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dimanche 8 février 2026

Haïti/Crise: Entre chaos et espoir, le Premier ministre haïtien jure de sauver l’État

 Haïti face au chaos, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé promet une offensive totale contre l’insécurité et la continuité de l’État

Une adresse solennelle à la nation


Le 7 février 2026, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé s’est exprimé devant la nation. Dans un contexte de crise institutionnelle et sécuritaire, il a assuré qu’il n’y aura ni vide institutionnel ni rupture de l’ordre républicain.  

Reconnaissant l’échec de la transition à organiser des élections dans les délais, il a réaffirmé la mission de l’État : restaurer la sécurité et conduire Haïti vers des élections libres, inclusives et démocratiques.  


La crise sécuritaire au cœur des priorités

Les gangs armés contrôlent une large partie du territoire, paralysant l’économie et terrorisant la population. Le Premier ministre a annoncé une offensive totale menée par la Police nationale d’Haïti (PNH), les Forces armées et une Task Force spéciale, visant à reprendre les zones occupées.  

Cette stratégie militaire s’accompagne d’un plan humanitaire d’urgence pour soutenir les populations déplacées et vulnérables.  


La continuité institutionnelle

La transition se poursuit sous l’autorité du Conseil des ministres, avec trois priorités :  

- Sécurité nationale : neutraliser les gangs.  

- Organisation des élections : garantir un scrutin crédible.  

- Redressement de l’État : lutter contre la corruption et renforcer les institutions.  


L’appel à l’unité nationale


Le Premier ministre a invité les partis politiques, la société civile, le secteur privé, la diaspora et la jeunesse à s’unir autour d’un consensus national. Selon lui, seule l’unité permettra de sortir durablement de la crise.  


La lutte contre l’impunité et la corruption

Au-delà de la sécurité, Alix Didier Fils-Aimé a promis un engagement total contre la corruption et l’impunité, afin de restaurer la confiance des citoyens envers leurs institutions.  


Le rôle de la communauté internationale

La crise haïtienne ne se joue pas uniquement sur le plan interne. Elle mobilise depuis longtemps la communauté internationale.  

- L’Organisation des États Américains (OEA), la CARICOM, l’ONU, le Canada et les États-Unis ont réaffirmé début février 2026 leur soutien à la transition et aux élections en Haïti. Ils insistent sur l’urgence d’un retour à l’ordre constitutionnel et promettent d’accompagner le pays dans cette phase critique").  

- Selon RFI, le Premier ministre bénéficie d’un soutien international qui lui permet de consolider son rôle à la fois comme chef du gouvernement et chef de l’État, dans un exécutif désormais monocéphale.  

- Depuis plusieurs années, l’ONU et divers partenaires bilatéraux multiplient les initiatives diplomatiques et les mécanismes d’assistance pour pallier l’affaiblissement des institutions et l’aggravation de l’insécurité.  


Une histoire de dépendance et de tensions

Haïti a une longue histoire de relations complexes avec la communauté internationale. Depuis l’intervention américaine au début du XXe siècle, en passant par les missions de l’ONU (MINUSTAH, puis BINUH), le pays a souvent été placé sous tutelle partielle.  

- Ces interventions ont permis de stabiliser temporairement certaines crises, mais elles ont aussi suscité des critiques sur la souveraineté nationale.  

- Aujourd’hui, l’appui international est perçu comme indispensable pour soutenir les forces haïtiennes dans leur lutte contre les gangs, mais il soulève la question de la dépendance et du risque d’ingérence.  


Analyse et perspectives

Le discours du Premier ministre marque une étape cruciale. Il tente de rassurer la population et de montrer que l’État reste debout malgré les retards électoraux et la violence.  


Mais plusieurs défis persistent :  

- Capacité militaire réelle : les forces haïtiennes pourront-elles reprendre le contrôle sans un soutien logistique international massif ?  

- Consensus politique : les divisions internes risquent de fragiliser l’appel à l’unité.  

- Crédibilité internationale : Haïti doit convaincre ses partenaires que les élections seront réellement inclusives et transparentes.  


En guise de conclusion, sachez que le 7 février 2026 restera une date charnière. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a choisi de réaffirmer la continuité de l’État et de promettre une offensive totale contre l’insécurité.  

Son discours trace une feuille de route ambitieuse : restaurer la sécurité, organiser des élections crédibles et reconstruire l’État. Mais l’avenir d’Haïti dépendra aussi de la capacité de la communauté internationale à accompagner le pays sans l’étouffer, et de la volonté des Haïtiens à s’unir pour reprendre en main leur destin.  

Ce qu'il faut surtout retenir dans tout ça, Haïti au bord du gouffre, Fils-Aimé promet une guerre totale contre les gangs.




Crédit : Radio Internationale d'Haïti 

samedi 7 février 2026

Haïti/Histoire: Les fameux « 7 février » d’avant 1986



Le président provisoire Franck Sylvain, installé le 7 février 1957


Date véritablement unique du calendrier haïtien, bien avant l’année 1986, le 7 février a vu l’installation d’autres chefs d’État, mais aussi la naissance d’illustres personnalités de notre histoire.

