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samedi 22 août 2026

David Badía à la tête des Grenadiers : un pari stratégique pour l’avenir du football haïtien

 Par Andy Limontas, journaliste animateur pour MOUVMAN SOLIDAYITI et Radio Internationale d’Haïti (RIH) 


Une annonce officielle qui marque un tournant

Le samedi 22 août 2026, la Fédération Haïtienne de Football (FHF) a confirmé la nomination du technicien espagnol David Badía Cequier comme nouveau sélectionneur de l’équipe nationale senior d’Haïti. À 51 ans, ce formateur reconnu et entraîneur expérimenté succède à Sébastien Migné, artisan de la qualification historique des Grenadiers pour la Coupe du Monde 2026. 

Cette décision intervient dans un contexte où le football haïtien cherche à consolider ses acquis, à professionnaliser son encadrement et à bâtir une stratégie durable pour les échéances futures, notamment la Gold Cup, la Ligue des Nations de la CONCACAF, et le cycle menant vers le Mondial 2030. 

 Profil et origines
- Nom complet : David Badía Cequier 
- Âge : 51 ans 
- Lieu de naissance : Gavà, Catalogne (Espagne) 
- Carrière de joueur : Défenseur central en Espagne et en Autriche 

Badía n’est pas un inconnu dans le monde du football. Sa carrière, bien que modeste en tant que joueur, lui a permis de développer une compréhension fine des exigences défensives et tactiques. Mais c’est surtout comme formateur et entraîneur qu’il s’est distingué. 

Un parcours riche et international

Formation au FC Barcelone
Entre 2012 et 2016, Badía a travaillé au sein de l’académie du FC Barcelone, l’une des plus prestigieuses au monde. Cette expérience lui a permis de côtoyer les méthodes de formation les plus avancées, centrées sur la technique, la discipline et la créativité. 

Expériences comme adjoint
Il a ensuite exercé comme entraîneur adjoint dans plusieurs clubs de haut niveau : 
- Fenerbahçe (Turquie) 
- Antalyaspor (Turquie) 
- UD Almería (Espagne) 

Ces expériences lui ont donné une vision globale du football moderne, entre rigueur tactique européenne et intensité des championnats méditerranéens. 

Entraîneur principal
Badía a dirigé plusieurs clubs en Chypre et en Pologne, dont : 
- AEK Larnaca 
- Ethnikos Achna 
- Akritas Chlorakas 
- Lechia Gdańsk 

Ces passages lui ont permis de développer une capacité d’adaptation à des environnements variés, souvent marqués par des contraintes budgétaires et des défis organisationnels. 


Mission avec Haïti
La tâche qui l’attend est immense. En succédant à Sébastien Migné, Badía hérite d’une équipe en pleine mutation, portée par l’élan de la qualification au Mondial 2026 mais confrontée à des défis structurels. 

Objectifs immédiats
- Ligue des Nations de la CONCACAF : premiers matchs contre Trinité‑et‑Tobago (24 septembre) et Costa Rica (27 septembre). 
- Préparation pour la Gold Cup : compétition phare de la région. 
- Cycle vers le Mondial 2030 : bâtir une équipe compétitive et disciplinée. 

Message aux supporters
Dans sa première déclaration officielle, Badía a repris le cri de ralliement « Grenadye Alaso ! » et ajouté « Men mwen », une formule qui traduit son engagement personnel auprès des fans et de la nation haïtienne. 


Importance pour Haïti
La nomination de David Badía traduit une volonté claire de la FHF : professionnaliser l’encadrement technique et donner aux Grenadiers une structure durable. 

Trois axes stratégiques
1. Discipline tactique : renforcer l’organisation défensive et la cohésion collective. 
2. Exploitation du vivier international : mobiliser les talents haïtiens évoluant dans les grands championnats européens et américains. 
3. Formation locale : inspirer une nouvelle génération de joueurs à travers des méthodes modernes. 

Le football haïtien dans son contexte
Haïti est un pays où le football dépasse le cadre sportif. Il est un vecteur d’identité nationale, un exutoire face aux crises sociales et politiques, et un espace de rêve pour la jeunesse. 

La qualification au Mondial 2026 a ravivé l’espoir et renforcé la visibilité internationale des Grenadiers. Mais les défis restent nombreux : infrastructures limitées, instabilité institutionnelle, manque de ressources financières. 

C’est dans ce contexte que l’arrivée de Badía prend tout son sens : apporter une expertise internationale pour compenser les faiblesses locales et structurer un projet ambitieux. 

Une comparaison historique
L’histoire du football haïtien a connu des moments de gloire, notamment la participation au Mondial 1974 en Allemagne. Mais depuis, les Grenadiers ont souvent oscillé entre espoirs et désillusions. 

