Dans les années 1970, il a travaillé sous la direction d’Albert Mangonès sur l’Inventaire des monuments et sites touristiques d’Haïti, base de la création de l’ISPAN en 1979. Il a également participé à la restauration de la Citadelle Laferrière entre 1970 et 1990. Professeur de sociologie urbaine à l’UEH, il a lutté pour l’autonomie universitaire après 1986, a été chercheur à l’ISPAN et membre fondateur de l’Organisation des Caraïbes pour les monuments et sites.

Son engagement syndical s’est manifesté par la création de syndicats à l’Électricité d’Haïti et au Ministère des Travaux publics. En 2015, il a initié un mouvement pour que les Haïtiens nés en République dominicaine obtiennent des documents d’identité. Marié à l’anthropologue Rachel Beauvoir, il a coécrit avec elle « Savalou E » (1989), un ouvrage primé explorant le vaudou haïtien. Trois mois après la mort de son épouse en 2018, il est devenu hougan dans leur péristyle de Mariani. Didier Dominique a fait la grande traversée le 18 mai 2025 à Port-au-Prince, des suites d’un cancer du pancréas, à l’âge de 73 ans.

Mgr Willy Romélus (1931-2025)

Né le 17 janvier 1931 à Château, section communale d’Arniquet dans le département du Sud, Joseph Willy Romélus a effectué ses études aux Cayes avant d’être admis au séminaire de Mazenod à Camp-Perrin, puis au Grand séminaire de Port-au-Prince pour ses études théologiques. Ordonné prêtre en 1958 pour le diocèse des Cayes, il a d’abord été vicaire à l’Anse-à-Veau pendant cinq ans (1958-1963), tout en enseignant au Lycée Boisrond Tonnerre, puis en assurant les fonctions de censeur et directeur en 1961. De 1961 à 1962, il a administré la paroisse de l’Anse-à-Veau.

En 1963, il a été nommé vicaire à Dame-Marie, puis transféré à Saint-Louis du Sud (1964-1965). En 1965, il est devenu administrateur de la paroisse de Latibolière dans la Grand’Anse, poste qu’il a occupé durant douze ans. Le 26 avril 1977, il a été nommé évêque titulaire du diocèse de Jérémie, et sa consécration a eu lieu deux mois plus tard en la Cathédrale des Cayes.

Mgr Romélus s’est rapidement affirmé comme bâtisseur, jetant les bases du séminaire Notre-Dame du Perpétuel Secours et invitant plusieurs congrégations religieuses à renforcer l’action sociale du diocèse. Dans les années 1980, il s’est illustré comme défenseur des droits et de la démocratie, devenant la voix des sans-voix face aux régimes militaires et soutenant activement la Mission Alpha, une vaste campagne d’alphabétisation lancée par l’Église. Il a participé au référendum constitutionnel de 1987 et aux mouvements populaires contre le gouvernement militaire avec le célèbre slogan « Rache manyòk bay tè a blanch ».

Après le coup d’État de 1991, il a soutenu la résistance jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel en 1994. Il a poursuivi ses projets de construction, notamment l’église Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, inaugurée en partie mais jamais achevée faute de moyens. Mgr Romélus a démissionné en 2006 à l’âge limite pour exercer comme évêque, après 32 ans à la tête du diocèse. Il est retourné vivre à Arniquet et y est décédé le 12 août 2025, à l’âge de 94 ans.

Lyonel Sanon (1949-2025)

Né le 19 mars 1949 à Port-au-Prince, Lyonel Sanon a effectué ses études primaires à l’École des Frères du Sacré-Cœur (1955-1962) et secondaires au Lycée Anténor Firmin (1962-1969). Il a poursuivi sa formation à l’École Normale Supérieure de l’UEH (1972-1975), se spécialisant en langues modernes. En 1978, il a obtenu une licence ès lettres en espagnol à l’Université Paris-Sorbonne, puis a suivi un cursus en linguistique générale à la Faculté de Linguistique Appliquée en 1982. Récipiendaire d’une bourse Fulbright, il a étudié à l’Université d’Indiana et obtenu en 1987 un master en Linguistique appliquée/TESOL.

De 1984 à 1998, il a travaillé au ministère de l’Éducation comme inspecteur de l’enseignement secondaire, chef des programmes d’animation pédagogique et directeur de l’enseignement secondaire. À la Faculté de Linguistique Appliquée (FLA), il a enseigné l’analyse contrastive anglais-espagnol de 1989 jusqu’à sa disparition. Il a contribué à plusieurs ouvrages pédagogiques majeurs, dont « J’apprends l’espagnol en Haïti » (1982) et « Comunico en español » volumes 1 et 2 (1998). Il a coordonné le conseil de direction de la FLA entre 2010 et 2012, période cruciale de reconstruction post-séisme. Le 14 février 2025, il a été décoré par le Recteur Fritz Deshommes pour son dévouement à l’UEH. Lyonel Sanon est décédé le 24 septembre 2025.

Michel-Philippe Lerebours (1933-2025)

Né à Port-au-Prince le 29 novembre 1933, Michel-Philippe Lerebours a étudié à l’Institution Saint-Louis-de-Gonzague, puis à l’École Normale Supérieure, dont il est sorti diplômé en 1955. Licencié en droit en 1958, il a obtenu une bourse pour la France en 1960 et a intégré l’Institut d’Art et d’Archéologie. Il a décroché une licence ès lettres à l’Université Paris-Sorbonne en 1962, avant de devenir docteur en histoire de l’art et archéologie à l’Université Paris I en 1980.

De 1962 à 1967, il a enseigné à Kinshasa, participant à la réforme des programmes. En 1967, il a été chargé de la participation artistique du Zaïre à l’Exposition Internationale de Montréal. Entre 1967 et 1969, il a enseigné au Canada et aux États-Unis. En 1981, il est retourné définitivement en Haïti, devenant professeur d’histoire de l’art à l’Institut français d’Haïti, puis à l’Université d’État d’Haïti en 1982. De 1983 à 1991, il a dirigé l’École Nationale des Arts. Son ouvrage « Haïti et ses Peintres, de 1804 à 1980 » (1989) demeure une référence en histoire de l’art haïtien. Sa pièce « Le Roi » a remporté le premier prix du concours Théâtre vivant de RFI en 1991. Il a été nommé Chevalier de l’Ordre National de la Culture et des Arts par la France en 1985. Michel-Philippe Lerebours est décédé le 25 octobre 2025 à New York, à l’âge de 91 ans.

 

 

Credit:   Claudel Victor (pajlistwa@gmail.com) 

Joseph Dieudonné Larose: La voix d’or du konpa qui a marqué l’âme haïtienne

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