Depuis la chute de la dictature des Duvalier en 1986, le 7 février est devenu une date charnière de notre histoire. Cette journée symbolise à la fois l’espoir démocratique et les tourments d’une république en quête de stabilité. Le 7 février 1986 marque le départ pour l’exil de Jean-Claude Duvalier, chassé par la révolte populaire après près de trente ans de règne des Duvalier. Le pouvoir passe alors à un Conseil national de gouvernement dominé par des militaires.

Cette date reviendra ponctuer l’histoire du pays avec une régularité troublante. En 1988, Leslie Manigat prête serment comme président après des élections contestées, organisées par le CNG, plus de deux mois après le massacre sanglant du 29 novembre 1987. En 1991, Ertha Pascal-Trouillot, première et seule femme présidente d’Haïti, transmet le pouvoir à Jean-Bertrand Aristide, premier président démocratiquement élu du pays. Cinq ans plus tard, le 7 février 1996, Aristide cède l’écharpe présidentielle à René Préval, marquant la première passation pacifique entre deux présidents élus. En 2001, Préval remet le pouvoir à Aristide pour un second mandat controversé. En 2017, Jocelerme Privert transmet la présidence à Jovenel Moïse après plus d’un an de crise électorale. Un seul départ sans passation : celui de Michel Martelly en 2016, contraint de quitter le pouvoir sans successeur élu, plongeant le pays dans un vide constitutionnel.

Karl Marx écrivait que l’histoire se répète, « la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce ». En Haïti, elle semble bégayer inlassablement.


1914 : l’ascension d’Oreste Zamor

Début février 1914, les routes du Plateau Central résonnent du fracas des bottes. Emmanuel Oreste Zamor descend vers la capitale à la tête de ses « zandolites », ces paysans mercenaires rivaux des fameux Cacos. Le 2 février, aux Gonaïves, ses troupes barrent la route à Davilmar Théodore. Le combat tourne à l’avantage de Zamor. Théodore bat en retraite vers le Nord, tandis que son rival prend la direction de Port-au-Prince.

Le 7 février au matin, Zamor fait son entrée dans la capitale. L’homme a 53 ans. Il vient d’une famille militaire prestigieuse du Plateau Central, fils du général Dugué Zamor, qui compte parmi ses ancêtres les fameux frères Charles et Adrien Zamor, parents du général Moïse, neveu de Toussaint Louverture. Par son mariage avec Véronique Péralte, Emmanuel est devenu le beau-frère de Charlemagne Péralte.

Le lendemain, 8 février, l’Assemblée nationale se réunit. Par 93 voix sur 105, elle l’élit président pour sept ans.

Militaire de carrière depuis 1888, Zamor a servi comme ministre de la guerre sous Cincinnatus Leconte. Sa nomination intervient dans un contexte explosif. Le pays affronte trois crises majeures : les Cacos qui sèment le chaos, les caisses vides de l’État et la pression américaine exigeant un contrôle des finances publiques. Son prédécesseur, Michel Oreste, avait coupé les vivres aux Cacos. Erreur fatale. Ces derniers s’étaient ralliés à Davilmar Théodore et avaient contraint Michel Oreste à l’exil le 27 janvier.

Oreste Zamor hérite de cette guerre. Théodore refuse de déposer les armes et trouve un allié puissant en Rosalvo Bobo. La rébellion enfle dans le Nord. La Banque nationale fermant le robinet du crédit, le nouveau président ne peut même pas payer ses troupes. Washington multiplie les pressions. Le secrétaire d’État Osborne débarque en Haïti. Un nouvel ambassadeur américain, Bailly-Blanchard, s’installe. Le 10 décembre, les États-Unis présentent à nouveau un projet de convention pour contrôler les douanes. Projet rejeté.

Pour mater la rébellion, Zamor prend la tête de ses hommes. Mauvais calcul. À Ennery, Théodore l’écrase. Cette défaite signe sa fin. Il abandonne ses troupes, s’embarque depuis le port des Gonaïves sur un navire marchand et fuit vers l’exil, sans même remettre les pieds dans la capitale. Huit mois et dix-neuf jours après son investiture, tout est fini. Dès que la nouvelle parvient à Port-au-Prince, ses ministres désertent leurs postes et courent se réfugier dans les légations étrangères.

Le destin de Zamor bascule dans la tragédie. En 1915, sous la présidence de Vilbrun Guillaume Sam, il revient au pays sans passeport. Arrêté immédiatement, il est jeté au Pénitencier national. Le 27 juillet 1915, la capitale explose. Les partisans du Dr Bobo attaquent le Palais national. Le commandant Charles Oscar Étienne entend les tirs. Il ordonne le massacre des prisonniers politiques. Le cauchemar commence à coups de fusil et s’achève à la machette. Plus de 167 détenus sont exécutés dans leurs cellules. Parmi eux, l’ancien président Oreste Zamor. Il avait 54 ans.


1957 : les cinquante-deux jours de Franck Sylvain

Le 7 février 1957, quarante-trois ans après l’entrée triomphale de Zamor, l’Assemblée nationale élit Franck Sylvain président provisoire. Après cinq jours d’attente angoissée et de discussions sur le choix — ou non — du plus ancien juge de la Cour de cassation comme nouveau chef d’État, le corps législatif s’est enfin décidé.

Le contexte politique est explosif. Depuis le départ de Magloire le 12 décembre 1956, le pays vit sa plus longue période sans président depuis la chute de Boyer : près de dix mois. Joseph Nemours Pierre-Louis, président de la Cour de cassation, était devenu président provisoire conformément à la Constitution de 1950. Mais, soupçonné de proximité avec Magloire, il avait subi cinquante-cinq jours de pression avant de démissionner le 4 février.

