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mardi 3 février 2026

TPS Haïti/USA : Vers une bataille décisive devant la Cour Suprême des États-Unis

 

Le Statut de Protection Temporaire (TPS) pour les ressortissants haïtiens aux États-Unis est au cœur d’une bataille juridique et politique qui pourrait marquer un tournant historique. Le 2 février 2026, la juge fédérale Ana C. Reyes a annulé la suspension du programme, redonnant espoir à des milliers de familles haïtiennes. Mais le Département de la Sécurité intérieure (DHS) a immédiatement annoncé qu’il porterait l’affaire devant la Cour Suprême des États-Unis, ouvrant la voie à une confrontation décisive.  

Derrière ce bras de fer institutionnel se cachent des enjeux humains, politiques et diplomatiques majeurs. Plus de 300 000 Haïtiens vivent aux États-Unis sous le régime du TPS, souvent depuis plus de quinze ans. Leur avenir dépend désormais de la décision de la plus haute juridiction américaine.


Qu’est-ce que le TPS ?

Le Temporary Protected Status (TPS) est un dispositif créé par le Congrès américain en 1990. Il permet aux ressortissants de pays confrontés à des crises majeures – catastrophes naturelles, conflits armés, instabilité politique – de résider et travailler légalement aux États-Unis pour une durée déterminée.  

- Objectif initial : offrir une protection humanitaire temporaire.  

- Caractère légal : il ne constitue pas une voie vers la résidence permanente ni vers la citoyenneté.  

- Pays bénéficiaires : outre Haïti, des pays comme le Salvador, le Honduras, le Venezuela ou le Soudan ont bénéficié du TPS.  

Pour Haïti, le TPS a été instauré après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, qui avait fait plus de 200 000 morts et plongé le pays dans une crise humanitaire sans précédent.


Chronologie du TPS pour Haïti (2010 – 2026)

- 2010 : instauration du TPS pour Haïti après le séisme.  

- 2011 – 2016 : prolongations successives en raison de l’instabilité persistante.  

- 2017 : l’administration Trump annonce vouloir mettre fin au TPS pour Haïti, mais des recours judiciaires suspendent la décision.  

- 2018 – 2020 : prolongations temporaires sous pression des tribunaux et du Congrès.  

- 2021 : après l’assassinat du président Jovenel Moïse, l’administration Biden prolonge le TPS, invoquant l’insécurité et le chaos politique.  

- 2023 – 2025 : nouvelles extensions, justifiées par la montée des gangs armés et l’effondrement institutionnel.  

- 2 février 2026 : la juge Ana C. Reyes annule la suspension du TPS, estimant que la décision du DHS violait les principes de droit administratif.  

- Février 2026 : le DHS annonce qu’il portera l’affaire devant la Cour Suprême.  

Cette chronologie illustre la tension constante entre le caractère temporaire du TPS et la réalité prolongée des crises en Haïti.


La décision du 2 février 2026

La juge Ana C. Reyes a estimé que la suspension du TPS pour Haïti ne respectait pas les principes de droit administratif et portait atteinte aux droits fondamentaux des bénéficiaires. En annulant cette suspension, elle a redonné espoir à des milliers de familles haïtiennes menacées d’expulsion.  

Cette décision a été immédiatement saluée par les associations de défense des migrants et par la diaspora haïtienne, qui y voient une reconnaissance de la réalité dramatique en Haïti. Mais elle a aussi déclenché une réaction ferme du DHS.


La réaction du DHS

Tricia McLaughlin, Sous-secrétaire du DHS, a dénoncé la décision de la juge Reyes comme un acte d’« activisme juridique sans fondement ». Dans une déclaration officielle publiée sur X, elle a rappelé que le TPS est par définition temporaire et qu’il n’a jamais été conçu comme une amnistie permanente.  

 « Temporary signifie temporaire, et le mot final ne sortira pas d’un juge activiste légiférant depuis le banc », a-t-elle affirmé.  

Le DHS a donc annoncé qu’il porterait l’affaire devant la Cour Suprême des États-Unis, la plus haute instance judiciaire du pays. Cette démarche traduit la volonté du gouvernement de réaffirmer son autorité en matière de politique migratoire et de limiter l’interprétation expansive du TPS par les tribunaux.


Les enjeux humains : 300 000 vies suspendues

Derrière les débats juridiques et politiques, ce sont des vies humaines qui se jouent. Plus de 300 000 Haïtiens vivent actuellement aux États-Unis sous le régime du TPS. Beaucoup sont arrivés après le séisme de 2010 et ont construit leur vie outre-Atlantique :  

- Travail : une majorité occupe des emplois essentiels, notamment dans la santé, la construction et les services.  