La nomination de Badía peut être comparée à celle de José Luis Rugamas au Salvador ou de Claude Le Roy dans plusieurs sélections africaines : des techniciens étrangers venus apporter rigueur et méthode à des équipes en quête de stabilité. 

Perspectives et enjeux

Court terme
- Réussir les premiers matchs de Ligue des Nations pour installer la confiance. 
- Évaluer le potentiel des joueurs locaux et expatriés. 

Moyen terme
- Construire une équipe compétitive pour la Gold Cup. 
- Développer un style de jeu identifiable, basé sur discipline et créativité. 

Long terme
- Qualifier Haïti pour le Mondial 2030. 
- Laisser un héritage durable en matière de formation et d’organisation. 


La nomination de David Badía Cequier est plus qu’un simple changement d’entraîneur. Elle incarne une vision stratégique pour le football haïtien : professionnaliser, structurer et préparer l’avenir. 

Dans un pays où le football est une passion nationale, Badía devra conjuguer rigueur européenne et ferveur caribéenne pour transformer les Grenadiers en une équipe capable de rivaliser avec les meilleures sélections de la CONCACAF. 

Son défi est immense, mais son engagement et son expérience internationale offrent une lueur d’espoir. Pour Haïti, c’est une nouvelle page qui s’ouvre, avec l’ambition de faire du football un vecteur de fierté et de rayonnement mondial. 



Crédit : Andy Limontas 
Journaliste animateur – MOUVMAN SOLIDAYITI / Radio Internationale d’Haïti (RIH) 

Port-au-Prince en péril : Arnold Antonin signe Mototaxi, documentaire coup de poing

Arnold Antonin 
Mototaxi : la route de la mort au cœur de Port-au-Prince 

Port-au-Prince, capitale sous tension

Dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, la mobilité est devenue un défi existentiel. Les embouteillages chroniques, les routes dégradées, l’absence de transports publics fiables et surtout l’insécurité généralisée transforment chaque déplacement en pari risqué. Les gangs armés contrôlent des quartiers entiers, imposent des rançons, dressent des barricades et multiplient les enlèvements. Dans ce contexte, les mototaxis se sont imposés comme une solution vitale : rapides, capables de se faufiler dans les ruelles étroites et de contourner les zones de tension. Mais cette solution est aussi un fléau.  

Le documentaire Mototaxi du cinéaste haïtien Arnold Antonin, présenté le 20 août au restaurant Vivano Coin des artistes, met en lumière cette contradiction brutale : la moto comme instrument de survie et comme vecteur de mort.  


Un film qui choque et interpelle

Antonin ne se contente pas de filmer des engins à deux roues. Il plonge dans un univers où la débrouillardise côtoie la tragédie. Trois chauffeurs de mototaxis guident le spectateur dans un secteur largement informel, devenu indispensable pour des milliers de citadins. À travers leurs témoignages, mais aussi ceux de policiers, chercheurs, médecins, commerçants, automobilistes et victimes d’accidents, le film expose les réalités d’un transport anarchique.  

Les images sont crues : un cadavre transporté sur une moto, des blessés ensanglantés, des familles endeuillées. Le synopsis évoque une moyenne effrayante de 10 morts et 50 blessés par jour liés aux motos en Haïti. Dans une capitale où les hôpitaux disposent de moins de 250 lits pour traumatismes, ce chiffre illustre une catastrophe sanitaire silencieuse.  


Les enjeux sécuritaires et sociaux

- Transport informel : absence de régulation, prolifération anarchique des motos importées.  

- Sécurité publique : mototaxis parfois utilisés par des gangs pour des enlèvements ou des attaques.  

- Santé publique : système hospitalier saturé, victimes laissées sans soins.  

- Économie informelle : source de revenus pour des milliers de jeunes, mais au prix d’une insécurité permanente.  


Antonin pose une question centrale : qui est responsable ? Les autorités, incapables de réguler ? Les conducteurs, souvent imprudents ? Les usagers, contraints d’accepter ce risque ? Le film ouvre un débat national sur la nécessité d’un encadrement légal et institutionnel.  


 Arnold Antonin : un cinéaste engagé

Né le 3 décembre 1942 à Port-au-Prince, Arnold Antonin est l’une des figures majeures du cinéma haïtien et caribéen. Exilé en 1961 pour fuir la répression du régime Duvalier, il réalise en 1973 Duvalier accusé, puis en 1974 Ayiti, men chimen libète, premier long métrage haïtien, projeté dans de nombreux festivals internationaux.  

Après la chute de Duvalier en 1986, Antonin revient en Haïti et fonde le Centre Pétion-Bolivar ainsi que le Forum libre du jeudi, espaces de débats et de culture. Son œuvre prolifique compte plus de 40 documentaires et plusieurs fictions marquantes, dont Piwouli et le Zenglendo et Le président a-t-il le sida ?.  