La rue détient le vrai pouvoir : le "rouleau compresseur" de Fignolé à Port-au-Prince. Les candidats à la présidence sont nombreux : Déjoie, Duvalier, Fignolé, Jumelle et bien d’autres. Sur une liste de trois personnalités proposées par les candidats et les partis, l’Assemblée nationale choisit Sylvain. Le général Léon Cantave, chef d’état-major, entérine la décision.

Né le 3 août 1909 à Grand-Goâve, Franck Sylvain est avocat. Catholique fervent et anticommuniste militant, il avait fondé en 1934 le journal La Croisade. Sous Magloire, il était devenu juge d’instruction au tribunal civil de Port-au-Prince et s’était taillé une réputation solide. Mais la publication d’un avis légal fixant la fin du mandat de Magloire lui avait coûté son poste. Il avait alors créé, dans la clandestinité, le Rassemblement du peuple haïtien.

À 46 ans, Sylvain prend les rênes d’un pays au bord du gouffre. Son mandat ne durera que cinquante-deux jours. Les « kouri » se multiplient. Les affrontements entre candidats tournent parfois à la violence. Quelques bombes artisanales explosent. La découverte d’un dépôt d’explosifs à Martissant provoque la mort de deux officiers. L’enquête pointe vers des partisans de François Duvalier. On établit la complicité de Sylvain. Naïveté ou complicité réelle ? Le président est mis en résidence surveillée. Il doit démissionner le 2 avril 1957.

Les candidats créent alors un Conseil exécutif de gouvernement, sorte de CPT avant l’heure. Treize ministres croient pouvoir assumer collectivement le pouvoir exécutif sans président. C’est le fiasco. Quelques semaines plus tard, Duvalier retire ses ministres, rendant ce « Collégial » caduc. Mais avant de tomber, le Conseil laisse un piège : la révocation du général Cantave, remplacé par le colonel Pierre Armand. Les hésitations d’Armand débouchent sur un affrontement armé. Le 25 mai, le bombardement des casernes Dessalines crée la panique. Une médiation du clergé catholique obtient une trêve et la démission des deux chefs militaires.

Un compromis politique émerge : Fignolé accepte la présidence provisoire. La solution ne tient que dix-neuf jours. Fignolé est embarqué de force. Le général Kébreau forme alors une junte militaire, prend le pouvoir et rétablit l’ordre par la force. Le 22 septembre 1957, François Duvalier remporte les élections. Franck Sylvain écrira ses mémoires, publiées sous le titre « Les 56 jours de Franck Sylvain ». Il mourra le 3 janvier 1987.


Illustres naissances

Le 7 février, déjà date la plus politique du calendrier haïtien, a vu naître trois personnalités qui ont marqué la vie publique de leur époque.


Le 7 février 1826 naît Sylvain Salnave. Ce général mulâtre, très populaire, accédera à la présidence de 1867 à 1869 après avoir renversé Fabre Geffrard. Sa présidence sera marquée par une longue et brutale guerre civile. Capturé alors qu’il tente de se réfugier dans la république voisine avec ses partisans, il sera exécuté le 15 janvier 1870.


Le 7 février 1907 naît aux Cayes Anthony Lespès, écrivain, poète et homme politique. Agronome de formation, il cofondera le Parti socialiste populaire en 1946. Collaborateur de « La Revue indigène », il publiera notamment « Les Semences de la colère ». Réfugié en Jamaïque sous Duvalier, il mourra le 26 décembre 1978.


Le 7 février 1946 naît à Cavaillon le père Gérard Jean-Juste. Ce prêtre catholique militant dirigera le Centre des réfugiés haïtiens de Miami, puis la paroisse Sainte-Claire à Port-au-Prince. Il mourra le 27 mai 2009.


Le 7 février reste gravé dans la mémoire collective comme une date charnière, marquée du sceau de l’instabilité. Un siècle sépare l’arrivée au pouvoir d’Oreste Zamor de celle de Jovenel Moïse. Entre ces deux dates, le même scénario : l’espoir, la tourmente, l’échec.



Crédit: Claudel Victor

mercredi 4 février 2026

Haïti/Culture: Daniel Marcelin, l’infatigable bâtisseur du théâtre haïtien

Un visage familier des arts vivants en Haïti

Dans le paysage culturel haïtien, rares sont les figures qui suscitent autant de respect que Daniel Marcelin. Comédien, mime, metteur en scène, pédagogue et instigateur de projets artistiques, il incarne depuis plus de quatre décennies l’âme vivante du théâtre haïtien. Son parcours atypique, marqué par une curiosité insatiable et une volonté de transmettre, fait de lui un pilier incontournable.  

« Le théâtre est une arme de construction massive », aime-t-il répéter. Une phrase qui résume sa philosophie : l’art comme outil de transformation sociale. 


Les origines d’un passionné

Né en 1958, Marcelin grandit dans un environnement où la culture populaire haïtienne nourrit son imaginaire. Contrairement à beaucoup d’artistes passés par les bancs universitaires, il suit un chemin autodidacte. Il n’a pas achevé ses études secondaires, mais son appétit pour la scène et son sens inné de l’expression corporelle l’ont rapidement propulsé vers le théâtre.  

