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vendredi 4 septembre 2026

Woy ! Les voilà… les chinois !?

Par Daniel Gérard Rouzier

Woy ! Les voilà…

Beaucoup de nos compatriotes ont longtemps cru qu’Haïti était une île refermée sur elle-même. C’est une illusion. Haïti ne l’a jamais été. Une île n’est jamais coupée du monde : elle en reçoit les vents, les navires, les idées, les marchandises, les hommes, les rêves et les menaces.


Depuis deux siècles, des hommes et des femmes venus d’ailleurs y débarquent, y commercent, s’y installent, épousent des Haïtiennes ou des Haïtiens, fondent des entreprises, accumulent des fortunes, perdent parfois tout, recommencent, puis finissent par devenir une partie de ce pays qu’ils n’avaient souvent choisi, au départ, que comme une escale.


Les Allemands sont venus au XIXᵉ siècle et ont occupé une place considérable dans le commerce extérieur. Des Afro-Américains libres sont arrivés dès 1824, cherchant dans la première République noire une liberté que leur refusait encore leur propre pays. Plus tard vinrent des Italiens, des Danois ou Dano-Antillais, des Syriens, des Libanais, des Palestiniens, des Juifs du Levant, puis des Juifs européens fuyant le nazisme.


Tous furent étrangers avant que certains de leurs noms ne deviennent si familiers qu’on oublia leur origine. Et aujourd’hui, peut-être, une nouvelle histoire commence. Elle est chinoise. Il suffit d’observer certains secteurs du commerce haïtien pour voir apparaître, depuis quelques années, des entrepreneurs chinois de plus en plus nombreux. Ils arrivent dans un pays que beaucoup d’autres étrangers quittent. Ils prennent des risques que peu acceptent encore de prendre. Ils ouvrent des commerces, importent directement, s’approvisionnent auprès de fabricants auxquels ils ont un accès privilégié et proposent souvent des produits à des prix que leurs concurrents haïtiens ont beaucoup de mal à égaler.


Le phénomène mérite qu’on s’y intéresse. Sans peur. Sans naïveté. Et surtout sans xénophobie. Car l’Histoire nous apprend qu’il faut toujours observer attentivement ceux qui arrivent lorsque les autres partent.


Une nouvelle migration économique ?


La question n’est évidemment pas de savoir si les Chinois ont le droit de commercer en Haïti. Ils l’ont, dès lors qu’ils respectent les lois de la République. Et la concurrence est une bonne chose. Elle oblige les entreprises installées à devenir meilleures, moins coûteuses, plus innovantes. Elle réduit les rentes. Elle donne aux consommateurs davantage de choix. Dans un pays où le pouvoir d’achat est extrêmement faible, vendre moins cher n’est pas une faute. C’est souvent un service rendu à la population.


Il serait donc absurde de reprocher à un entrepreneur chinois d’être plus efficace qu’un entrepreneur haïtien. La vraie question est ailleurs : Sommes-nous encore en présence de commerçants isolés, ou assistons-nous au commencement d’un système économique nouveau ? Les chiffres commencent à rendre la question légitime. La Chine occupe désormais une place majeure parmi les origines des marchandises importées en Haïti. Ce n’est plus marginal.


Et l’État haïtien lui-même a dû renforcer les mécanismes de contrôle et de certification de conformité portant sur diverses catégories de produits provenant de Chine, de Hong Kong et de Macao : appareils électriques et électroniques, panneaux solaires, textiles, matériaux de construction, jouets, pièces automobiles et autres marchandises. Autrement dit, le phénomène devient suffisamment important pour que la qualité, les normes, la fiscalité, la concurrence et la protection du consommateur deviennent des questions de politique publique.


L’avantage chinois


Un commerçant chinois installé à Port-au-Prince, au Cap ou aux Cayes ne se bat pas nécessairement avec les mêmes armes qu’un commerçant haïtien. Il peut parler la langue de ses fournisseurs. Il connaît les circuits de production. Il sait dans quelle province faire fabriquer un produit, auprès de quelle usine, à quelle qualité, avec quel emballage et à quel prix. Il peut contourner plusieurs intermédiaires. Il peut parfois agréger ses achats à ceux de réseaux beaucoup plus vastes. Il appartient, par sa langue, ses relations et son expérience, à l’écosystème du pays devenu en quelques décennies l’une des principales usines du monde. C’est déjà un avantage considérable.


Il faut ensuite poser une question plus délicate.


Certains produits bénéficient-ils, directement ou indirectement, de mécanismes chinois ( crédits préférentiels, avantages fiscaux, soutien à l’exportation, économies d’échelle, infrastructures logistiques, conditions particulières de financement ) qui rendent la compétition structurellement asymétrique ? Peut-être. Mais il faut le démontrer avant de l’affirmer. L’erreur serait de transformer une interrogation économique légitime en théorie géopolitique sans preuves. L’erreur inverse serait de refuser de poser la question.


Et si l’Histoire recommençait ?


Imaginons maintenant que cette tendance se poursuive pendant vingt ans. Des commerçants chinois commencent par vendre des produits importés. Les plus efficaces achètent ensuite des terrains. Ils construisent des entrepôts. Puis des centres commerciaux. Puis des réseaux de distribution. Ils financent leurs propres importations. Ils deviennent grossistes. Puis industriels. Ils entrent dans l’immobilier, la logistique, l’énergie, les matériaux de construction, les transports, les télécommunications, peut-être demain les services financiers. Ils emploient des milliers de personnes. Leurs enfants grandissent ici. Ils parlent créole. Ils vont à l’école avec les nôtres. Certains épousent des Haïtiens. Et un jour, ils ne sont plus vraiment étrangers.