- Famille : nombre d’entre eux ont fondé des familles, avec des enfants nés aux États-Unis et donc citoyens américains.  

- Intégration : après plus de 15 ans, beaucoup sont profondément intégrés dans la société américaine.  

La fin du TPS signifierait pour eux un retour forcé en Haïti, un pays en proie à une crise multidimensionnelle : insécurité généralisée, effondrement institutionnel, pauvreté extrême et émigration massive.


Haïti : un pays en crise permanente

Depuis le séisme de 2010, Haïti n’a jamais retrouvé de stabilité. Le pays est aujourd’hui confronté à :  

- Un vide politique : assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, absence d’élections crédibles, institutions paralysées.  

- Une insécurité endémique : gangs armés contrôlant une grande partie du territoire, enlèvements et violences quotidiennes.  

- Un effondrement économique : monnaie dévaluée, chômage massif, dépendance aux transferts de la diaspora.  

- Une crise humanitaire : catastrophes naturelles récurrentes, insécurité alimentaire chronique.  

Dans ce contexte, un retour massif des bénéficiaires du TPS serait perçu comme une catastrophe humanitaire supplémentaire.


Les arguments des deux camps

1. Le DHS

- Le TPS est temporaire par définition.  

- Son prolongement indéfini revient à contourner le Congrès et à créer une amnistie de facto.  

- La politique migratoire doit rester sous le contrôle de l’exécutif, et non des juges.  


2. Les défenseurs du TPS

- Haïti reste dans une situation exceptionnelle qui justifie la prolongation.  

- Les bénéficiaires sont intégrés et contribuent à l’économie américaine.  

- Mettre fin au TPS serait une décision inhumaine et contraire aux valeurs humanitaires des États-Unis.  


Vers une bataille devant la Cour Suprême

La décision du DHS de saisir la Cour Suprême ouvre une nouvelle phase. La haute juridiction devra trancher sur des questions cruciales :  

- Le TPS peut-il être prolongé indéfiniment en raison de circonstances exceptionnelles ?  

- Les juges fédéraux ont-ils le pouvoir de contraindre l’exécutif à maintenir le programme ?  

- Quelle est la limite entre protection humanitaire et politique migratoire ?  

La Cour Suprême, dominée par une majorité conservatrice, pourrait être tentée de restreindre l’usage du TPS afin de réaffirmer le caractère temporaire du dispositif. Mais elle devra aussi tenir compte des implications humanitaires et diplomatiques.


Les implications politiques

Le dossier TPS Haïti s’inscrit dans un contexte politique plus large :  

- Immigration : sujet central du débat national, souvent instrumentalisé dans les campagnes électorales.  

- Relations internationales : une décision de renvoi massif pourrait fragiliser davantage Haïti et accroître la pression migratoire vers les États-Unis.  

- Diaspora haïtienne : très active politiquement, notamment en Floride et à New York, elle pourrait influencer le vote dans certains États clés.  


En conclusion

Le sort du TPS pour Haïti est désormais suspendu à la décision de la Cour Suprême. Entre le respect du caractère temporaire du programme et la nécessité humanitaire de protéger des milliers de vies, les juges devront arbitrer une question qui dépasse le droit pour toucher au cœur des valeurs américaines.  

Pour les Haïtiens concernés, l’attente est angoissante. Beaucoup craignent de voir s’effondrer en quelques mois des années de vie construite aux États-Unis. D’autres espèrent que la justice reconnaîtra la réalité dramatique de leur pays d’origine.  

Quoi qu’il en soit, cette bataille juridique marquera un tournant dans l’histoire du TPS et dans la politique migratoire américaine.  




Crédit :  Andy Limontas 


TPS pour Haïti: Une décision judiciaire qui change la donne et soulage la communauté haïtienne.

Le lundi 2 février 2026, la juge fédérale Ana C. Reyes a rendu une décision qui résonne fortement au sein de la diaspora haïtienne aux États-Unis. En bloquant la tentative de suppression du Statut de Protection Temporaire (TPS) pour Haïti, elle a offert un répit à plus de 350 000 immigrants haïtiens, leur permettant de conserver leur autorisation de travail et leur protection contre l’expulsion.  

Cette décision, au-delà de son aspect juridique, met en lumière les tensions persistantes entre la politique migratoire américaine et les réalités humanitaires auxquelles Haïti est confronté. Elle soulève des questions cruciales : le TPS doit-il rester un outil strictement temporaire ou évoluer vers une solution plus durable pour les populations qui en dépendent depuis plus d’une décennie ?


Le TPS : un dispositif entre humanitaire et politique

Créé en 1990, le Temporary Protected Status est une mesure exceptionnelle permettant aux ressortissants de pays frappés par des crises majeures de résider légalement aux États-Unis.  