Ses films, souvent centrés sur les droits humains, la mémoire historique et les réalités sociales, lui valent une reconnaissance internationale. Il a reçu le Prix Djibril Diop Mambety au Festival de Cannes (2002) et trois fois le Prix Paul Robeson au FESPACO (2007, 2009, 2011).  

Antonin est aussi professeur, militant et intellectuel engagé. Sa carrière illustre la capacité du cinéma à devenir une arme de conscience et de transformation sociale.  


 Analyse et perspectives

Le documentaire Mototaxi dépasse la simple description d’un phénomène. Il s’inscrit dans une réflexion plus large sur la crise haïtienne :  

- Mobilité et survie : dans une capitale paralysée, la moto est devenue l’outil de survie quotidienne.  

- Violence et désordre : absence d’État, prolifération des gangs, chaos routier.  

- Santé et jeunesse sacrifiée : les victimes sont majoritairement des jeunes, privés d’avenir.  

- Comparaison internationale : Antonin examine les expériences d’autres pays pour proposer des pistes de régulation.  


Avec Mototaxi, Arnold Antonin livre un documentaire coup de poing. Dans une capitale où se déplacer relève de la survie, la moto incarne à la fois l’espoir et la mort. Présenté dans un contexte de violence urbaine et de chaos institutionnel, ce film s’impose comme une œuvre de référence pour comprendre les fractures sociales et sécuritaires d’Haïti.

La grande première aura lieu le 27 août à 15 h 30, dans la salle Franck de l’Hôtel Montana. Plus qu’une projection, ce rendez‑vous se veut un véritable appel à la conscience nationale.  



Crédit : Radio Internationale d'Haïti - RIH 

jeudi 13 août 2026

Hommage à Rachelle Hismevil, la voix d’une Haïtienne résiliente

 Rachelle Hismevil, la voix d’une Haïtienne résiliente : un parcours exemplaire au service de l’excellence et du progrès . 

Une figure inspirante de la jeunesse haïtienne 

Dans un monde où les trajectoires féminines sont trop souvent invisibilisées, Rachelle Hismevil s’impose comme une figure éclatante de la résilience et de l’excellence haïtienne. Diplômée en comptabilité de l’Université Notre‑Dame d’Haïti / FSESP, elle incarne une génération de femmes qui refusent de se limiter aux frontières imposées par les circonstances. Son parcours est celui d’une professionnelle déterminée, qui conjugue savoir académique, expérience pratique et engagement social. 


Une formation solide et diversifiée 

Rachelle ne s’est pas contentée d’obtenir son diplôme en comptabilité. Elle a élargi ses horizons par des formations complémentaires en gestion, intelligence artificielle, santé et sécurité au travail, premiers secours psychologiques et langues étrangères. Cette quête permanente de perfectionnement témoigne de sa volonté de rester à la pointe des compétences modernes, dans un monde où la polyvalence est devenue une exigence incontournable. 


Des expériences professionnelles marquantes
 
Son cheminement professionnel l’a conduite dans des institutions de renom telles que Legrandvil Entreprise, UNIBANK, SACOMA GROUPE S.A. et Jenkins‑Penn Haitian Relief Organization (JP/HRO). Dans chacune de ces structures, elle a su s’imposer par son sérieux et son efficacité, évoluant dans des domaines aussi variés que le service à la clientèle, les opérations bancaires, la finance, les ressources humaines et la comptabilité. 

Cette diversité d’expériences lui confère une vision globale des enjeux économiques et sociaux, et une capacité rare à s’adapter à des environnements complexes. 


Une professionnelle polyglotte et connectée

Rachelle maîtrise le créole, le français, l’anglais et l’espagnol. Cette compétence linguistique lui permet de naviguer avec aisance dans des contextes multiculturels, renforçant son aptitude à bâtir des ponts entre Haïti et le reste du monde. Elle est également à l’aise avec les outils technologiques modernes : Microsoft Office, QuickBooks, Sage, SWIFT et CRM, autant d’instruments qui lui permettent de répondre aux exigences de la finance et de la gestion contemporaine. 


L’engagement social au cœur de son parcours

Au‑delà de ses compétences techniques, Rachelle se distingue par son engagement envers l’éducation et la jeunesse haïtienne. Son rôle au Réseau des Écoles Associées de l’UNESCO en Haïti, en tant que secrétaire à la Commission Nationale de Coopération avec l’UNESCO, illustre cette dimension. Elle y a coordonné des activités académiques, des concours d’écriture, des clubs de débat et un rallye réunissant plus de 200 participants. 

