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| Le PM Fils-Aimé au moment de son départ pour l'Europe, le 6 Mai (Crédit-Photo: Primature HT) |
Haïti : un pays en ruines
Depuis plusieurs années, Haïti est devenu le théâtre d’une crise multidimensionnelle :
- Sécurité : les gangs armés contrôlent plus de 80 % de la capitale, imposant leur loi par la violence. Les enlèvements, les massacres et les viols collectifs sont monnaie courante.
- Politique : l’État est paralysé, les institutions sont fragilisées, et la confiance du peuple envers ses dirigeants est réduite à néant.
- Humanitaire : plus de la moitié de la population dépend de l’aide alimentaire, tandis que des milliers de familles vivent dans des camps de fortune après avoir fui les violences.
- Économie : le chômage et l’inflation galopante plongent les foyers dans une misère insoutenable.
Dans ce contexte, la priorité devrait être de rester sur le terrain, d’affronter la crise et de proposer des solutions concrètes. Or, le Premier ministre choisit de s’envoler vers l’Europe.
Un voyage qui sonne creux
Officiellement, la mission vise à renforcer les relations bilatérales avec l’Italie et le Saint-Siège, autour de thèmes tels que le développement durable, la coopération humanitaire et la paix. Mais pour une population qui vit dans la peur quotidienne, ces discours apparaissent comme des slogans vides.
La réalité est brutale : aucune rencontre diplomatique à Rome ne pourra, à court terme, désarmer les gangs, rouvrir les écoles fermées ou garantir l’accès à l’eau potable. Ce voyage ressemble davantage à une fuite qu’à une solution.
Une diplomatie déconnectée du peuple
La diplomatie est certes nécessaire, mais elle ne peut être crédible si elle ignore les urgences nationales. En quittant Haïti dans un moment aussi critique, le Premier ministre donne l’impression d’abandonner son peuple.
- Symboliquement, ce départ envoie un message désastreux : les dirigeants préfèrent les salons feutrés de Rome aux ruelles ensanglantées de Port-au-Prince.
- Politiquement, il affaiblit encore la légitimité d’un gouvernement déjà contesté.
- Pratiquement, il ne produit aucun résultat immédiat pour les Haïtiens qui attendent des mesures de sécurité et de survie.
Le contraste insupportable
Pendant que la délégation haïtienne participera à des cérémonies de recueillement et à des échanges culturels en Italie, des milliers de familles haïtiennes dormiront à même le sol, sous la menace des balles. Ce contraste illustre l’écart abyssal entre les élites politiques et la population.
Les Haïtiens n’ont pas besoin de symboles ou de discours sur la paix. Ils ont besoin de sécurité, de nourriture, d’écoles ouvertes et d’hôpitaux fonctionnels. Or, rien dans ce voyage ne répond à ces besoins vitaux.
Une diplomatie de façade
Ce déplacement s’inscrit dans une longue tradition de voyages officiels qui produisent peu de résultats concrets. Les promesses de coopération et de solidarité internationale se répètent, mais sur le terrain, la situation ne cesse de se dégrader.
La diplomatie haïtienne semble fonctionner comme une vitrine : montrer que le pays existe encore sur la scène internationale, alors qu’à l’intérieur, l’État est en lambeaux. Cette façade ne trompe plus personne.
Les attentes trahies
La population haïtienne attend des dirigeants qu’ils soient présents, qu’ils affrontent la crise et qu’ils proposent des solutions. Or, ce voyage en Italie trahit ces attentes. Il apparaît comme un geste de prestige, déconnecté des réalités.
Les Haïtiens ne demandent pas des rencontres protocolaires, mais des actions concrètes :
- Une stratégie claire pour reprendre le contrôle des zones occupées par les gangs.
- Des mesures pour relancer l’économie et réduire la misère.
- Une présence constante des dirigeants auprès du peuple.
Un voyage de trop
La mission officielle du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé en Italie illustre le décalage dramatique entre les élites politiques et la population haïtienne. Dans un pays ravagé par la violence et la misère, ce déplacement apparaît comme un voyage de trop, inutile et superflu.
Au lieu de chercher des solutions dans les salons diplomatiques européens, le gouvernement devrait concentrer ses efforts sur le terrain, là où la survie du peuple est en jeu. Car la véritable diplomatie, celle qui compte, commence par répondre aux besoins urgents de sa propre nation...
Crédit : Andy Limontas avec Radio Internationale d'Haïti




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