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jeudi 25 juin 2026

CDM 2026⚽: Le panache d'un perdant qui dénie

 

LE PANACHE D'UN PERDANT QUI DÉNIE

Dès le coup d'envoi, Isidor et Lenny Joseph se sont jetés comme des loups affamés sur les défenseurs marocains, leurs proies désignées. Derrière eux,   Providence, Bellegarde, D. Jean-Jacques, et Casimir n'étaient pas en reste. Le projet était donc de laisser aux vestiaires complexes d'infériorité et conservatisme  tactique. Ce à quoi ont pleinement adhéré Martin Expérience, le meilleur des Grenadiers sur l'ensemble des trois matchs, H. Delcroix l'imperturbable, Adé et Kevin Duverne préféré à Arcus au poste de latéral droit. 


Mais nous nous sommes rendu compte bien vite aussi que l'adversaire est un numéro 7 mondial méritant, celui-là même qui, le 13 juin, avait proprement dominé le Brésil dans le jeu, un Brésil tout heureux de s'en sortir avec un nul (1-1). Que vit-on, en effet? Un football de mouvement, de précision, d'intelligence. Un football d'académie et d'art populaire. Sans fioritures. La beauté étant dans la chose elle-même. La plus grande adversité à laquelle la Sélection Diaspora ait été exposée. Nous fûmes poussés jusqu'à nos dernières limites défensives. Ce n' est pas Placide qui contredira ces stats publiés par Bestsoccer: 8 arrêts difficiles sur un total de 22 tirs marocains, dont 11 cadrés contre 9 au total de notre côté, dont 2 cadrés; et sous les yeux de notre gardien, 26 dégagements et 25 tacles par notre bloc défensif; 479 passes marocaines, 198 haïtiennes; 9 corners pour eux, 1 pour nous.


Ce fut aux questions de la supériorité marocaine de ces datas que devaient répondre les nôtres. Ils le firent avec panache en ouvrant la marque par une pichenette de l'intérieur du pied droit, en translation par rapport au pied d'appui du protagoniste. Sur le coup, la chance nous sourit puisque le ballon de L. Joseph, malgré la grâce du geste, se dirigeait hors du cadre quand il se heurta sur le dos de Bounou le portier marocain, alors en perdition, et traversa la ligne de but. Officiellement: but du portier marocain contre son camp.


Un but d'ouverture de score, on le sait, est promesse de victoire. Dans le cas de celui de Lenny Joseph, un enjeu intermédiaire nous taraudait l'esprit, au moins un but, au moins deux, comme en 1974. Mieux qu'en 1974, au bout du compte, nous en avons fait au chapitre "but encaissé": six de moins, qu'en 1974 (14), donc 8 en cette édition de 2026. 


Mieux encore, une production d'ensemble plus consistante et un but venu d'ailleurs, celui du 2-1 d'Isidor aussi excitant et spectaculaire que celui de Manno Sanon contre Zoff, moins la passe majestueuse de P. Vorbe. Et pourtant! Manno Kant donne la clef de la compréhension du beau: le plaisir éprouvé à la vue de l'objet. Quand il s'agit d'une œuvre d'art - le but d'Isidor en est un - nous faisons appel à notre imagination et à notre entendement, donc notre faculté de juger et de classer les objets, pour prolonger le plaisir. D'où, nous sommes capables, sans visionnage du film, de recomposer le centre de Providence, la rage de Lenny Joseph qui gêne le défenseur central Halal obligé de dégager à l'emporte-pièce; après une tête marocaine, récupération de la tête de Duverne à son tour, remise, tout près de lui, par son pied gauche, à Isidor, qui laisse le ballon se frotter sur l'intérieur de son pied droit, à 25 mètres du but marocain, fixe son pied gauche au sol, déploie ses longs bras comme les ailes d'un albatros, bande sa jambe droite, tous les muscles du corps convergeant vers le coup du pied, équilibre parfait et relâchement, bouuuuummm! Bounou se détend en antimissile mais le ballon frappé par l'Haïtien est un éclair : Haïti mène 2-1. Panache.

Nous perdrons in fine 2-4. 


Nous retenons la résistance des nôtres et  leur panache; nous dénions presque la défaite. À nous l'avenir.



Crédit : Patrice Dumont

25 juin 2026

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CDM 2026⚽: Le panache d'un perdant qui dénie

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