Ces initiatives traduisent une conviction profonde : l’avenir d’Haïti repose sur l’éducation et la participation active de sa jeunesse. 


Une représentante digne de l’excellence haïtienne 

Installée aujourd’hui en République Dominicaine, Rachelle continue de porter haut les couleurs de son pays. Elle représente dignement Haïti dans ses activités professionnelles et sociales, devenant un modèle pour les jeunes femmes haïtiennes qui aspirent à conjuguer carrière internationale et attachement patriotique. 

Son parcours est une démonstration éclatante que l’excellence haïtienne peut s’exporter sans jamais se détacher de ses racines. 


Un hommage mérité par le MOUVMAN SOLIDAYITI 

Conscient de l’importance de valoriser les femmes haïtiennes de talent, le "MOUVMAN SOLIDAYITI" a choisi de rendre hommage à Rachelle Hismevil dans le cadre de son programme radiophonique hebdomadaire « Hommage à la Femme Haïtienne », diffusé en partenariat avec Radio Internationale d’Haïti (RIH) et ses vingt radios associées. 

Sous le thème « Se pandan yo vivan pou nou onore yo », cette initiative vise à célébrer les femmes haïtiennes de leur vivant, en reconnaissant leurs contributions professionnelles, sociales et humanitaires. 


Une interview exclusive en créole haïtien
 
Le jeudi 13 août 2026, entre 14h et 16h (heure d’Haïti), Rachelle sera l’invitée spéciale d’une interview exclusive en créole haïtien, réalisée en direct depuis Santiago de Los Caballeros, République Dominicaine. 

📻 Diffusion en direct et en simultané sur Radio Internationale d’Haïti (RIH)👇 (https://www.radiointernationaledhaiti.com) 

📡 Retransmission sur la page Facebook officielle de RIH👇
(https://www.facebook.com/radiointernationaledhaiti) 

En simulcast avec les 20 radios partenaires du MOUVMAN SOLIDAYITI. 


Une célébration de la Femme Haïtienne
 
Cet événement dépasse le cadre d’une simple interview. Il s’agit d’un moment de reconnaissance et de célébration, dédié à la Femme Haïtienne pour son engagement professionnel et humanitaire, au service de son pays et de sa communauté, partout où elle se trouve. 

À travers Rachelle Hismevil, c’est toute une génération de femmes haïtiennes qui est honorée : celles qui bâtissent, innovent, enseignent, soignent, dirigent et inspirent. 


En conclusion sachez que Rachelle Hismevil incarne la force tranquille d’une Haïtienne moderne : compétente, engagée, ouverte sur le monde mais profondément enracinée dans son identité nationale. Son parcours est une source d’inspiration pour la jeunesse et un symbole de ce que Haïti peut offrir de meilleur. 

En lui rendant hommage, le MOUVMAN SOLIDAYITI et Radio Internationale d’Haïti rappellent que les femmes haïtiennes sont des piliers du développement et des actrices incontournables du progrès social. 


Crédit ✍️ : Andy Limontas 

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mercredi 12 août 2026

Wooly Saint Louis Jean : La voix poétique d’Haïti, désormais en exil créatif

Dans le paysage musical haïtien, rares sont les artistes qui parviennent à incarner à la fois la mémoire, la poésie et la musique populaire. Wooly Saint Louis Jean, troubadour né le 12 septembre 1967 à La Petite Rivière de l’Artibonite, est de ceux qui transcendent les frontières de la chanson pour devenir un véritable passeur de culture. Sa voix, ses accords de guitare et son engagement poétique lui valent le surnom de « Brassens haïtien », une appellation qui traduit la profondeur de son art et la force de son héritage.


Origines et formation

Issu d’une région fertile en traditions musicales, Wooly grandit dans un environnement où la musique et la poésie se côtoient. Très tôt, il s’imprègne des rythmes du terroir, des chants populaires et des récits oraux qui façonnent l’identité haïtienne. Dans les années 1990, il s’impose sur la scène culturelle de Port‑au‑Prince en animant des soirées littéraires et musicales, transformant les poèmes de grands écrivains haïtiens en chansons accessibles au grand public.


Style et influences

Le style de Wooly Saint Louis Jean est marqué par une fusion subtile entre la chanson troubadour, le jazz, la musique brésilienne et les rythmes vodou. Ses influences vont de Georges Brassens et Léo Ferré à Sarah Vaughan, BB King, Caetano Veloso et Chico Buarque. Cette diversité lui permet de créer une œuvre à la fois enracinée dans la culture haïtienne et ouverte sur le monde.

Son chant est décrit par Denise Bernhardt, sociétaire des poètes français, comme « d’une tendresse aux inflexions qui chavirent ». Cette sensibilité vocale, alliée à une maîtrise instrumentale, confère à ses interprétations une dimension universelle.