Ses caractéristiques principales :

- Protection contre l’expulsion.  

- Autorisation de travail.  

- Caractère temporaire, sans voie directe vers la résidence permanente.  

Le TPS est régulièrement renouvelé ou suspendu par le Département de la Sécurité intérieure (DHS), en fonction de l’évolution des crises dans les pays concernés.  


Haïti et le TPS : une histoire longue et douloureuse

Haïti bénéficie du TPS depuis le séisme de 2010, qui a fait plus de 200 000 morts et détruit une grande partie des infrastructures. Depuis, les renouvellements successifs se justifient par :  

- Catastrophes naturelles récurrentes : ouragans, inondations, tremblements de terre.  

- Instabilité politique chronique : assassinats de dirigeants, corruption, effondrement institutionnel.  

- Violence généralisée : gangs armés, enlèvements, insécurité permanente.  

- Crise humanitaire : pauvreté extrême, insécurité alimentaire, manque d’accès aux soins.  

Pour de nombreux Haïtiens, le TPS est devenu bien plus qu’une mesure temporaire : c’est une bouée de sauvetage.


La décision du 2 février 2026 !

La juge Ana C. Reyes a estimé que mettre fin au TPS dans le contexte actuel serait prématuré et dangereux. Sa décision bloque temporairement la suppression, garantissant aux bénéficiaires haïtiens la possibilité de rester aux États-Unis pendant que l’affaire suit son cours devant les tribunaux.  


Impact immédiat :

- Soulagement pour les familles.  

- Stabilité économique pour les travailleurs.  

- Temps supplémentaire pour les avocats et associations.  


Les réactions de la communauté haïtienne

La diaspora haïtienne aux États-Unis a accueilli la nouvelle avec un mélange de soulagement et de prudence.  

- Responsables communautaires : ils saluent une victoire temporaire.  

- Familles haïtiennes : elles expriment leur gratitude mais restent conscientes que la bataille n’est pas terminée.  

- Organisations de défense des droits des immigrants : elles voient dans cette décision une reconnaissance des réalités humanitaires.  


Les arguments du gouvernement fédéral

Le DHS rappelle que le TPS est censé rester temporaire. Selon lui, prolonger indéfiniment ce statut revient à créer une forme de résidence permanente de facto.  

Points avancés :

- Le TPS n’est pas un chemin vers la citoyenneté.  

- Les bénéficiaires doivent se préparer à un retour éventuel.  

- Maintenir le TPS trop longtemps risque de créer une dépendance.  


Les enjeux humanitaires

La décision de la juge Reyes ne peut être comprise sans tenir compte de la situation actuelle en Haïti.  

- Violence et insécurité : gangs armés, enlèvements, affrontements.  

- Crise politique : assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, élections reportées.  

- Crise humanitaire : pauvreté, insécurité alimentaire, accès limité aux soins.  

Dans ce contexte, renvoyer des milliers de personnes en Haïti serait perçu comme inhumain.


Les implications économiques

Les bénéficiaires du TPS contribuent à l’économie américaine.  

- Main-d’œuvre essentielle dans la santé, la construction, la restauration.  

- Envois de fonds vers Haïti, soutenant l’économie locale.  

- Paiement d’impôts et participation au financement des services publics.  

Supprimer le TPS aurait des conséquences économiques négatives, tant aux États-Unis qu’en Haïti.


Les perspectives juridiques

La décision de la juge Reyes n’est qu’une étape.  

- Procédures en appel possibles.  

- Durée incertaine du maintien du TPS.  

- Influence potentielle sur l’interprétation future du caractère temporaire du TPS.  


Les débats politiques

Le TPS est au cœur d’un débat plus large sur l’immigration.  

- Partisans du maintien : valeurs humanitaires, contribution des immigrants.  

- Opposants : dérive vers une régularisation permanente.  

- Élus du Congrès : certains plaident pour une réforme offrant un chemin vers la résidence permanente.  


En guise de Conclusion

La décision du 2 février 2026 représente une victoire temporaire pour les familles haïtiennes aux États-Unis. Elle illustre la complexité du TPS : un programme conçu comme temporaire, mais devenu indispensable face à des crises prolongées.  

Au-delà des aspects juridiques, cette affaire met en lumière des enjeux humains, économiques et politiques. Elle pose une question fondamentale : jusqu’où les États-Unis doivent-ils aller pour protéger les populations vulnérables, tout en respectant le cadre légal de l’immigration ?  


Pour l’instant, les bénéficiaires haïtiens du TPS peuvent respirer. Mais l’avenir reste incertain, suspendu aux décisions des tribunaux et aux choix politiques des dirigeants américains.