C’est ainsi que se constituent les diasporas économiques. Les grandes fortunes haïtiennes de demain ne porteront donc pas nécessairement les mêmes noms que celles d’aujourd’hui. Ce n’est ni scandaleux ni extraordinaire. C’est l’Histoire. Mais cette Histoire aura des conséquences. Car le pouvoir économique produit presque toujours du pouvoir social. Et le pouvoir social finit souvent par produire de l’influence politique.


Le paradoxe taïwanais


La question devient encore plus intéressante parce qu’Haïti entretient aujourd’hui des relations diplomatiques avec Taïwan et non avec la République populaire de Chine. Pékin ne dispose donc pas d’une ambassade traditionnelle à Port-au-Prince. Et pourtant les marchandises chinoises entrent. Les entrepreneurs chinois s’installent. Les réseaux commerciaux se structurent. 


L’influence économique peut-elle précéder l’influence diplomatique?


Voilà une question qu’Haïti ferait bien de se poser. Dans dix ou vingt ans, une communauté d’affaires sino-haïtienne devenue importante pourrait-elle peser, directement ou indirectement, sur les choix diplomatiques du pays ? Peut-être. Peut-être pas. Mais la possibilité existe.


Pékin fabrique-t-il une nouvelle bourgeoisie haïtienne ? Ce serait aller beaucoup trop vite que de l’affirmer. Mais il serait tout aussi imprudent de refuser d’examiner l’hypothèse. La Chine a compris depuis longtemps une réalité que beaucoup de puissances occidentales ont parfois oubliée : la puissance ne passe pas seulement par les ambassades, les soldats, les traités et les gouvernements. Elle passe aussi par les marchandises. Par les ports. Par les téléphones. Par les panneaux solaires. Par les véhicules. Par les batteries. Par le ciment. Par les équipements électriques. Par les réseaux commerciaux. Et surtout par les hommes et les femmes qui les distribuent.


Celui qui fournit une société finit par connaître ses besoins. Celui qui finance ses entreprises comprend ses élites. Celui qui contrôle certaines chaînes d’approvisionnement devient difficile à contourner. Et celui qui devient indispensable acquiert du pouvoir.


Mais gardons-nous du fantasme. Peut-être n’existe-t-il aucun grand plan chinois pour Haïti. Peut-être assistons-nous simplement à quelque chose de beaucoup plus banal : des entrepreneurs intelligents et particulièrement adaptables voient un marché délaissé par d’autres, acceptent un niveau de risque élevé et comprennent qu’un pays pauvre reste néanmoins un marché de plusieurs millions de consommateurs.


L’Histoire est faite de stratégies. Elle est aussi faite d’opportunités saisies avant les autres. La vraie question concerne les Haïtiens. Le débat ne devrait donc pas être : Comment empêcher les Chinois de réussir ? Il devrait être plutôt : Pourquoi certaines entreprises haïtiennes auraient-elles tant de mal à réussir face à eux ? Ont-elles des coûts trop élevés ? Ont-elles vécu trop longtemps à l’abri de certaines rentes ? Importent-elles par des circuits trop longs ? Investissent-elles suffisamment dans la technologie ? Connaissent-elles leurs fournisseurs aussi bien que leurs nouveaux concurrents ? Mutualisent-elles leurs achats ? Ont-elles accès à des financements compétitifs ? Forment-elles suffisamment leurs employés ? Utilisent-elles suffisamment les données ? Ont-elles pris assez tôt le virage du commerce électronique ? Ont-elles parfois confondu protection du marché et compétitivité ?


La concurrence chinoise pourrait ainsi rendre à l’économie haïtienne un service brutal : l’obliger à se regarder dans un miroir. Mais un marché ouvert n’est pas un marché sans règles. Le libéralisme n’est pas l’absence d’État. C’est exactement le contraire. Une économie véritablement concurrentielle exige un État suffisamment fort pour imposer les mêmes règles à tous. Le commerçant chinois, haïtien, dominicain, américain, libanais, français ou autre doit payer les mêmes droits. Respecter les mêmes normes. Déclarer ses employés. Payer les mêmes impôts. Respecter les mêmes règles environnementales. Être soumis aux mêmes contrôles. Protéger de la même manière ses consommateurs. Et être sanctionné de la même manière s’il fraude. Sinon, la concurrence n’existe plus. Il ne reste alors que l’arbitrage entre différentes formes de privilèges.


Dix questions que nos dirigeants devraient poser


D’abord : qui importe quoi, à quel prix déclaré, et comment ces flux ont-ils évolué depuis dix ans ?

Ensuite : qui contrôle réellement les entreprises importatrices ?

Troisièmement : les écarts de prix constatés s’expliquent-ils seulement par l’efficacité industrielle et commerciale chinoise, ou relèvent-ils parfois de subventions, du dumping ou de pratiques douanières et fiscales illicites ?

Quatrièmement : les mêmes normes de qualité sont-elles véritablement appliquées aux marchandises chinoises, américaines, européennes, dominicaines et haïtiennes ?

Cinquièmement : quelle part de la valeur créée reste en Haïti ?

Sixièmement : combien d’emplois locaux ces entreprises créent-elles ?

Septièmement : combien de techniciens et de cadres haïtiens forment-elles ?

Huitièmement : quelle part de leurs bénéfices est réinvestie dans le pays ?

Neuvièmement : leur implantation pourrait-elle permettre demain à des entreprises haïtiennes non seulement d’importer de Chine, mais aussi d’y exporter ?

Enfin : Haïti veut-elle rester seulement un marché, ou devenir également un lieu de production ?


Cette dernière question est la plus importante. Car importer n’est pas se développer Un pays ne devient pas riche parce qu’il importe moins cher. Il devient riche lorsqu’il apprend à produire davantage de valeur. Si la nouvelle présence chinoise ne fait qu’accroître les importations, elle offrira certes aux consommateurs des produits meilleur marché, mais elle pourra aussi accroître la dépendance extérieure du pays.