Discographie et œuvres majeures

Quand la parole se fait chanson (2005) : Premier album où il met en musique les textes de Georges Castera, Syto Cavé, Lyonel Trouillot et Frankétienne.

Eta’n Sinik (2011) : Album plus personnel, où l’artiste exprime ses préoccupations sociales et politiques.

Pwomès (2018) : Œuvre de maturité, confirmant son rôle de passeur de mémoire et de poésie.

À travers ces albums, Wooly Saint Louis Jean s’impose comme un gardien de la littérature haïtienne, donnant une voix populaire aux textes poétiques.


Impact culturel

Wooly n’est pas seulement un chanteur ; il est un médiateur culturel. En transformant la poésie en chanson, il rend accessibles des textes parfois complexes, tout en préservant leur profondeur. Ses concerts à l’Institut français d’Haïti et à la FOKAL sont devenus des rendez‑vous incontournables pour les amateurs de musique et de littérature.


Exil en Floride

Cependant, la situation chaotique qui sévit en Haïti depuis plusieurs années a contraint Wooly Saint Louis Jean à s’expatrier. Installé désormais en Floride (USA), il poursuit son œuvre en produisant des concerts pour la diaspora haïtienne et en continuant à porter haut la voix de la culture créole. Cet exil n’a pas brisé son inspiration ; au contraire, il lui donne une nouvelle dimension, celle de l’artiste qui chante la mémoire de son pays depuis l’étranger, tout en restant profondément attaché à ses racines.


Le vibrant hommage du MOUVMAN SOLIDAYITI

Dans le cadre de sa mission de valorisation des modèles haïtiens, le MOUVMAN SOLIDAYITI a choisi de rendre hommage à Wooly Saint Louis Jean. Voici le communiqué officiel de l’événement :

COMMUNIQUÉ OFFICIEL

MOUVMAN SOLIDAYITI 
(Programme radiophonique communautaire dédié à la diaspora haïtienne)

Sous le thème : 
« Se pandan yo vivan pou nou onore yo »

Le MOUVMAN SOLIDAYITI aura l’honneur de présenter, ce mercredi 12 août, un hommage aux modèles d’Haïti, en partenariat avec Radio Internationale d’Haïti (RIH) et ses vingt radios associées.

À cette occasion, l’animateur principal du "MOUVMAN SOLIDAYITI" accueillera en invité spécial le grand troubadour haïtien Wooly Saint Louis Jean, légende vivante de la musique haïtienne. 
Un entretien exclusif en créole haïtien sera réalisé en direct depuis Miami, Florida (USA), entre 15h et 17h (heure d’Haïti 🇭🇹).

📻 Diffusion en direct et en simultané sur Radio Internationale d’Haïti (RIH) 
www.radiointernationaledhaiti.com

📡 Retransmission sur la page Facebook officielle de RIH 
https://www.facebook.com/radiointernationaledhaiti
et en simulcast avec les 20 radios partenaires du MOUVMAN SOLIDAYITI.

Cet événement constituera un moment de reconnaissance et de célébration, dédié aux valeurs sûres de la communauté haïtienne et de sa diaspora.


Une légende vivante

Cet hommage n’est pas fortuit. Wooly Saint Louis Jean est une légende vivante, dont la carrière illustre la capacité de la musique haïtienne à dialoguer avec la poésie, la mémoire et l’identité nationale. Son œuvre est un pont entre les générations, une invitation à redécouvrir la richesse de la langue créole et la profondeur de la pensée haïtienne.


En guise de conclusion

À travers ses chansons, Wooly Saint Louis Jean rappelle que la musique est un vecteur de mémoire et de dignité. Son parcours témoigne de la vitalité de la culture haïtienne et de sa capacité à rayonner au‑delà des frontières. L’hommage du MOUVMAN SOLIDAYITI vient consacrer une carrière exemplaire, marquée par la fidélité à la poésie et l’amour de la communauté.



Crédit✍️ :  Andy Limontas







jeudi 6 août 2026

TiCorn, une voix entre deux mondes, l’âme chantante d’Haïti

TiCorn, une voix entre deux mondes, l’âme chantante d’Haïti

Enfance et origines

Cornelia Schütt, connue sous le nom artistique de TiCorn, naquit le 11 août 1953 à Heiligenberg, en Allemagne. Deux mois après sa naissance, ses parents s’installèrent à Cap-Haïtien, où elle grandit dans une immersion totale dans la culture haïtienne. Son père, Carl Otto Schütt, issu d’une famille allemande implantée en Haïti depuis le XIXe siècle, gérait des activités commerciales liées au café et au transport maritime. Sa mère, Ingrid, architecte de formation, accompagna cette aventure familiale.