Crédit: Andy Limontas

lundi 2 février 2026

Haïti/Crise: L'hélicoptère de l'ONU, unique moyen de transport sûr face aux gangs de Port-au-Prince

En Haïti, les gangs contrôlent aujourd'hui environ 85% de Port-au-Prince. Se rendre dans la capitale ou en partir est devenu quasi mission impossible, surtout par les airs. Plus aucune compagnie ne dessert la ville en raison de l'insécurité. Pour le personnel humanitaire, il ne reste qu'un moyen de transport jugé relativement sûr : la navette en hélicoptère assurée par l'UNHAS, le service aérien des Nations unies. Elle relie Port-au-Prince à la deuxième ville du pays, Cap-Haïtien.

L'un des deux hélicoptères de l'UNHAS qui assure la liaison entre Port-au-Prince et différentes villes de province vient de se poser sur un petit terrain à Pétion-Ville, sur les hauteurs de la capitale haïtienne. 

Ce matin-là, à Cap-Haïtien, une douzaine de passagers embarquent dans l'hélicoptère blanc de l'UNHAS (Service aérien d’aide humanitaire des Nations unies), géré par le Programme alimentaire mondial (PAM). Le trajet jusqu'à Port-au-Prince dure environ quarante minutes. On survole un paysage montagneux, sec et aride.

L'hélicoptère se pose finalement sur un petit terrain à Pétion-Ville, dans la banlieue de la capitale. Parmi les passagers qui descendent, on retrouve une employée du Comité international de la Croix-Rouge. « C'est, pour le moment, l'unique moyen de voyage pour entrer et sortir de Port-au-Prince. »


La sécurité au coeur de chaque vol

La sécurité est au cœur de chaque vol. Le protocole est particulièrement strict, explique Robine Jean-Baptiste de l'UNHAS : « Chaque matin, nous avons une révision sécuritaire. Si on doit retarder le vol, on le retarde. Si le vol doit être suspendu, on le suspend. On ne veut mettre personne en danger ».

Pour éviter les tirs et les balles perdues, les deux hélicoptères de l'UNHAS qui assurent ces rotations contournent soigneusement les zones de Port-au-Prince contrôlées par les gangs.

Aujourd'hui, plus de 180 organisations humanitaires en Haïti dépendent de ce mode de transport. Parallèlement, de plus en plus d'hélicoptères privés sillonnent le ciel haïtien. Un moyen de déplacement réservé à une élite fortunée.



Crédit: Achim Lippold et Justine Fontaine avec RFI


samedi 31 janvier 2026

L'étranger qui vit en Haïti est un espion et l'haïtien qui fuit Haïti est un modèle

 

L’ÉTRANGER QUI VIT EN HAÏTI EST UN ESPION, ET L’HAÏTIEN QUI FUIT HAÏTI EST UN MODÈLE...

Dans la société haïtienne, l’Haïtien peut vivre à Miami, à Montréal, à Paris, à Londres, à Madrid, à São Paulo, à Mexico, à Santo Domingo, aux Bahamas, au Suriname, au Chili, aux îles Turks & Caicos, en Guyane Française,  en Guadeloupe, à la Martinique, ou n’importe où ailleurs sur la planète, sans jamais être suspect.

Mais quand un étranger décide de vivre en Haïti, d’y manger, d’y parler le créole comme les Haïtiens, d’y rester et d’aimer le pays publiquement, il devient aussitôt un infiltré, un espion, un agent double, ou encore un « blan pa bon ». Cette logique n’obéit à aucune règle rationnelle tout en relevant du réflexe, du traumatisme et d’une méfiance devenue une  culture et un symptôme national.

Frère Joël TRIMBLE est le miroir qui dérange, non pas parce qu’il accuse, mais parce qu’il montre les bonnes choses d'Haiti. Ce qu’il montre met mal à l’aise tous ceux qui ont cessé d’assumer Haïti tout en prétendant de la défendre.


FRÈRE JOËL : LA PROMOTION D’HAÏTI SANS BUDGET, SANS ONG, SANS DISCOURS 

Frère Joël TRIMBLE ne dispose pas de millions, de projets subventionnés et de structures lourdes. Il lui suffit d’un plat de riz, d’un œuf, d’un sourire et d’une caméra. Et Haïti respire. Il montre le pays tel qu’il est avec une empathie très humaine, très vivante, chaleureuse et digne. Il donne envie de revenir, de rester et de réconcilier l’image d’Haïti avec la réalité de son peuple.

Beaucoup d’Haïtiens ne font pas pour Haïti le dixième de ce que cet homme accomplit, gratuitement, par sa conviction et son attachement réel à cette grande Nation.