Si, au contraire, Haïti utilise cette présence pour attirer des capitaux, obtenir des transferts technologiques, assembler localement, transformer des matières premières, développer des services logistiques et entrer dans certaines chaînes de valeur asiatiques, alors cette nouvelle immigration commerciale pourrait devenir une chance historique.


C’est là que l’État doit intervenir. Non pour choisir les gagnants. Non pour protéger les anciens contre les nouveaux. Mais pour fixer les règles du jeu. Et pour dire aux nouveaux venus :

Bienvenue. Mais construisons ensemble. Venez. Investissez. Gagnez de l’argent. Devenez riches, si vous êtes capables de créer suffisamment de valeur. Mais embauchez ici. Formez ici. Payez vos impôts ici. Respectez nos normes. Traitez dignement vos employés. Respectez l’environnement. Et lorsque cela est économiquement raisonnable, produisez ici une partie de ce que vous vendez ici.


Une politique intelligente pourrait même offrir des avantages additionnels aux investisseurs ( chinois ou autres ) qui atteignent des objectifs mesurables de contenu local, de formation, de création d’emplois, d’investissement industriel ou d’exportation. Pas parce qu’ils sont étrangers. Parce qu’ils construisent en Haïti. 

La règle devrait être la même pour tous.


Et le secteur privé haïtien ?


Il lui reste deux mauvaises réponses. Et une bonne. La première mauvaise réponse serait le déni. La deuxième serait le protectionnisme. Fermer artificiellement le marché pour empêcher les nouveaux concurrents de gagner rassurerait peut-être quelques entreprises pendant quelques années. Cela les condamnerait surtout à devenir encore moins compétitives. La bonne réponse est beaucoup plus exigeante : devenir meilleures qu’elles ne le sont aujourd’hui. Acheter mieux. Financer mieux. Gérer mieux. Former mieux. Numériser davantage. Chercher des partenaires internationaux. Réduire les coûts inutiles. Créer des marques. Exporter. Et surtout, surtout, comprendre que, dans une économie mondialisée, le concurrent d’une entreprise installée à Port-au-Prince ne se trouve plus nécessairement à Pétion-Ville ou à Santo Domingo. Il peut se trouver à Shenzhen. À Guangzhou. À Miami. À Istanbul. À Hô Chi Minh-Ville. Le monde n’est peut-être pas plat. Mais les distances économiques se sont effondrées.


Et pourquoi ne pas s’associer ?


Il existe enfin une possibilité plus ambitieuse. Pourquoi considérer les entrepreneurs chinois seulement comme des concurrents ? Pourquoi ne pas en faire aussi des partenaires ? Un entrepreneur chinois possède souvent ce qui manque à son partenaire haïtien : accès aux usines, connaissance des circuits industriels chinois, compréhension des coûts de production, maîtrise des réseaux logistiques asiatiques.


L’entrepreneur haïtien possède ce que le nouvel arrivant ne possède pas encore : connaissance du pays, de sa culture, de ses consommateurs, de ses risques, de sa réglementation et de ses réseaux. Ils peuvent se combattre. Ils peuvent aussi construire ensemble. Et cette deuxième voie serait infiniment plus intéressante pour Haïti.


Le vrai danger


Le danger n’est pas que des Chinois deviennent riches en Haïti. S’ils créent honnêtement de la richesse, paient leurs impôts, emploient et forment des Haïtiens, leur réussite devrait être bienvenue. Le danger serait que nous regardions une nouvelle structure économique se construire sous nos yeux sans jamais nous demander ce que nous voulons en faire. Les Allemands sont venus. Les Levantins sont venus. Les Italiens sont venus. Les Juifs sont venus. Les Américains sont venus.


Chacun, à sa manière, a laissé une trace, heureuse ou moins heureuse, dans l’économie et dans la société haïtiennes. Aujourd’hui arrivent peut-être les Chinois. Dans vingt ans, certains seront probablement devenus haïtiens. Leurs enfants parleront créole. Certains dirigeront de grandes entreprises. Quelques-uns compteront probablement parmi les hommes et les femmes les plus riches du pays. Et certains auront acquis une influence considérable.


Il n’y a, en soi, rien d’inquiétant à cela. Les véritables questions sont ailleurs. 


Lorsqu’ils auront construit leur avenir en Haïti, aurons-nous eu l’intelligence de construire avec eux celui d’Haïti ? Le problème est-il vraiment la nationalité de l’investisseur, ou la chaîne de valeur à laquelle il appartient ? Et surtout : si des entrepreneurs étrangers sont disposés à investir leur argent en Haïti malgré l’insécurité, l’instabilité et l’incertitude, pourquoi une partie du capital haïtien cherche-t-elle, elle, à en sortir ? La réponse honnête à cette dernière question nous dira probablement beaucoup plus sur l’avenir économique d’Haïti que l’origine chinoise des nouveaux venus.



Crédit ✍️ : Daniel Gérard Rouzier, 2026

jeudi 3 septembre 2026

Jocelyne Dorismé: La Diva engagée, voix de la mémoire et de la résistance haïtienne


Jocelyne Dorismé : la Diva en exil, voix indomptable d’Haïti.  

Depuis neuf ans, elle vit loin de sa terre natale, prisonnière d’un exil imposé par l’insécurité sauvage et le chaos total qui ravagent Haïti. Pourtant, son amour pour son pays reste incommensurable, indescriptible, porté par une voix qui ne cesse de chanter la mémoire et la résistance.  

Haïti saigne, mais Jocelyne Dorismé continue de chanter.  

Sa voix est celle de la résistance, une mémoire vivante qui rappelle aux Haïtiens et à la diaspora que l’identité culturelle ne peut être effacée. Diva engagée et nostalgique, elle incarne l’âme d’Haïti en diaspora, transformant la douleur de l’exil en hymnes de dignité et d’espérance.  

Entre chaos natal et amour éternel, Jocelyne Dorismé demeure une voix intemporelle.