TiCorn reçut son surnom affectueux de sa nounou haïtienne, Anna Colo, qui l’appelait « Ti Cornelia », devenu « TiCorn ». Ce nom allait marquer toute sa carrière. Dès l’enfance, elle apprit le créole, s’imprégna des rythmes populaires, des chants traditionnels et des coutumes haïtiennes.


Premiers pas dans la musique

À l’âge de 12 ans, TiCorn commença à jouer de la guitare et à chanter les chansons qui l’entouraient. Son premier album, “Haïti” (1979), fut une véritable déclaration d’amour à son pays d’adoption. Produit sous le label Tortuga Records, il mêlait chants folkloriques haïtiens et compositions originales en créole et en anglais.

Son style se distingua par une simplicité volontaire : une voix claire et chaleureuse, accompagnée d’une guitare acoustique. Elle refusa les artifices commerciaux, privilégiant l’authenticité et la profondeur émotionnelle.


Carrière et productions

Discographie : Haïti (1979), suivie de plusieurs productions et collaborations avec des musiciens haïtiens et internationaux.

Cinéma : rôle chanté dans le film allemand Caribia (1978).

Concerts : de Port-au-Prince à Hambourg, elle multiplia les scènes, toujours fidèle au folklore haïtien.

TiCorn devint une ambassadrice culturelle d’Haïti, portant la voix du pays au-delà des frontières. Ses chansons expriment la joie, la douleur et l’espoir du peuple haïtien, reflétant une identité poétique et universelle.


Vie publique et privée

Bien qu’issue d’une famille allemande, TiCorn se définit avant tout comme haïtienne de cœur. Elle partagea sa vie entre l’Europe et la Caraïbe, voyageant régulièrement pour des concerts et des projets culturels. Discrète sur sa vie privée, elle resta profondément attachée à Haïti, où elle conserva des liens familiaux et artistiques.


Rapport avec Haïti

TiCorn incarne un pont entre deux cultures : l’Allemagne et Haïti. Mais c’est Haïti qui demeure son ancrage, son inspiration et son identité artistique. Elle chanta en créole, défendit le patrimoine musical haïtien et participa à des initiatives culturelles pour préserver la mémoire collective.

Son œuvre illustre une fidélité rare : elle n’a jamais abandonné son amour pour la musique haïtienne, refusant de la transformer en produit commercial. Pour elle, la musique est un patrimoine vivant à transmettre.


Héritage et reconnaissance

TiCorn est aujourd’hui considérée comme l’une des grandes dames de la musique haïtienne. Son parcours témoigne d’une vie consacrée à l’art et à la culture, dans un dialogue constant entre ses racines allemandes et son identité haïtienne.

Elle demeure une légende vivante, célébrée par le peuple haïtien et reconnue par la diaspora. Ses chansons continuent de vibrer dans les cœurs, rappelant que la musique est une mémoire, une identité et une fidélité aux racines.

Hommage du MOUVMAN SOLIDAYITI

Le MOUVMAN SOLIDAYITI, fidèle à sa mission de célébrer les grandes figures de la culture haïtienne, a décidé de rendre un hommage solennel à TiCorn.

Ce jeudi 6 août 2026, entre 14h et 16h (heure d’Haïti 🇭🇹) et 20h – 22h (heure d’Allemagne 🇩🇪), une émission spéciale sera diffusée LIVE sur Radio Internationale d’Haïti (RIH) et en simulcast sur les 20 radios partenaires du MOUVMAN SOLIDAYITI.

À cette occasion, l’animateur Andy Limontas recevra TiCorn en interview exclusive, réalisée en créole haïtien depuis Hambourg, Allemagne. Ce moment constituera une reconnaissance nationale et internationale, mettant en lumière la contribution exceptionnelle de TiCorn à la musique et à la culture haïtienne.

Cet hommage s’inscrit dans le thème :
« Se pandan yo vivan pou nou onore yo »,
affirmant la volonté de célébrer les figures emblématiques de leur vivant, afin que la mémoire et la gratitude du peuple haïtien leur parviennent directement.


À travers sa carrière, TiCorn a su préserver et diffuser le folklore haïtien avec une authenticité rare. Son histoire est celle d’une enfant allemande devenue voix d’Haïti, une artiste qui incarne la mémoire et l’âme chantante du pays.

Le MOUVMAN SOLIDAYITI et la Radio Internationale d’Haïti (RIH), en partenariat avec vingt radios associées, consacrent cet hommage à TiCorn comme un acte de reconnaissance et de célébration.

TiCorn, c’est Haïti qui chante au monde.