Formé au mime au Japon, il acquiert une discipline rigoureuse et une maîtrise du corps qui deviendront sa signature. Cette formation orientale lui permet de développer une approche singulière, où le silence et le geste parlent autant que les mots.  


Premières grandes expériences

Dans les années 1990, Marcelin se fait remarquer par sa collaboration avec Gabriel Garran au Théâtre International de Langue Française (TILF). Cette expérience lui ouvre les portes d’un théâtre cosmopolite.  

En 1996, il joue dans Nuits Voraces, adaptation de l’œuvre de Jacques Stephen Alexis, mise en scène par Hervé Denis au Festival d’Avignon. Cette participation marque une étape importante : Marcelin devient un ambassadeur du théâtre haïtien sur la scène internationale.  


Un homme aux multiples casquettes

De retour en Haïti, Marcelin ne se contente pas de jouer. Il multiplie les activités :  

- Radio Métropole : secrétaire de rédaction et animateur, spécialisé dans le jazz.  

- Télévision et radio : créateur de formats courts et humoristiques où il commente l’actualité haïtienne.  

- Pédagogie : fondateur du Petit Conservatoire à Port-au-Prince, une école privée où il dispense une formation d’art dramatique sur quatre ans.  

Le Petit Conservatoire s’inscrit dans une dynamique internationale : une convention de partenariat avec le Conservatoire royal de Liège est envisagée, avec un financement conjoint du ministère de la Culture haïtien et de Wallonie-Bruxelles International.  


Collaborations et créations

Marcelin collabore avec de nombreux artistes. En 2006-2007, il travaille avec Philippe Laurent sur la création de Bruits, de Karl Valentin.  

Sur scène, il brille dans des pièces comme Mort secondaire de Syto Cavé, présentée lors du Festival Quatre Chemins en 2022. Sa capacité à incarner des personnages complexes confirme son statut de comédien majeur.  


Le Festival Quatre Chemins : un carrefour des arts vivants

Parmi ses réalisations les plus marquantes figure la création du Festival Quatre Chemins à Port-au-Prince. Véritable carrefour des arts vivants, ce festival rassemble chaque année des artistes haïtiens et internationaux autour de spectacles, ateliers et débats.  

« Quatre Chemins est une respiration dans un pays qui suffoque », confiait Marcelin lors d’une édition. Le festival est devenu un espace de liberté et de réflexion, où se confrontent les réalités sociales et politiques du pays.  


Une philosophie de l’art

Ce qui distingue Marcelin, c’est sa conception du théâtre comme outil de transformation sociale. Pour lui, la scène n’est pas seulement un lieu de divertissement, mais un espace de dialogue, de critique et de prise de conscience.  

Son style, nourri par le mime et par une sensibilité poétique, vise à toucher le spectateur au-delà des mots. Il revendique un théâtre qui interroge, qui dérange parfois, mais qui ouvre toujours des horizons. 


Héritage et reconnaissance

Aujourd’hui, Daniel Marcelin est reconnu comme un monstre sacré du théâtre haïtien. Son parcours atypique inspire les jeunes générations, qui voient en lui la preuve que la passion et la persévérance peuvent suppléer aux diplômes académiques.  

Son œuvre est saluée non seulement en Haïti, mais aussi à l’étranger. Ses collaborations internationales, ses participations à des festivals et ses projets pédagogiques renforcent son aura.  

Dans un précédent article hommage, le journaliste Andy Limontas écrivait ceci :  

« Daniel est plus qu’un comédien. Il est un passeur de mémoire et d’avenir. Son rire, sa rigueur et son audace font de lui un repère dans un pays en quête de repères. »  


Pour couronner le tout, il faut dire que Daniel Marcelin incarne l’essence même du théâtre haïtien : une force de vie, une résistance culturelle, une quête de beauté et de vérité. Son engagement dépasse la scène pour toucher la société dans son ensemble.  

À travers ses rôles, ses initiatives et son enseignement, il a bâti un pont entre Haïti et le monde, entre tradition et modernité, entre art et citoyenneté.  

Nous avions raison de lui rendre hommage : Marcelin est bien plus qu’un comédien, il est un bâtisseur de culture.  




Crédit : Radio Internationale d'Haïti avec Andy Limontas

mardi 3 février 2026

TPS Haïti/USA : Vers une bataille décisive devant la Cour Suprême des États-Unis

 

Le Statut de Protection Temporaire (TPS) pour les ressortissants haïtiens aux États-Unis est au cœur d’une bataille juridique et politique qui pourrait marquer un tournant historique. Le 2 février 2026, la juge fédérale Ana C. Reyes a annulé la suspension du programme, redonnant espoir à des milliers de familles haïtiennes. Mais le Département de la Sécurité intérieure (DHS) a immédiatement annoncé qu’il porterait l’affaire devant la Cour Suprême des États-Unis, ouvrant la voie à une confrontation décisive.  

Derrière ce bras de fer institutionnel se cachent des enjeux humains, politiques et diplomatiques majeurs. Plus de 300 000 Haïtiens vivent aux États-Unis sous le régime du TPS, souvent depuis plus de quinze ans. Leur avenir dépend désormais de la décision de la plus haute juridiction américaine.


Qu’est-ce que le TPS ?