Son exil est marqué par la nostalgie, mais aussi par la force d’une artiste qui refuse de se taire. La Diva qui ne peut rentrer exprime, à travers ses chansons, un cri du cœur pour Haïti : celui d’une femme qui aime son pays d’un amour éternel, malgré la distance et les blessures.  

Jocelyne Dorismé, l’amour indescriptible d’une voix pour Haïti.  

Chaque note, chaque parole est une déclaration d’attachement à sa patrie. Elle est la preuve vivante que, même loin de Port‑au‑Prince, l’âme haïtienne peut continuer de vibrer, portée par une voix indomptable qui refus

Dans le paysage musical haïtien, certaines voix ne se contentent pas de chanter : elles deviennent des symboles, des repères, des cris du cœur. Jocelyne Dorismé est de celles‑là. Diva engagée, figure emblématique de la culture haïtienne, elle incarne la mémoire et la résistance d’un peuple en quête de dignité.  


Le MOUVMAN SOLIDAYITI, en partenariat avec Radio Internationale d’Haïti (RIH), lui a rendu un hommage vibrant le jeudi 3 septembre 2026, dans le cadre de son émission hebdomadaire consacrée aux femmes haïtiennes, sous le thème : « Se pandan yo vivan pou nou onore yo ». Diffusée en direct de 14h à 16h (heure d’Haïti 🇭🇹), l’émission a été relayée par plus d’une vingtaine de radios partenaires, confirmant la portée nationale et diasporique de cet événement.  


 Une enfance enracinée dans la tradition

Née à Port‑au‑Prince, Jocelyne Dorismé est issue d’une famille profondément attachée à ses racines : une mère des Cayes, un père de Saint‑Marc. Elle grandit aux Cayes auprès de sa grand‑mère, qui lui transmet très tôt l’amour du chant et de la culture populaire.  

À neuf ans, elle revient à Port‑au‑Prince pour poursuivre ses études chez les Sœurs de Sainte‑Anne, mais la musique reste son fil conducteur. Sa voix, puissante et sensible, s’impose progressivement comme un instrument de mémoire et de combat.  


 Une carrière au service de la mémoire collective

La discographie de Jocelyne Dorismé est riche de titres qui résonnent comme des hymnes à la dignité et à la résistance :  

- Dialòg  

- Ti Moun yo  

- Femme  

- Leve Kanpe  

- Peyim Gaspiye  

Ces chansons s’inscrivent dans la lignée des grandes figures comme Martha Jean‑Claude, Toto Bissainthe, Ti Corn et Carole Demesmin. Dorismé reprend le flambeau de cette tradition engagée, en y ajoutant sa propre sensibilité et une voix qui captive autant qu’elle interpelle.  


 Diaspora et nostalgie de l’exil

En 1997, Jocelyne Dorismé quitte Haïti pour les États‑Unis, poussée par l’insécurité croissante. Depuis plus de neuf ans, elle vit avec une profonde nostalgie : celle de ne pas pouvoir retourner sur sa terre natale, ravagée par le chaos et la violence.  

Lors de son interview exclusive réalisée, ce jeudi 3 septembre 2026, en direct de Greenwich, Connecticut, USA, elle a exprimé sa frustration et sa douleur :  

- Face aux traitements discriminatoires infligés à ses compatriotes par l’administration Trump/Vance en matière d’immigration.  

- Face aux massacres fratricides qui ensanglantent Haïti, plongeant le pays dans une spirale de désespoir.  

Elle a confié aimer Haïti d’un amour indescriptible, incommensurable, mais se sentir prisonnière de l’exil, incapable de fouler à nouveau le sol natal. Ses paroles résonnent comme un cri du cœur : celui d’une femme qui aime son pays mais qui se voit contrainte de l’aimer à distance.  


 L’hommage du MOUVMAN SOLIDAYITI

Le programme radiophonique communautaire MOUVMAN SOLIDAYITI, fondé en 1989, s’est toujours donné pour mission de promouvoir les valeurs sûres de la culture haïtienne. En rendant hommage à Jocelyne Dorismé, il a célébré non seulement une artiste, mais aussi une femme pilier de la société haïtienne.  

La diffusion simultanée sur plus de vingt radios partenaires et sur la page Facebook officielle de RIH a permis de toucher un public vaste, de Port‑au‑Prince à la diaspora de Providence, Rhode Island, en passant par le Connecticut et le New Jersey.  

Rappelons que ce programme est également disponible sur la Chaîne YouTube de Radio Internationale d’Haïti, permettant aux auditeurs du monde entier de revivre ce moment de reconnaissance et de célébration.  


Jocelyne Dorismé, une voix intemporelle

Ce qui distingue Jocelyne Dorismé, c’est sa capacité à transformer la douleur en art, et l’art en mémoire collective. Ses chansons ne sont pas de simples mélodies : elles sont des témoignages vivants, des archives sonores de la lutte et de l’espérance haïtienne.  

Dans un contexte où Haïti traverse une crise sans précédent, sa voix demeure un repère, une boussole morale pour ceux qui refusent de céder au désespoir.  


En Conclusion...

L’hommage rendu par le MOUVMAN SOLIDAYITI à Jocelyne Dorismé dépasse le cadre d’une émission radiophonique. Il s’agit d’un acte de reconnaissance envers une femme qui incarne la mémoire, la résistance et la dignité haïtienne.  

Privée de son pays depuis plus de neuf ans, Jocelyne Dorismé continue pourtant de porter Haïti dans sa voix et dans son cœur. Elle est la preuve vivante que, même dans l’exil, l’amour pour la patrie ne s’éteint jamais.  