JOËL ET YVONNE TRIMBLE : 40 ANS EN HAÏTI, TOUJOURS «PAS ASSEZ HAÏTIENS »

Frère Joël et son épouse Yvonne TRIMBLE ne sont pas des touristes humanitaires. Ils ne sont pas venus de voir Haïti, ou de tester un projet. Ils sont venus vivre en Haïti, sont restés et y sont enracinés. Depuis 1981, ils vivent dans un pays où beaucoup de nationaux organisent leur départ dès l’enfance pour fuir Haiti à tout prix. Ils fondent une église de 7 000 fidèles bien avant le départ de l'ancien régime de  Jean-Claude DUVALIER en 1986. 

En 2005, ils investissent leurs propres moyens dans la télévision et lancent l’émission La Bonne Nouvèl, aujourd’hui forte de plus de 90 épisodes diffusés sur 80 chaînes en Haïti et aux États-Unis d'Amérique. En 2010, après le violent tremblement de terre de 35 secondes d'une magnitude 7.0 sur l’échelle de Richter, alors que l’État haïtien est absent et que la peur domine, ils organisent une croisade de 100 000 personnes devant les ruines du Palais national.

Malgré cela, nombreux haitiens dépourvus d'esprit d'ouverture continuent de dire, sans aucun argument solide « Misye pa bon. Se yon ajan ameriken» La faute de Frère Joël TRIMBLE est simple parce qu'il s’est adapté comme les Haïtiens. Il mange sans complexe ce que mange le peuple haïtien. Il vit comme vit le peuple et parle le créole avec une dextérité sans aucune condescendance. Il ne demande pas à Haïti de devenir l’Amérique. Et surtout, le fait qu'il jouit du pays cela suffit pour lui de devenir suspect, car jouir d'un pays semble réservé à ceux qui le dénigrent, et jamais à ceux qui le respectent. 

Par contre, certains compatriotes en Haiti et dans la diaspora refusent que leurs enfants parlent le créole, et programment leur avenir sur plusieurs générations hors du pays et n’investissent  rien en Haiti, mais ils trouvent encore l'audace et l’énergie morale pour juger un étranger qui, lui, a construit paisiblement un héritage local.


LES VRAIS DANGERS NE SONT JAMAIS INQUIÉTÉS 

Chose certaine, les étrangers qui travaillent contre Haïti sont rarement questionnés ou soupçonnés. Ils distribuent des visas, des per diem et des contrats d’ONG, mais ils sont acceptés et honorés. En revanche, l’étranger qui respecte la culture haïtienne, s’intègre, bâtit et laisse une trace durable devient un suspect.

On se souvient pourtant d’un pasteur missionnaire à Limbé dans le Nord d’Haïti, qui, après plus de 30 ans, a laissé le musée Guayaba, l’un des rares à avoir conservé des objets culturels africains, indigènes et liés à l’esclavage. Combien de dirigeants « révolutionnaires » haitiens sont partis sans même laisser une latrine fonctionnelle ?  Le scandale n’est pas que des étrangers aiment Haïti. 

Par ricochet, le scandale, c’est que nous soupçonnons l’amour plus vite que la trahison parce qu'en Haïti, celui qui fuit est excusé, celui qui reste est ridiculisé et celui qui aime Haiti est un suspect. Et pourtant, Frère Joël est  toujours là,  calme, solide et en bonne santé. Un seul Frère Joël pour tout une Nation. Et c’est La Bonne Nouvelle.



Crédit: Amos CINCIR 

Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique 

Ambassadeur du Royaume 

1er Février 2026

Aux Etats-Unis, le nationalisme chrétien participe au démantèlement de la démocratie

En 2026, les Etats-Unis célébreront le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance. Les préparatifs vont d’ores et déjà bon train pour commémorer le 4 juillet 1776, ce jour où les colons américains ont déclaré leur souveraineté vis-à-vis de la monarchie britannique.

Alors que les festivités approchent, cependant, la démocratie américaine est menacée de toute part et la « vérité évidente » qui sous-tend la déclaration, selon laquelle « tous les hommes ont été créés égaux », s’effrite un peu plus chaque jour. Si, dans la réalité, l’égalitarisme n’a jamais été parfait, même ceux qui n’étaient pas traités comme égaux devant la loi se sont longtemps appuyés sur ce principe d’égalité pour combattre les injustices.

Les courants religieux dominants aux Etats-Unis ont d’ailleurs adopté et renforcé cet idéal d’égalité sociale pour en faire une valeur commune. Plus : les courants chrétiens qui ont prospéré aux Etats-Unis sont nés du rejet de l’idée qu’il existerait une hiérarchie d’origine divine.