Crédit : Radio Internationale d'Haïti (RIH)





mercredi 5 août 2026

Léon Dimanche, L’écho sonore des Cayes, une légende vivante honorée par le "MOUVMAN SOLIDAYITI"

Une voix qui traverse les générations

Dans l’histoire de la musique haïtienne, certains noms résonnent comme des symboles intemporels. Léon Dimanche en fait partie. Crooner charismatique, auteur‑compositeur inspiré, il a marqué des décennies de mélomanes par sa voix puissante et ses textes empreints de romantisme, de mélancolie et de patriotisme.


Les origines : Les Cayes, berceau d’un destin musical

Né aux Cayes, benjamin d’une fratrie de huit enfants, Léon Dimanche découvre très tôt sa vocation dans une famille où musique et poésie occupaient une place centrale. Ses frères Robert et Gabriel, guitaristes et poètes, l’initient à l’univers artistique.

À 6 ans, il chante déjà dans la chorale des Frères Oblats du Sacré‑Cœur.

À 13 ans, son frère Raphaël le surprend en train de chanter sous la douche : révélation.

À 15 ans, il rejoint Les Black Boys des Cayes, puis Organ Combo dirigé par Pierrot Léger.

Après la dissolution du groupe, il fonde Les Lionceaux des Cayes, référence musicale du Sud haïtien.


L’ascension : Les années 1970–1980

Durant les années 1970 et 1980, Léon Dimanche s’impose comme l’un des crooners les plus populaires d’Haïti. Sa voix, tour à tour douce et puissante, captive les foules. Ses concerts deviennent des événements où le public l’acclame avant même la fin de ses chansons.

Les chansons marquantes

Va‑t‑en : écrite à 16 ans, chef‑d’œuvre précoce.

Nostalgie : hymne à la mémoire et au temps qui passe. (Paroles & Musique: Yves Charles; Arrangements: Léon Dimanche)

Rien que toi : déclaration d’amour universelle.

Maman : hommage bouleversant à la figure maternelle.

Bon voyage : chanson de départ et de nostalgie.

Haïti : cri d’amour pour la patrie.

Ces titres, devenus des classiques, traduisent les émotions les plus intimes en mélodies universelles.

Le style : Entre romantisme et patriotisme
Poète de la musique, Léon Dimanche oscille entre tendresse amoureuse, douleur des séparations, attachement viscéral à Haïti et nostalgie de l’exil. Sa diction impeccable et son interprétation habitée lui valent le surnom de L’Écho sonore des Cayes.


La diaspora : De New York à Port Sainte‑Lucie

Comme beaucoup d’artistes haïtiens, Léon Dimanche poursuit sa carrière dans la diaspora. Installé à New York puis en Floride, il reste une figure respectée et admirée. Ses concerts aux États‑Unis rassemblent la communauté haïtienne autour de la mémoire musicale et du lien identitaire. À Port Sainte‑Lucie, il incarne toujours la voix de la nostalgie et de l’espérance.

Héritage et influence

Son influence dépasse la musique : ses chansons sont reprises par de jeunes interprètes, diffusées sur les radios haïtiennes et diasporiques, et partagées sur les réseaux sociaux. Elles constituent un patrimoine vivant.
Son engagement s’étend aussi au domaine sociopolitique, témoignant de son attachement indéfectible à Haïti.

L’hommage du "MOUVMAN SOLIDAYITI"
📅 Mercredi 5 août 2026 - EN DIRECT !
🕒 De 15h à 17h (heure d’Haïti 🇭🇹)

Le "MOUVMAN SOLIDAYITI" consacre une émission spéciale à Léon Dimanche. Les auditeurs suivront en direct une interview exclusive depuis Port Sainte‑Lucie, Florida 🇺🇸, diffusée simultanément sur Radio Internationale d’Haïti (RIH), sa page Facebook officielle et les 20 radios partenaires.

Cet hommage est une reconnaissance : celle d’un parcours exceptionnel, d’une voix qui a traversé les époques et qui continue de porter haut la culture haïtienne.


Une mémoire vivante

Léon Dimanche est plus qu’un chanteur : il est une mémoire vivante de la musique haïtienne. Son parcours, de la chorale des Cayes aux scènes internationales, illustre la force de la culture haïtienne et son rayonnement dans la diaspora.

L’hommage du "MOUVMAN SOLIDAYITI" ce 5 août 2026 est une manière de dire merci :

Merci pour les chansons qui ont bercé des générations.

Merci pour la voix qui continue de vibrer.

Merci pour l’attachement indéfectible à Haïti.