Le Temporary Protected Status (TPS) est un dispositif créé par le Congrès américain en 1990. Il permet aux ressortissants de pays confrontés à des crises majeures – catastrophes naturelles, conflits armés, instabilité politique – de résider et travailler légalement aux États-Unis pour une durée déterminée.  

- Objectif initial : offrir une protection humanitaire temporaire.  

- Caractère légal : il ne constitue pas une voie vers la résidence permanente ni vers la citoyenneté.  

- Pays bénéficiaires : outre Haïti, des pays comme le Salvador, le Honduras, le Venezuela ou le Soudan ont bénéficié du TPS.  

Pour Haïti, le TPS a été instauré après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, qui avait fait plus de 200 000 morts et plongé le pays dans une crise humanitaire sans précédent.


Chronologie du TPS pour Haïti (2010 – 2026)

- 2010 : instauration du TPS pour Haïti après le séisme.  

- 2011 – 2016 : prolongations successives en raison de l’instabilité persistante.  

- 2017 : l’administration Trump annonce vouloir mettre fin au TPS pour Haïti, mais des recours judiciaires suspendent la décision.  

- 2018 – 2020 : prolongations temporaires sous pression des tribunaux et du Congrès.  

- 2021 : après l’assassinat du président Jovenel Moïse, l’administration Biden prolonge le TPS, invoquant l’insécurité et le chaos politique.  

- 2023 – 2025 : nouvelles extensions, justifiées par la montée des gangs armés et l’effondrement institutionnel.  

- 2 février 2026 : la juge Ana C. Reyes annule la suspension du TPS, estimant que la décision du DHS violait les principes de droit administratif.  

- Février 2026 : le DHS annonce qu’il portera l’affaire devant la Cour Suprême.  

Cette chronologie illustre la tension constante entre le caractère temporaire du TPS et la réalité prolongée des crises en Haïti.


La décision du 2 février 2026

La juge Ana C. Reyes a estimé que la suspension du TPS pour Haïti ne respectait pas les principes de droit administratif et portait atteinte aux droits fondamentaux des bénéficiaires. En annulant cette suspension, elle a redonné espoir à des milliers de familles haïtiennes menacées d’expulsion.  

Cette décision a été immédiatement saluée par les associations de défense des migrants et par la diaspora haïtienne, qui y voient une reconnaissance de la réalité dramatique en Haïti. Mais elle a aussi déclenché une réaction ferme du DHS.


La réaction du DHS

Tricia McLaughlin, Sous-secrétaire du DHS, a dénoncé la décision de la juge Reyes comme un acte d’« activisme juridique sans fondement ». Dans une déclaration officielle publiée sur X, elle a rappelé que le TPS est par définition temporaire et qu’il n’a jamais été conçu comme une amnistie permanente.  

 « Temporary signifie temporaire, et le mot final ne sortira pas d’un juge activiste légiférant depuis le banc », a-t-elle affirmé.  

Le DHS a donc annoncé qu’il porterait l’affaire devant la Cour Suprême des États-Unis, la plus haute instance judiciaire du pays. Cette démarche traduit la volonté du gouvernement de réaffirmer son autorité en matière de politique migratoire et de limiter l’interprétation expansive du TPS par les tribunaux.


Les enjeux humains : 300 000 vies suspendues

Derrière les débats juridiques et politiques, ce sont des vies humaines qui se jouent. Plus de 300 000 Haïtiens vivent actuellement aux États-Unis sous le régime du TPS. Beaucoup sont arrivés après le séisme de 2010 et ont construit leur vie outre-Atlantique :  

- Travail : une majorité occupe des emplois essentiels, notamment dans la santé, la construction et les services.  

- Famille : nombre d’entre eux ont fondé des familles, avec des enfants nés aux États-Unis et donc citoyens américains.  

- Intégration : après plus de 15 ans, beaucoup sont profondément intégrés dans la société américaine.  

La fin du TPS signifierait pour eux un retour forcé en Haïti, un pays en proie à une crise multidimensionnelle : insécurité généralisée, effondrement institutionnel, pauvreté extrême et émigration massive.


Haïti : un pays en crise permanente

Depuis le séisme de 2010, Haïti n’a jamais retrouvé de stabilité. Le pays est aujourd’hui confronté à :  

- Un vide politique : assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, absence d’élections crédibles, institutions paralysées.  

- Une insécurité endémique : gangs armés contrôlant une grande partie du territoire, enlèvements et violences quotidiennes.  

- Un effondrement économique : monnaie dévaluée, chômage massif, dépendance aux transferts de la diaspora.  

- Une crise humanitaire : catastrophes naturelles récurrentes, insécurité alimentaire chronique.  

Dans ce contexte, un retour massif des bénéficiaires du TPS serait perçu comme une catastrophe humanitaire supplémentaire.


Les arguments des deux camps

1. Le DHS

- Le TPS est temporaire par définition.  

- Son prolongement indéfini revient à contourner le Congrès et à créer une amnistie de facto.  

- La politique migratoire doit rester sous le contrôle de l’exécutif, et non des juges.  


2. Les défenseurs du TPS

- Haïti reste dans une situation exceptionnelle qui justifie la prolongation.  

- Les bénéficiaires sont intégrés et contribuent à l’économie américaine.  

- Mettre fin au TPS serait une décision inhumaine et contraire aux valeurs humanitaires des États-Unis.  