Or, aujourd’hui, le « nationalisme chrétien » s’oppose au principe d’égalité sociale sur lequel repose la démocratie. Il rassemble au moins trois grands courants chrétiens, que nous présenterons ci-après, et qui paraîtront étranges, voire « non chrétiens », aux chrétiens les plus modernes. Toujours est-il qu’ils constituent de puissantes forces à l’œuvre derrière le démantèlement actuel de la démocratie américaine.

Bien que fort différents à maints égards, parfois même incompatibles, les évangéliques dominionistes [du latin dominium, domination, souveraineté], les pentecôtistes de la Nouvelle Réforme apostolique ? ce mouvement théologique suprémaciste qui a émergé dans les années 1990 ? et les catholiques intégralistes se sont rassemblés pour former le mouvement « nationaliste chrétien ». S’ils puisaient à l’origine tous dans la démocratie et l’égalitarisme, ils partagent aujourd’hui cette conviction commune : l’égalité sociale n’a pas été voulue par Dieu et la société doit être gouvernée par des personnes élues par Dieu – et non par les urnes.



Crédit : Reuters avec Radio Internationale d'Haïti 


Société: Mme Franck Paul, 73 ans de craie et un pays qui préfère les bullledozers

 

MADAME FRANCK PAUL, 73 ANS DE CRAIE, ET UN PAYS QUI PRÉFÈRE LES BULLEDOZERS.....

En Haïti, une école fondée légalement, reconstruite sans aide publique ni ONG, accueillant de nombreux enfants boursiers, peut aujourd’hui être traitée comme une parcelle à saisir. À 73 ans, après plus de soixante-dix ans d’enseignement, Marie Marthe Balin PAUL,  mieux connue sous le nom de Madame Franck PAUL, fondatrice du Collège Canapé-Vert découvre que servir la Nation haïtienne ne protège de rien. Une République qui expulse ses éducateurs au lieu de les défendre. Quand l’État haïtien abandonne les établissements scolaires de référence, les prédateurs  de grand chemin prennent le tableau. 

Nous sommes  en 2026, on ne brûle plus les livres, car c'est inutile. Néanmoins, on a trouvé  la formule la plus efficace, le moyen le plus discret et le plus moderne ou l'on expulse les écoles. On ne jette plus les maîtres en prison mais on les use à coups de papiers timbrés, d’huissiers pressés, de convocations sans signature claire et de silences administratifs calculés.

La violence a changé de costume, car elle porte désormais la cravate de la procédure. C’est  ainsi que fonctionne la République dite éducative, celle qui célèbre la jeunesse dans ses discours et la sacrifie dans ses actes, surtout lorsque le foncier devient plus rentable que l’avenir des enfants.


UNE FEMME, UNE ÉCOLE, UNE INDÉCENCE NATIONALE

Madame Franck PAUL, ce patrimoine vivaht, qui enseigne depuis 1953, bien avant des régimes des Duvalier,  bien avant des promesses creuses et surtout bien avant que de nombreux des décideurs actuels ne sachent distinguer une école d’un terrain spéculatif.

Le Collège Canapé-Vert, qu’elle dirige, a été fondé en 1974, sur un terrain acheté légalement en 1973. Depuis plus de 50 ans, ce bien est occupé paisiblement, sans contestation, sans litige et sans scandale. Un demi-siècle de stabilité foncière. En Haïti, c’est presque suspect.

Après le violent tremblement de terre du 12 Janvier 2010, pendant que l’État haïtien cherchait ses responsabilités et que les ONG cherchaient leurs logos, Madame Franck PAUL  cette vaillante  femme  reconstruisait seule.sans aucune subvention de l’État démissionnaire et sans aucune  ONG locale ou internationale. Avec ses propres moyens, elle a reconstruit un bâtiment parasismique, fonctionnel, au service d’une population scolaire dont beaucoup d’enfants sont des boursiers, accueillis sans tambour ni trompette, simplement parce que l’école croyait encore à sa noble mission.


MENACES, PRESSIONS ET USURE : L’ÉTAT ABSENT, LA PRÉDATION PRÉSENTE

Aujourd’hui, en plein début de l'année  2026 comment la Nation la remercie-t-elle ? Par des menaces d’expulsion, des démarches troubles et  des visites qui ne disent pas leur nom mais surtout par une stratégie connue, visant à épuiser pour vaincre. Il ne s’agit pas ici d’un débat juridique transparent. Il s’agit de cette zone grise où le droit est laissé sans défense, où l’État haïtien regarde ailleurs, et où d’autres avancent. Ce n’est pas la justice qui parle, mais son ombre.

Ce qui arrive  aujourd’hui à Madame Franck PAUL n’est pas un cas isolé. C’est un symptôme social dans un pays où l’État se retire, le droit devient fragile, l’éducation n’est plus sanctuarisée et la vieillesse respectable devient une vulnérabilité par ce qu'en Haïti, la propriété est protégée tant qu’elle ne suscite pas de convoitise. L’éducation est tolérée tant qu’elle ne gêne aucun appétit. Et les bâtisseurs sont honorés… tant qu’ils ne dérangent personne.