Crédit : Andy Limontas


vendredi 31 juillet 2026

Stephen “Kiki” Ramos : De Port‑au‑Prince à Buenos Aires, l’ascension d’un enfant du séisme devenu espoir du football argentin

 Quand le destin se mêle au football

Dans le vaste univers du football, certaines histoires dépassent le cadre du sport pour devenir des récits de vie, de résilience et de mémoire collective. Celle de Stephen Óscar “Kiki” Ramos, né à Port‑au‑Prince en 2009, en est une illustration éclatante. Survivant du séisme de janvier 2010, adopté par une famille argentine, il est aujourd’hui le premier joueur né en Haïti à porter le maillot de l’Argentine en sélection nationale U17.

Son parcours est une passerelle entre deux mondes : Haïti, terre de douleur et de luttes, et l’Argentine, pays de football et de passion. À travers lui, c’est une histoire de renaissance qui s’écrit.


 Origines : Un enfant du séisme

Le 12 janvier 2010, Haïti est frappée par l’un des séismes les plus meurtriers de l’histoire moderne. Plus de 316 000 vies sont perdues, des centaines de milliers d’enfants sont orphelins ou déplacés. Stephen Ramos, âgé de neuf mois, survit à cette tragédie.Son destin bascule lorsqu’une famille argentine l’adopte.

 De Port‑au‑Prince à Buenos Aires, il entame une nouvelle vie, loin des ruines, mais avec une mémoire qui ne s’efface pas. Pour la diaspora haïtienne, il incarne la résilience : un enfant sauvé des décombres devenu symbole d’espoir.


 Formation : Vélez Sarsfield, tremplin vers l’élite

À Buenos Aires, Stephen Ramos est intégré très tôt au centre de formation du Club Atlético Vélez Sarsfield, institution réputée pour son travail avec les jeunes.

Style de jeu : Ailier gauche explosif, doté d’une vitesse fulgurante, d’un dribble incisif et d’une puissance physique rare.

Comparaisons : Ses entraîneurs le rapprochent de Vinícius Júnior et Nico Williams, deux références mondiales dans le rôle d’ailier percutant.

Statistiques : En 2026, il inscrit 12 buts en championnat des jeunes de l’AFA, dont un quadruplé contre Atlético Rafaela.

Son ascension est rapide. À 17 ans, il est déjà considéré comme l’un des plus grands espoirs de sa génération.


 Début international : L’Argentine ouvre ses bras

Le 28 juillet 2026, sous la direction de Diego Placente, entraîneur de l’Argentine U17, Stephen Ramos dispute son premier match international contre l’Équateur. L’Argentine s’impose 2‑1.

Ce match est historique : pour la première fois, un enfant né en Haïti porte le maillot argentin. La presse locale salue son talent, tandis que la diaspora haïtienne voit en lui un ambassadeur.“C’est un fils du séisme devenu ambassadeur sur le terrain”, écrit un quotidien haïtien.


Symbolique et débats

Diversité en Argentine : Stephen Ramos pourrait devenir seulement le quatrième joueur noir à représenter l’Argentine au niveau senior, après Alejandro de los Santos, José Ramos Delgado et Héctor Baley.

Choix de sélection : Sa participation en U17 ne l’engage pas définitivement. Selon les règlements de la FIFA, il pourrait encore choisir de représenter Haïti au niveau senior.

Débat identitaire : Doit‑il poursuivre son parcours avec l’Argentine, ou revenir vers Haïti pour renforcer une sélection nationale en quête de reconnaissance mondiale ? Ce dilemme nourrit les discussions dans les médias et sur les réseaux sociaux.


 Réactions médiatiques et sociales

La presse argentine le décrit comme “l’incarnation d’un football ouvert et multiculturel”. En Haïti, il est perçu comme “un héros de la résilience”. Dans la diaspora, il devient un sujet de débat sur l’identité et l’appartenance.

En Haïti : fierté nationale et appel à un retour au pays.

En Argentine : admiration pour son talent et son intégration.

Dans la diaspora : réflexion sur la mémoire collective et la place des enfants du séisme dans l’histoire mondiale.


Perspectives : Qatar 2026 et au‑delà

Stephen Ramos est pressenti pour participer à la Coupe du Monde U17 au Qatar en novembre‑décembre 2026. Ses performances pourraient déterminer s’il devient une figure incontournable du football argentin ou s’il choisit de représenter Haïti.


Son avenir est donc double :

Avec l’Argentine : carrière européenne, reconnaissance mondiale.

Avec Haïti : symbole national, renforcement d’une sélection en quête de visibilité.


 En conclusion : Une histoire de résilience

Stephen “Kiki” Ramos n’est pas seulement un footballeur prometteur. Il est le produit d’une histoire humaine, faite de douleur, de solidarité et de renaissance. Son parcours rappelle que le sport peut transcender les frontières et transformer les tragédies en victoires.

Pour Haïti, il est une fierté. Pour l’Argentine, une promesse. Pour le monde, une preuve que la résilience peut engendrer des destins extraordinaires.



Crédit : Andy Limontas


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