Crédit ✍️ : Andy Limontas 


mercredi 2 septembre 2026

Justiny Destiny : L’homme qui chante la vie et la résilience


🎙️ JUSTINY DESTINY : L’HOMME QUI CHANTE LA VIE ET LA RÉSILIENCE

Par Andy Limontas

Un hommage vibrant sur les ondes

Sous le thème « Se pandan yo vivan pou nou onore yo », le MOUVMAN SOLIDAYITI, en partenariat avec Radio Internationale d’Haïti (RIH) et ses vingt radios partenaires, a rendu ce mercredi 2 septembre 2026 un hommage vibrant au médecin-chanteur Justiny Destiny.

L’événement, diffusé en direct depuis Orlando, Florida (USA), entre 15h et 17h (heure d’Haïti), a permis aux auditeurs de découvrir ou redécouvrir cette figure montante de la musique haïtienne. L’émission s’est imposée comme un moment de communion culturelle et de reconnaissance envers un artiste qui incarne à la fois la science médicale et l’art musical.

Portrait d’un homme aux deux vocations

Né à Jérémie, dans la commune de Corail, Yvon Justin, devenu Justiny Destiny sur scène, incarne une double vocation rare : celle de médecin obstétricien-gynécologue et celle d’artiste engagé. Diplômé de l’Université d’État d’Haïti, il a su harmoniser le rythme du cœur avec celui des chansons.

Dès ses années au Lycée Nord Alexis, il s’est distingué lors de concerts scolaires et fêtes de la Saint-Valentin. Sa passion musicale l’a conduit à rejoindre le Galaxy Band de Jérémie, aux côtés de Gérard Ariel. À Port-au-Prince, ses études de médecine n’ont jamais freiné son élan artistique : il marqua les esprits avec une chanson de sensibilisation contre le VIH/SIDA, qui fit vibrer le public étudiant.

Plus tard, il intégra le trio jazz MELO DJAZ, avant de se lancer en solo sous le nom de Justiny Destiny.

Une œuvre musicale empreinte de conscience sociale

Artiste polyvalent, Justiny Destiny construit une œuvre où se mêlent créativité et conscience sociale. Ses chansons abordent des thèmes universels : la résilience, l’exil, l’espoir et la positivité.

Dans un contexte haïtien marqué par les défis socio-économiques, ses compositions deviennent des hymnes à la persévérance. Elles rappellent que la musique peut être un outil de guérison, tout comme la médecine qu’il pratique.

Performances et collaborations

Au fil des années, Justiny Destiny a partagé la scène avec des figures majeures de la musique haïtienne et internationale :

  • King Kino & Danola au Quartier Latin (Pétion-Ville)

  • Anie Alerte au Rosen Center (Orlando, Floride)

  • L’Orchestre Septentrional au Ritz Kinam et au Club International (Pétion-Ville)

  • Fatima au Rosen Center (Orlando, Floride)

Ses prestations lors de concerts privés à New York et en Floride ont confirmé son aura auprès d’un public conquis par son énergie et son talent.

L’émission spéciale du MOUVMAN SOLIDAYITI

L’émission du 2 septembre 2026 fut un moment de grâce. Pendant deux heures, les auditeurs ont pu écouter Justiny Destiny interpréter ses chansons phares, mais aussi partager son parcours personnel et professionnel.

Le programme, animé par Andy Limontas, a mis en lumière la trajectoire singulière de cet artiste-médecin. Les témoignages recueillis auprès des auditeurs et des partenaires ont souligné l’importance de célébrer les talents haïtiens pendant qu’ils sont vivants, conformément au thème de l’événement.

Une voix pour l’espoir

Justiny Destiny ne se contente pas de chanter : il transmet un message. Ses textes, empreints de poésie et de réalisme, invitent à croire en l’avenir malgré les épreuves.

Dans ses chansons, l’exil devient une quête de dignité, la douleur se transforme en force, et l’amour en moteur de résilience. Cette dimension humaniste fait de lui un artiste à part, capable de toucher les cœurs au-delà des frontières.

Biographie détaillée

  • Nom de naissance : Yvon Justin

  • Nom de scène : Justiny Destiny

  • Origine : Jérémie, commune de Corail

  • Profession : Obstétricien-gynécologue, diplômé de l’Université d’État d’Haïti

  • Carrière musicale : Galaxy Band, MELO DJAZ, carrière solo

  • Thèmes musicaux : Résilience, exil, espoir, positivité

  • Collaborations : King Kino, Danola, Anie Alerte, Orchestre Septentrional, Fatima

  • Concerts internationaux : New York, Floride

Contact Presse

Pour contacter l’artiste :

  • WhatsApp : +1 516 428 7614

  • Email : justinyjustiny7@gmail.com

  • Réseaux sociaux : @Justiny Destiny (YouTube & TikTok)

Le rôle du MOUVMAN SOLIDAYITI

Depuis sa création en 1989 à Port-au-Prince, le MOUVMAN SOLIDAYITI œuvre à promouvoir les valeurs sûres de la culture haïtienne. En partenariat avec Radio Internationale d’Haïti (RIH), il multiplie les initiatives pour mettre en lumière les talents du pays.

Cet hommage à Justiny Destiny s’inscrit dans une série de programmes visant à honorer les artistes, intellectuels et figures emblématiques de la société haïtienne.

En guise de Conclusion

L’hommage rendu à Justiny Destiny par le MOUVMAN SOLIDAYITI et Radio Internationale d’Haïti (RIH) dépasse le cadre d’une simple émission musicale. Il s’agit d’un acte de reconnaissance envers un homme qui incarne la science et l’art, la médecine et la musique, la raison et l’émotion.

À travers ses chansons et son engagement, Justiny Destiny rappelle que la culture haïtienne est vivante, vibrante et porteuse d’espoir.

📻 Vous pouvez réécouter le podcast de l’émission spéciale dédiée à Justiny Destiny sur la Chaîne Youtube Officielle de Radio Internationale d’Haïti – RIH, en cliquant ici 👇🏼.

Hommage à Justiny Destiny !