Une femme de 73 ans, sans réseau armé et sans protection politique, devient alors une cible idéale. Non parce qu’elle a tort mais parce qu’elle est seule.


UN AVERTISSEMENT GRAVE À LA SOCIÉTÉ

Ce n’est pas seulement une école qu’on menace. C’est un principe. Un pays qui ne protège plus ses écoles prépare ses prisons. Un pays qui intimide ses éducateurs détruit son avenir à huis clos. Un pays qui laisse faire cela se condamne lui-même, sans bruit et sans décret.

Aujourd’hui, c’est le Collège Canapé-Vert. Demain, ce sera quelle autre institution silencieuse ? Quel autre vieil enseignant fatigué ? Quel autre pilier discret ?  Madame Franck PAUL ne demande ni faveur ni privilège. Elle demande le respect du droit, la paix à la fin d’une vie consacrée à l’éducation et la reconnaissance minimale qu’un État doit à ceux qui ont tenu debout pendant qu’il s’effondrait.

Si la société haitienne accepte cela, alors qu’elle cesse de parler d’éducation, de jeunesse et d’avenir. Qu’elle assume ce qu’elle devient. Car un pays qui expulse ses écoles a déjà commencé à s’expulser lui-même de l’Histoire. Et cette fois, le silence ne sera pas une neutralité, mais une responsabilité collective assumée.



Crédit: Amos CINCIR 

Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique 

Ambassadeur du Royaume 

30 Janvier 2026

vendredi 30 janvier 2026

Haïti/Crise: De la Révolution des Cinq Glorieuses à la Crise des Gangs en 2026

Port-au-Prince, Haïti, vendredi 30 Janvier 2026

De la Révolution des "Cinq Glorieuses" en 1946 à la Crise des Gangs en 2026.


Par Andy Limontas  


Introduction

En janvier 1946, Haïti vivait une insurrection populaire qui allait marquer durablement son histoire : les « Cinq Glorieuses ». Étudiants, ouvriers et intellectuels s’unissaient pour renverser le président Élie Lescot, symbole d’un régime autoritaire et corrompu. Ce moment fut perçu comme une renaissance démocratique, une affirmation de la capacité du peuple haïtien à reprendre son destin en main.  

Quatre-vingt (80) ans plus tard, en 2026, le pays se trouve dans une situation radicalement différente : plongé dans une crise sécuritaire et institutionnelle sans précédent, dominé par les gangs armés et paralysé par l’absence d’élections. Cet article propose une analyse comparative entre l’élan démocratique de 1946 et la désintégration politique actuelle, afin de comprendre les continuités et les ruptures de l’histoire haïtienne.  


1946 : Les Cinq Glorieuses, une révolution populaire

Contexte politique et social

Sous la présidence d’Élie Lescot (1941–1946), Haïti était marqué par un autoritarisme croissant, une corruption endémique et une dépendance aux intérêts étrangers. Les inégalités sociales, héritées de l’occupation américaine (1915–1934), nourrissaient un profond ressentiment. Les étudiants et les ouvriers, marginalisés, voyaient dans la contestation une voie vers la dignité.  


Déroulement de la révolution

Du 7 au 11 janvier 1946, Port-au-Prince devint le théâtre d’une mobilisation massive. Les étudiants, menés par des figures comme René Depestre et Gérard Bloncourt, organisèrent des manifestations. Rapidement, les ouvriers rejoignirent le mouvement sous l’impulsion du syndicaliste Daniel Fignolé. Les foules se rassemblèrent au Parc Leconte (aujourd'hui : Stade Sylvio Cator) et dans les rues de la capitale, exigeant la démission de Lescot. 

Le 11 janvier, acculé, le président prit le chemin de l’exil.  


Conséquences immédiates

La chute de Lescot ouvrit une période de transition démocratique. Dumarsais Estimé fut élu président, devenant le premier chef d’État noir issu des classes populaires. Son accession au pouvoir symbolisait une rupture avec l’élitisme traditionnel et une reconnaissance des masses. Les syndicats et les étudiants avaient démontré leur capacité à transformer la contestation en changement politique.  


2026 : Haïti face à la crise des gangs

Un État paralysé

Aujourd’hui, Haïti est confronté à une crise d’une ampleur inédite. Les gangs armés contrôlent de vastes territoires, y compris hors de Port-au-Prince. L’État, affaibli, peine à assurer ses fonctions essentielles : sécurité, justice, services publics. Les institutions sont fragmentées, incapables de répondre aux besoins de la population.  