Vers une bataille devant la Cour Suprême

La décision du DHS de saisir la Cour Suprême ouvre une nouvelle phase. La haute juridiction devra trancher sur des questions cruciales :  

- Le TPS peut-il être prolongé indéfiniment en raison de circonstances exceptionnelles ?  

- Les juges fédéraux ont-ils le pouvoir de contraindre l’exécutif à maintenir le programme ?  

- Quelle est la limite entre protection humanitaire et politique migratoire ?  

La Cour Suprême, dominée par une majorité conservatrice, pourrait être tentée de restreindre l’usage du TPS afin de réaffirmer le caractère temporaire du dispositif. Mais elle devra aussi tenir compte des implications humanitaires et diplomatiques.


Les implications politiques

Le dossier TPS Haïti s’inscrit dans un contexte politique plus large :  

- Immigration : sujet central du débat national, souvent instrumentalisé dans les campagnes électorales.  

- Relations internationales : une décision de renvoi massif pourrait fragiliser davantage Haïti et accroître la pression migratoire vers les États-Unis.  

- Diaspora haïtienne : très active politiquement, notamment en Floride et à New York, elle pourrait influencer le vote dans certains États clés.  


En conclusion

Le sort du TPS pour Haïti est désormais suspendu à la décision de la Cour Suprême. Entre le respect du caractère temporaire du programme et la nécessité humanitaire de protéger des milliers de vies, les juges devront arbitrer une question qui dépasse le droit pour toucher au cœur des valeurs américaines.  

Pour les Haïtiens concernés, l’attente est angoissante. Beaucoup craignent de voir s’effondrer en quelques mois des années de vie construite aux États-Unis. D’autres espèrent que la justice reconnaîtra la réalité dramatique de leur pays d’origine.  

Quoi qu’il en soit, cette bataille juridique marquera un tournant dans l’histoire du TPS et dans la politique migratoire américaine.  




Crédit :  Andy Limontas 


TPS pour Haïti: Une décision judiciaire qui change la donne et soulage la communauté haïtienne.

Le lundi 2 février 2026, la juge fédérale Ana C. Reyes a rendu une décision qui résonne fortement au sein de la diaspora haïtienne aux États-Unis. En bloquant la tentative de suppression du Statut de Protection Temporaire (TPS) pour Haïti, elle a offert un répit à plus de 350 000 immigrants haïtiens, leur permettant de conserver leur autorisation de travail et leur protection contre l’expulsion.  

Cette décision, au-delà de son aspect juridique, met en lumière les tensions persistantes entre la politique migratoire américaine et les réalités humanitaires auxquelles Haïti est confronté. Elle soulève des questions cruciales : le TPS doit-il rester un outil strictement temporaire ou évoluer vers une solution plus durable pour les populations qui en dépendent depuis plus d’une décennie ?


Le TPS : un dispositif entre humanitaire et politique

Créé en 1990, le Temporary Protected Status est une mesure exceptionnelle permettant aux ressortissants de pays frappés par des crises majeures de résider légalement aux États-Unis.  

Ses caractéristiques principales :

- Protection contre l’expulsion.  

- Autorisation de travail.  

- Caractère temporaire, sans voie directe vers la résidence permanente.  

Le TPS est régulièrement renouvelé ou suspendu par le Département de la Sécurité intérieure (DHS), en fonction de l’évolution des crises dans les pays concernés.  


Haïti et le TPS : une histoire longue et douloureuse

Haïti bénéficie du TPS depuis le séisme de 2010, qui a fait plus de 200 000 morts et détruit une grande partie des infrastructures. Depuis, les renouvellements successifs se justifient par :  

- Catastrophes naturelles récurrentes : ouragans, inondations, tremblements de terre.  

- Instabilité politique chronique : assassinats de dirigeants, corruption, effondrement institutionnel.  

- Violence généralisée : gangs armés, enlèvements, insécurité permanente.  

- Crise humanitaire : pauvreté extrême, insécurité alimentaire, manque d’accès aux soins.  

Pour de nombreux Haïtiens, le TPS est devenu bien plus qu’une mesure temporaire : c’est une bouée de sauvetage.


La décision du 2 février 2026 !

La juge Ana C. Reyes a estimé que mettre fin au TPS dans le contexte actuel serait prématuré et dangereux. Sa décision bloque temporairement la suppression, garantissant aux bénéficiaires haïtiens la possibilité de rester aux États-Unis pendant que l’affaire suit son cours devant les tribunaux.  


Impact immédiat :

- Soulagement pour les familles.  

- Stabilité économique pour les travailleurs.  

- Temps supplémentaire pour les avocats et associations.  


Les réactions de la communauté haïtienne

La diaspora haïtienne aux États-Unis a accueilli la nouvelle avec un mélange de soulagement et de prudence.  

- Responsables communautaires : ils saluent une victoire temporaire.  

- Familles haïtiennes : elles expriment leur gratitude mais restent conscientes que la bataille n’est pas terminée.  

- Organisations de défense des droits des immigrants : elles voient dans cette décision une reconnaissance des réalités humanitaires.  


Les arguments du gouvernement fédéral

Le DHS rappelle que le TPS est censé rester temporaire. Selon lui, prolonger indéfiniment ce statut revient à créer une forme de résidence permanente de facto.  

Points avancés :

- Le TPS n’est pas un chemin vers la citoyenneté.  