Crédit ✍️ : Andy Limontas 

lundi 31 août 2026

 Massacre à Kenscoff, le chaos secoue Haïti

 Kenscoff : massacre, otages et chaos national, la tragédie Haītienne continue 


Une nuit de sang et de feu

Le massacre de Kenscoff, survenu dans la nuit du 23 au 24 août 2026, restera gravé comme l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire récente d’Haïti. Des gangs armés ont envahi la commune, semant la terreur :  

- 47 morts, dont des enfants et des femmes.  

- Plus de 50 kidnappés, retenus dans des conditions inhumaines.  

- Maisons incendiées, familles déchirées, population en fuite.  


Les habitants décrivent une atmosphère apocalyptique : cris, rafales d’armes automatiques, incendies ravageant les maisons. Kenscoff, jadis havre agricole, est devenu un champ de ruines.  


Lueur d’espoir : un citoyen engagé

Au cœur de cette tragédie, une intervention courageuse a marqué les esprits. Frè Luckson zòn pa fè Moun, citoyen engagé, avec le soutien logistique de l’UNICEF, a réussi à négocier et faciliter la libération de plusieurs otages.  

Cet acte héroïque démontre que, malgré l’effondrement institutionnel, la société civile peut encore jouer un rôle vital. La population salue ce geste comme un symbole de résistance et de solidarité.  


Port-au-Prince sous siège

La capitale vit dans une atmosphère de chaos permanent :  

- Les gangs contrôlent plus de 70 % du territoire urbain.  

- Les enlèvements sont quotidiens, touchant aussi bien les pauvres que les classes moyennes.  

- Les routes sont bloquées, les écoles fermées, les hôpitaux saturés.  


Chaque jour, Port-au-Prince ressemble à une ville assiégée. Les habitants vivent dans la peur, incapables de circuler librement, contraints de s’adapter à une violence omniprésente.  


Des dirigeants irresponsables

Face à cette catastrophe, les autorités haïtiennes apparaissent incompétentes et irresponsables. Les promesses de rétablir la sécurité restent lettre morte. Les institutions sont paralysées, incapables de protéger les citoyens.  

La population accuse les dirigeants de complicité tacite avec les gangs, ou du moins d’une indifférence criminelle.  


Analyse S.O.S. : un pays en détresse

- Sécurité effondrée : absence d’État, domination des gangs.  

- Population traumatisée : peur constante, déplacements forcés, perte de confiance.  

- Institutions défaillantes : incapacité à protéger, corruption endémique.  

- Solidarité citoyenne : initiatives locales comme celle de Frè Luckson, dernier rempart contre le chaos.  


Chaque jour compte

Le massacre de Kenscoff est un cri d’alarme. Haïti vit une situation sécuritaire catastrophique, où l’État a failli et où la population survit grâce à des actes isolés de courage.  

Mais il ne suffit pas de survivre : il faut agir. Chaque jour compte. Chaque citoyen, chaque diaspora, chaque institution internationale doit se mobiliser pour briser le cycle infernal.  




Crédit ✍️ : Radio Internationale d'Haïti - RIH 



lundi 24 août 2026

Haïti/Musique: Arold Mathieu, la basse🎸 qui fait vibrer Haïti

Un hommage attendu !

Le mardi 25 août 2026, entre 14h et 16h (heure d’Haïti), le MOUVMAN SOLIDAYITI, en partenariat avec Radio Internationale d’Haïti (RIH) et ses vingt radios associées, rendra un hommage vibrant au maestro Arold Mathieu, bassiste légendaire du Big Band Bossa Combo.  

Sous le thème « Se pandan yo vivan pou nou onore yo », cette célébration radiophonique et digitale s’inscrit dans une démarche de reconnaissance envers les figures vivantes de la musique haïtienne.  

Il s’agit du troisième hommage rendu par le MOUVMAN SOLIDAYITI à Arold Mathieu, après le 2ᵉ entretien du 1ᵉʳ février 2023, marqué par un moment de recueillement autour de la disparition du grand chanteur du Bossa Combo, Raymond Cajuste.  


Les débuts : les Frères Mathieu aux Gonaïves

Issu d’une famille passionnée de musique, Arold Mathieu fait ses premières armes aux Gonaïves, au sein du groupe familial Les Frères Mathieu.  

- C’est là qu’il découvre la basse, instrument qui deviendra son identité artistique.  

- Les Frères Mathieu animent bals populaires et fêtes locales, contribuant à la cohésion sociale.  

- Cette expérience forge chez lui discipline et sens du collectif.  


Port-au-Prince : l’aventure avec Les Deutz

Dans les années 1970, Arold Mathieu rejoint Les Deutzs, formation port-au-princienne ouverte aux influences modernes.  

- Les Deutz lui offrent une première visibilité dans la capitale.  

- Il y affine son style, mélange de rigueur rythmique et créativité harmonique.  

- Cette étape le prépare à intégrer une formation d’envergure nationale.  


L’entrée dans la légende : Bossa Combo

Le 7 décembre 1979, Arold Mathieu intègre le Big Band Bossa Combo, l’un des orchestres les plus emblématiques du compas haïtien.  

- Bossa Combo est alors au sommet de sa popularité, reconnu pour ses orchestrations puissantes et son groove irrésistible.  

- La basse de Mathieu devient le socle rythmique du groupe, donnant profondeur et stabilité aux morceaux.  

- Aux côtés de figures comme Yvon Nazaire, Jean-Claude Jules, Raymond Cajuste, et surtout Frantz Joseph alias Fanfan Danger/Kèkal, tambourineur et percussionniste du Bossa Combo, il participe à écrire une page d’or de la musique haïtienne.  


Le style d’Arold Mathieu : une basse au service du collectif

La force d’Arold Mathieu réside dans sa capacité à :  

- Soutenir le rythme avec une précision métronomique.  

- Créer des lignes mélodiques discrètes mais essentielles.  

- Servir le collectif plutôt que rechercher la mise en avant individuelle.  