Violence et insécurité

Les affrontements entre gangs provoquent des centaines de morts chaque mois. Les kidnappings, les extorsions et les déplacements forcés sont devenus monnaie courante. Des milliers de familles vivent dans des camps improvisés, fuyant les zones de conflit. La peur est omniprésente, et la vie quotidienne se réduit à une lutte pour la survie.  


Blocage politique

Depuis dix ans, aucune élection présidentielle n’a eu lieu. Les divisions entre les acteurs politiques empêchent l’établissement d’un calendrier électoral crédible. Un scrutin est annoncé pour 2027, mais la méfiance demeure. La population, désabusée, voit dans la classe politique une source de blocage plutôt qu’une solution.  


Crise humanitaire

La situation humanitaire est alarmante : insécurité alimentaire, effondrement du système de santé, manque d’accès à l’eau potable. Les ONG et les agences internationales tentent de pallier les carences de l’État, mais leurs moyens sont limités. Haïti est devenu l’un des pays les plus fragiles du continent.  


Intervention internationale

Le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) et d’autres acteurs internationaux cherchent à faciliter un dialogue politique et à réduire les tensions. Cependant, leur action est souvent perçue comme insuffisante ou déconnectée des réalités locales. La souveraineté nationale reste un enjeu sensible.  


Comparaison : 1946 vs 2026

Nature des mobilisations

En 1946, la mobilisation était populaire, portée par des étudiants et des ouvriers animés par un projet collectif de démocratie et de justice sociale. En 2026, la dynamique est inversée : ce sont des gangs armés qui imposent leur loi, sans projet politique, mais avec une logique de domination territoriale et économique.  


Acteurs principaux

- 1946 : Étudiants, ouvriers, intellectuels, syndicalistes.  

- 2026 : Gangs armés, société civile fragmentée, acteurs internationaux.  


Résultats immédiats

- 1946 : Chute d’un président, ouverture démocratique.  

- 2026 : Paralysie institutionnelle, absence d’élections, crise humanitaire.  


Espoir collectif

- 1946 : Émergence d’un président issu des masses, symbole d’un renouveau.  

- 2026 : Désillusion, survie quotidienne, absence de perspectives.  


Rôle international

- 1946 : Faible, mouvement essentiellement interne.  

- 2026 : Forte implication de l’ONU, ingérence flagrante, humiliante, scandaleuse , diktat des États-Unis d'Amérique et des ONG, mais efficacité limitée.  


Analyse critique

La comparaison entre 1946 et 2026 révèle une mutation profonde des luttes haïtiennes. En 1946, la contestation visait un changement politique et portait un projet collectif d’émancipation. En 2026, la crise est davantage marquée par la désintégration de l’État et la domination des gangs, sans leadership populaire unifié. L’énergie qui jadis renversa un président s’est transformée en une lutte désespérée contre l’anarchie, la faim et la survie.  

Cette évolution souligne la fragilité des institutions haïtiennes et l’incapacité des élites à construire un État stable et inclusif. Elle met aussi en lumière la résilience du peuple haïtien, qui continue de chercher des voies de survie malgré l’effondrement des structures politiques.  


Perspectives

Pour sortir de la crise, Haïti doit renouer avec l’esprit de 1946 : une mobilisation populaire fondée sur un projet collectif. Cela suppose :  

- La reconstruction des institutions démocratiques.  

- La lutte contre la corruption et l’impunité.  

- L’investissement dans l’éducation et la jeunesse.  

- Le renforcement des syndicats et des organisations de la société civile.  

- Une coopération internationale respectueuse de la souveraineté nationale.  

Sans ces éléments, le pays risque de rester prisonnier d’un cycle de violence et d’instabilité.  


En guise de Conclusion

La révolution de 1946 fut un cri d’espoir, une affirmation que le peuple pouvait renverser un régime et ouvrir la voie à une démocratie. En 2026, Haïti est plongé dans une crise où l’État est affaibli, les gangs imposent leur loi, la population vit dans l’urgence humanitaire et surtout l'ingérence sauvage des États-Unis d'Amérique dans les affaires internes d'Haïti.

 Haïti n'est plus indépendant! 

Le parallèle souligne une tragédie : l’énergie populaire qui jadis renversa un président s’est transformée en une lutte désespérée contre l’anarchie et la faim.  

En 2026, le peuple haïtien cherche des leaders dans le calibre de ceux de 1946. Blackout total ! Mission Impossible !

Pourtant, l’histoire rappelle que le peuple haïtien a déjà su se lever et transformer son destin. La question demeure : saura-t-il, une fois encore, retrouver la force de bâtir un avenir commun, de reprendre son indépendance et par ricochet, renaître de ses cendres ?  



Crédit : Andy Limontas 

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