- Les bénéficiaires doivent se préparer à un retour éventuel.  

- Maintenir le TPS trop longtemps risque de créer une dépendance.  


Les enjeux humanitaires

La décision de la juge Reyes ne peut être comprise sans tenir compte de la situation actuelle en Haïti.  

- Violence et insécurité : gangs armés, enlèvements, affrontements.  

- Crise politique : assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, élections reportées.  

- Crise humanitaire : pauvreté, insécurité alimentaire, accès limité aux soins.  

Dans ce contexte, renvoyer des milliers de personnes en Haïti serait perçu comme inhumain.


Les implications économiques

Les bénéficiaires du TPS contribuent à l’économie américaine.  

- Main-d’œuvre essentielle dans la santé, la construction, la restauration.  

- Envois de fonds vers Haïti, soutenant l’économie locale.  

- Paiement d’impôts et participation au financement des services publics.  

Supprimer le TPS aurait des conséquences économiques négatives, tant aux États-Unis qu’en Haïti.


Les perspectives juridiques

La décision de la juge Reyes n’est qu’une étape.  

- Procédures en appel possibles.  

- Durée incertaine du maintien du TPS.  

- Influence potentielle sur l’interprétation future du caractère temporaire du TPS.  


Les débats politiques

Le TPS est au cœur d’un débat plus large sur l’immigration.  

- Partisans du maintien : valeurs humanitaires, contribution des immigrants.  

- Opposants : dérive vers une régularisation permanente.  

- Élus du Congrès : certains plaident pour une réforme offrant un chemin vers la résidence permanente.  


En guise de Conclusion

La décision du 2 février 2026 représente une victoire temporaire pour les familles haïtiennes aux États-Unis. Elle illustre la complexité du TPS : un programme conçu comme temporaire, mais devenu indispensable face à des crises prolongées.  

Au-delà des aspects juridiques, cette affaire met en lumière des enjeux humains, économiques et politiques. Elle pose une question fondamentale : jusqu’où les États-Unis doivent-ils aller pour protéger les populations vulnérables, tout en respectant le cadre légal de l’immigration ?  


Pour l’instant, les bénéficiaires haïtiens du TPS peuvent respirer. Mais l’avenir reste incertain, suspendu aux décisions des tribunaux et aux choix politiques des dirigeants américains.




Crédit: Andy Limontas

lundi 2 février 2026

Haïti/Crise: L'hélicoptère de l'ONU, unique moyen de transport sûr face aux gangs de Port-au-Prince

En Haïti, les gangs contrôlent aujourd'hui environ 85% de Port-au-Prince. Se rendre dans la capitale ou en partir est devenu quasi mission impossible, surtout par les airs. Plus aucune compagnie ne dessert la ville en raison de l'insécurité. Pour le personnel humanitaire, il ne reste qu'un moyen de transport jugé relativement sûr : la navette en hélicoptère assurée par l'UNHAS, le service aérien des Nations unies. Elle relie Port-au-Prince à la deuxième ville du pays, Cap-Haïtien.

L'un des deux hélicoptères de l'UNHAS qui assure la liaison entre Port-au-Prince et différentes villes de province vient de se poser sur un petit terrain à Pétion-Ville, sur les hauteurs de la capitale haïtienne. 

Ce matin-là, à Cap-Haïtien, une douzaine de passagers embarquent dans l'hélicoptère blanc de l'UNHAS (Service aérien d’aide humanitaire des Nations unies), géré par le Programme alimentaire mondial (PAM). Le trajet jusqu'à Port-au-Prince dure environ quarante minutes. On survole un paysage montagneux, sec et aride.

L'hélicoptère se pose finalement sur un petit terrain à Pétion-Ville, dans la banlieue de la capitale. Parmi les passagers qui descendent, on retrouve une employée du Comité international de la Croix-Rouge. « C'est, pour le moment, l'unique moyen de voyage pour entrer et sortir de Port-au-Prince. »


La sécurité au coeur de chaque vol

La sécurité est au cœur de chaque vol. Le protocole est particulièrement strict, explique Robine Jean-Baptiste de l'UNHAS : « Chaque matin, nous avons une révision sécuritaire. Si on doit retarder le vol, on le retarde. Si le vol doit être suspendu, on le suspend. On ne veut mettre personne en danger ».

Pour éviter les tirs et les balles perdues, les deux hélicoptères de l'UNHAS qui assurent ces rotations contournent soigneusement les zones de Port-au-Prince contrôlées par les gangs.

Aujourd'hui, plus de 180 organisations humanitaires en Haïti dépendent de ce mode de transport. Parallèlement, de plus en plus d'hélicoptères privés sillonnent le ciel haïtien. Un moyen de déplacement réservé à une élite fortunée.



Crédit: Achim Lippold et Justine Fontaine avec RFI


samedi 31 janvier 2026

L'étranger qui vit en Haïti est un espion et l'haïtien qui fuit Haïti est un modèle

 

L’ÉTRANGER QUI VIT EN HAÏTI EST UN ESPION, ET L’HAÏTIEN QUI FUIT HAÏTI EST UN MODÈLE...

Dans la société haïtienne, l’Haïtien peut vivre à Miami, à Montréal, à Paris, à Londres, à Madrid, à São Paulo, à Mexico, à Santo Domingo, aux Bahamas, au Suriname, au Chili, aux îles Turks & Caicos, en Guyane Française,  en Guadeloupe, à la Martinique, ou n’importe où ailleurs sur la planète, sans jamais être suspect.