Son jeu est décrit comme sobre, efficace et élégant, à l’image des grands bassistes qui savent que la puissance d’un orchestre repose sur la solidité de sa base.  


Compas, diaspora et mémoire collective

Le parcours de Mathieu illustre l’évolution du compas haïtien :  

- Des bals locaux aux Gonaïves, il passe à la scène nationale avec Les Deutzs.  

- Avec Bossa Combo, il contribue à porter le compas au-delà des frontières, notamment auprès de la diaspora haïtienne aux États-Unis.  

- Sa carrière témoigne de la capacité de la musique haïtienne à unir les communautés, en Haïti comme à l’étranger.  


L’hommage du MOUVMAN SOLIDAYITI

Le MOUVMAN SOLIDAYITI, programme radiophonique communautaire dédié à la diaspora, a choisi de mettre Arold Mathieu à l’honneur.  

- L’événement sera kianimé par Andy Limontas, journaliste et animateur.  

- Mathieu y évoquera notamment la mémoire du regretté Frantz Joseph, alias Fanfan Danger ou Fanfan Kèkal, percussionniste du Bossa Combo.  

- La retransmission simultanée sur RIH, Facebook et les 20 radios partenaires garantit une audience nationale et internationale.  

Cet hommage s’inscrit dans une démarche de valorisation des modèles vivants, afin que les musiciens reçoivent la reconnaissance qu’ils méritent de leur vivant.  


Héritage et influence

Arold Mathieu est aujourd’hui considéré comme :  

- Un passeur de mémoire reliant les générations.  

- Un modèle de discipline et d’humilité.  

- Un symbole de continuité, ayant traversé plusieurs décennies sans jamais renier son style ni son engagement.  

Son influence se mesure dans la manière dont de jeunes bassistes haïtiens citent son nom comme référence.  


Célébrer les vivants

L’hommage du 25 août 2026 est plus qu’un événement musical : c’est un acte de reconnaissance nationale.  

En honorant Arold Mathieu, le MOUVMAN SOLIDAYITI rappelle que les musiciens sont des piliers de la mémoire collective et des vecteurs d’identité culturelle.  


À travers sa basse, Mathieu a contribué à faire vibrer Haïti et sa diaspora.  

Aujourd’hui, il reçoit enfin l’hommage qu’il mérite, sous le signe de la gratitude et de la célébration.  


📻 Diffusion en direct : Radio Internationale d’Haïti (RIH)  

www.radiointernationaledhaiti.com  

📡 Simulcast : Page Facebook officielle de RIH et 20 radios partenaires  


REDIFFUSIONS 👇 

Mardi 25 août 2026 - de 22h à Minuit HT 🇭🇹 

Mercredi 26 août 2026 - 3h AM à 5h AM HT 🇭🇹 

Mercredi 26 août 2026 - 9h AM à 11h AM HT 🇭🇹 

Cliquez ici our réécouter l'émission sur le website Officiel de Radio Internationale d'Haïti - RIH  



Crédit ✍️ : Radio Internationale d'Haïti - RIH 

dimanche 23 août 2026

René Philoctète: Lettre ouverte à l’attention du milieu littéraire

Lettre ouverte à l’attention du milieu littéraire, des maisons d’édition et du public en général

Je souhaite porter à la connaissance du public une situation concernant l’œuvre de mon père, l’écrivain haïtien René Philoctète.

Son roman Le Peuple des terres mêlées, publié en 1989, a été traduit en espagnol par Mireia Porta Arnau et publié sous les titres Perejil et Río Masacre par les Éditions Barataria dont Carola Moreno est la propriétaire, en Espagne. Ces traductions ont été publiées et commercialisées sans que René Philoctète, de son vivant, ni ses ayants droit par la suite, n’aient jamais autorisé cette exploitation. 

Il convient également de souligner que la traductrice a vécu et travaillé plusieurs années en Haïti. Elle connaissait donc le contexte culturel haïtien ainsi que la place de René Philoctète dans notre littérature. 

Lorsque nous avons découvert ces publications, nous avons entrepris des démarches auprès de la traductrice et de la maison d’édition afin d’obtenir des explications et de connaître les fondements de cette exploitation. Ces démarches n’ont donné lieu à aucune réponse de la part de Carola Moreno. La seule réponse reçue de Mireia Porta Arnau fut : « Il faudrait voir ça avec l’éditrice, je n’y suis pour rien. […] Vous feriez mieux de canaliser votre énergie ailleurs… » 

Devant cette absence d’explications, nous avons saisi le ministère de la Culture et de la Communication ainsi que le Bureau Haïtien du Droit d’Auteur (BHDA). Le 30 juin 2026, le BHDA a publié dans Le Nouvelliste un avis rappelant que les œuvres de René Philoctète demeurent protégées par le droit d’auteur. 

Les faits sont clairs : une œuvre protégée a été traduite, publiée et exploitée commercialement sans l’autorisation de son auteur ni de ses ayants droit, et les démarches entreprises pour obtenir des explications sont restées sans réponse satisfaisante. 

C’est pourquoi nous dénonçons publiquement cette violation des droits d’auteur de René Philoctète et refusons que cette affaire soit réduite au silence. 

Après les démarches administratives entreprises en Haïti, nous entendons désormais donner à cette affaire toutes les suites légales appropriées, non seulement pour faire respecter les droits et la dignité de l’auteur, mais également pour faire reconnaître et réparer les préjudices causés à ses ayants droit. 


Crédit : Valérie Philoctète Châtelain 

10 août 2026

samedi 22 août 2026

David Badía à la tête des Grenadiers : un pari stratégique pour l’avenir du football haïtien

 Par Andy Limontas, journaliste animateur pour MOUVMAN SOLIDAYITI et Radio Internationale d’Haïti (RIH) 


Une annonce officielle qui marque un tournant

Le samedi 22 août 2026, la Fédération Haïtienne de Football (FHF) a confirmé la nomination du technicien espagnol David Badía Cequier comme nouveau sélectionneur de l’équipe nationale senior d’Haïti. À 51 ans, ce formateur reconnu et entraîneur expérimenté succède à Sébastien Migné, artisan de la qualification historique des Grenadiers pour la Coupe du Monde 2026. 

Cette décision intervient dans un contexte où le football haïtien cherche à consolider ses acquis, à professionnaliser son encadrement et à bâtir une stratégie durable pour les échéances futures, notamment la Gold Cup, la Ligue des Nations de la CONCACAF, et le cycle menant vers le Mondial 2030. 

 Profil et origines
- Nom complet : David Badía Cequier 
- Âge : 51 ans 
- Lieu de naissance : Gavà, Catalogne (Espagne) 
- Carrière de joueur : Défenseur central en Espagne et en Autriche 

Badía n’est pas un inconnu dans le monde du football. Sa carrière, bien que modeste en tant que joueur, lui a permis de développer une compréhension fine des exigences défensives et tactiques. Mais c’est surtout comme formateur et entraîneur qu’il s’est distingué. 

Un parcours riche et international

Formation au FC Barcelone
Entre 2012 et 2016, Badía a travaillé au sein de l’académie du FC Barcelone, l’une des plus prestigieuses au monde. Cette expérience lui a permis de côtoyer les méthodes de formation les plus avancées, centrées sur la technique, la discipline et la créativité. 

Expériences comme adjoint
Il a ensuite exercé comme entraîneur adjoint dans plusieurs clubs de haut niveau : 
- Fenerbahçe (Turquie) 
- Antalyaspor (Turquie) 
- UD Almería (Espagne) 

Ces expériences lui ont donné une vision globale du football moderne, entre rigueur tactique européenne et intensité des championnats méditerranéens. 

Entraîneur principal
Badía a dirigé plusieurs clubs en Chypre et en Pologne, dont : 
- AEK Larnaca 
- Ethnikos Achna 
- Akritas Chlorakas 
- Lechia Gdańsk 

Ces passages lui ont permis de développer une capacité d’adaptation à des environnements variés, souvent marqués par des contraintes budgétaires et des défis organisationnels. 


Mission avec Haïti
La tâche qui l’attend est immense. En succédant à Sébastien Migné, Badía hérite d’une équipe en pleine mutation, portée par l’élan de la qualification au Mondial 2026 mais confrontée à des défis structurels. 

Objectifs immédiats
- Ligue des Nations de la CONCACAF : premiers matchs contre Trinité‑et‑Tobago (24 septembre) et Costa Rica (27 septembre). 
- Préparation pour la Gold Cup : compétition phare de la région. 
- Cycle vers le Mondial 2030 : bâtir une équipe compétitive et disciplinée. 

Message aux supporters
Dans sa première déclaration officielle, Badía a repris le cri de ralliement « Grenadye Alaso ! » et ajouté « Men mwen », une formule qui traduit son engagement personnel auprès des fans et de la nation haïtienne. 


Importance pour Haïti
La nomination de David Badía traduit une volonté claire de la FHF : professionnaliser l’encadrement technique et donner aux Grenadiers une structure durable. 

Trois axes stratégiques
1. Discipline tactique : renforcer l’organisation défensive et la cohésion collective. 
2. Exploitation du vivier international : mobiliser les talents haïtiens évoluant dans les grands championnats européens et américains. 
3. Formation locale : inspirer une nouvelle génération de joueurs à travers des méthodes modernes. 

Le football haïtien dans son contexte
Haïti est un pays où le football dépasse le cadre sportif. Il est un vecteur d’identité nationale, un exutoire face aux crises sociales et politiques, et un espace de rêve pour la jeunesse. 

La qualification au Mondial 2026 a ravivé l’espoir et renforcé la visibilité internationale des Grenadiers. Mais les défis restent nombreux : infrastructures limitées, instabilité institutionnelle, manque de ressources financières. 

C’est dans ce contexte que l’arrivée de Badía prend tout son sens : apporter une expertise internationale pour compenser les faiblesses locales et structurer un projet ambitieux. 

Une comparaison historique
L’histoire du football haïtien a connu des moments de gloire, notamment la participation au Mondial 1974 en Allemagne. Mais depuis, les Grenadiers ont souvent oscillé entre espoirs et désillusions. 

La nomination de Badía peut être comparée à celle de José Luis Rugamas au Salvador ou de Claude Le Roy dans plusieurs sélections africaines : des techniciens étrangers venus apporter rigueur et méthode à des équipes en quête de stabilité. 

Perspectives et enjeux

Court terme
- Réussir les premiers matchs de Ligue des Nations pour installer la confiance. 
- Évaluer le potentiel des joueurs locaux et expatriés. 

Moyen terme
- Construire une équipe compétitive pour la Gold Cup. 
- Développer un style de jeu identifiable, basé sur discipline et créativité. 

Long terme
- Qualifier Haïti pour le Mondial 2030. 
- Laisser un héritage durable en matière de formation et d’organisation. 


La nomination de David Badía Cequier est plus qu’un simple changement d’entraîneur. Elle incarne une vision stratégique pour le football haïtien : professionnaliser, structurer et préparer l’avenir. 

Dans un pays où le football est une passion nationale, Badía devra conjuguer rigueur européenne et ferveur caribéenne pour transformer les Grenadiers en une équipe capable de rivaliser avec les meilleures sélections de la CONCACAF. 

Son défi est immense, mais son engagement et son expérience internationale offrent une lueur d’espoir. Pour Haïti, c’est une nouvelle page qui s’ouvre, avec l’ambition de faire du football un vecteur de fierté et de rayonnement mondial. 



Crédit : Andy Limontas 
Journaliste animateur – MOUVMAN SOLIDAYITI / Radio Internationale d’Haïti (RIH) 

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