Mais quand un étranger décide de vivre en Haïti, d’y manger, d’y parler le créole comme les Haïtiens, d’y rester et d’aimer le pays publiquement, il devient aussitôt un infiltré, un espion, un agent double, ou encore un « blan pa bon ». Cette logique n’obéit à aucune règle rationnelle tout en relevant du réflexe, du traumatisme et d’une méfiance devenue une  culture et un symptôme national.

Frère Joël TRIMBLE est le miroir qui dérange, non pas parce qu’il accuse, mais parce qu’il montre les bonnes choses d'Haiti. Ce qu’il montre met mal à l’aise tous ceux qui ont cessé d’assumer Haïti tout en prétendant de la défendre.


FRÈRE JOËL : LA PROMOTION D’HAÏTI SANS BUDGET, SANS ONG, SANS DISCOURS 

Frère Joël TRIMBLE ne dispose pas de millions, de projets subventionnés et de structures lourdes. Il lui suffit d’un plat de riz, d’un œuf, d’un sourire et d’une caméra. Et Haïti respire. Il montre le pays tel qu’il est avec une empathie très humaine, très vivante, chaleureuse et digne. Il donne envie de revenir, de rester et de réconcilier l’image d’Haïti avec la réalité de son peuple.

Beaucoup d’Haïtiens ne font pas pour Haïti le dixième de ce que cet homme accomplit, gratuitement, par sa conviction et son attachement réel à cette grande Nation.


JOËL ET YVONNE TRIMBLE : 40 ANS EN HAÏTI, TOUJOURS «PAS ASSEZ HAÏTIENS »

Frère Joël et son épouse Yvonne TRIMBLE ne sont pas des touristes humanitaires. Ils ne sont pas venus de voir Haïti, ou de tester un projet. Ils sont venus vivre en Haïti, sont restés et y sont enracinés. Depuis 1981, ils vivent dans un pays où beaucoup de nationaux organisent leur départ dès l’enfance pour fuir Haiti à tout prix. Ils fondent une église de 7 000 fidèles bien avant le départ de l'ancien régime de  Jean-Claude DUVALIER en 1986. 

En 2005, ils investissent leurs propres moyens dans la télévision et lancent l’émission La Bonne Nouvèl, aujourd’hui forte de plus de 90 épisodes diffusés sur 80 chaînes en Haïti et aux États-Unis d'Amérique. En 2010, après le violent tremblement de terre de 35 secondes d'une magnitude 7.0 sur l’échelle de Richter, alors que l’État haïtien est absent et que la peur domine, ils organisent une croisade de 100 000 personnes devant les ruines du Palais national.

Malgré cela, nombreux haitiens dépourvus d'esprit d'ouverture continuent de dire, sans aucun argument solide « Misye pa bon. Se yon ajan ameriken» La faute de Frère Joël TRIMBLE est simple parce qu'il s’est adapté comme les Haïtiens. Il mange sans complexe ce que mange le peuple haïtien. Il vit comme vit le peuple et parle le créole avec une dextérité sans aucune condescendance. Il ne demande pas à Haïti de devenir l’Amérique. Et surtout, le fait qu'il jouit du pays cela suffit pour lui de devenir suspect, car jouir d'un pays semble réservé à ceux qui le dénigrent, et jamais à ceux qui le respectent. 

Par contre, certains compatriotes en Haiti et dans la diaspora refusent que leurs enfants parlent le créole, et programment leur avenir sur plusieurs générations hors du pays et n’investissent  rien en Haiti, mais ils trouvent encore l'audace et l’énergie morale pour juger un étranger qui, lui, a construit paisiblement un héritage local.


LES VRAIS DANGERS NE SONT JAMAIS INQUIÉTÉS 

Chose certaine, les étrangers qui travaillent contre Haïti sont rarement questionnés ou soupçonnés. Ils distribuent des visas, des per diem et des contrats d’ONG, mais ils sont acceptés et honorés. En revanche, l’étranger qui respecte la culture haïtienne, s’intègre, bâtit et laisse une trace durable devient un suspect.

On se souvient pourtant d’un pasteur missionnaire à Limbé dans le Nord d’Haïti, qui, après plus de 30 ans, a laissé le musée Guayaba, l’un des rares à avoir conservé des objets culturels africains, indigènes et liés à l’esclavage. Combien de dirigeants « révolutionnaires » haitiens sont partis sans même laisser une latrine fonctionnelle ?  Le scandale n’est pas que des étrangers aiment Haïti. 

Par ricochet, le scandale, c’est que nous soupçonnons l’amour plus vite que la trahison parce qu'en Haïti, celui qui fuit est excusé, celui qui reste est ridiculisé et celui qui aime Haiti est un suspect. Et pourtant, Frère Joël est  toujours là,  calme, solide et en bonne santé. Un seul Frère Joël pour tout une Nation. Et c’est La Bonne Nouvelle.



Crédit: Amos CINCIR 

Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique 

Ambassadeur du Royaume 

1er Février 2026

Haïti/Crise: Entre chaos et espoir, le Premier ministre haïtien jure de sauver l’État

 Haïti face au chaos, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé promet une offensive totale contre l’insécurité et la continuité de l’État U...