MADAME FRANCK PAUL, 73 ANS DE CRAIE, ET UN PAYS QUI PRÉFÈRE LES BULLEDOZERS.....
En Haïti, une école fondée légalement, reconstruite sans aide publique ni ONG, accueillant de nombreux enfants boursiers, peut aujourd’hui être traitée comme une parcelle à saisir. À 73 ans, après plus de soixante-dix ans d’enseignement, Marie Marthe Balin PAUL, mieux connue sous le nom de Madame Franck PAUL, fondatrice du Collège Canapé-Vert découvre que servir la Nation haïtienne ne protège de rien. Une République qui expulse ses éducateurs au lieu de les défendre. Quand l’État haïtien abandonne les établissements scolaires de référence, les prédateurs de grand chemin prennent le tableau.
Nous sommes en 2026, on ne brûle plus les livres, car c'est inutile. Néanmoins, on a trouvé la formule la plus efficace, le moyen le plus discret et le plus moderne ou l'on expulse les écoles. On ne jette plus les maîtres en prison mais on les use à coups de papiers timbrés, d’huissiers pressés, de convocations sans signature claire et de silences administratifs calculés.
La violence a changé de costume, car elle porte désormais la cravate de la procédure. C’est ainsi que fonctionne la République dite éducative, celle qui célèbre la jeunesse dans ses discours et la sacrifie dans ses actes, surtout lorsque le foncier devient plus rentable que l’avenir des enfants.
UNE FEMME, UNE ÉCOLE, UNE INDÉCENCE NATIONALE
Madame Franck PAUL, ce patrimoine vivaht, qui enseigne depuis 1953, bien avant des régimes des Duvalier, bien avant des promesses creuses et surtout bien avant que de nombreux des décideurs actuels ne sachent distinguer une école d’un terrain spéculatif.
Le Collège Canapé-Vert, qu’elle dirige, a été fondé en 1974, sur un terrain acheté légalement en 1973. Depuis plus de 50 ans, ce bien est occupé paisiblement, sans contestation, sans litige et sans scandale. Un demi-siècle de stabilité foncière. En Haïti, c’est presque suspect.
Après le violent tremblement de terre du 12 Janvier 2010, pendant que l’État haïtien cherchait ses responsabilités et que les ONG cherchaient leurs logos, Madame Franck PAUL cette vaillante femme reconstruisait seule.sans aucune subvention de l’État démissionnaire et sans aucune ONG locale ou internationale. Avec ses propres moyens, elle a reconstruit un bâtiment parasismique, fonctionnel, au service d’une population scolaire dont beaucoup d’enfants sont des boursiers, accueillis sans tambour ni trompette, simplement parce que l’école croyait encore à sa noble mission.
MENACES, PRESSIONS ET USURE : L’ÉTAT ABSENT, LA PRÉDATION PRÉSENTE
Aujourd’hui, en plein début de l'année 2026 comment la Nation la remercie-t-elle ? Par des menaces d’expulsion, des démarches troubles et des visites qui ne disent pas leur nom mais surtout par une stratégie connue, visant à épuiser pour vaincre. Il ne s’agit pas ici d’un débat juridique transparent. Il s’agit de cette zone grise où le droit est laissé sans défense, où l’État haïtien regarde ailleurs, et où d’autres avancent. Ce n’est pas la justice qui parle, mais son ombre.Ce qui arrive aujourd’hui à Madame Franck PAUL n’est pas un cas isolé. C’est un symptôme social dans un pays où l’État se retire, le droit devient fragile, l’éducation n’est plus sanctuarisée et la vieillesse respectable devient une vulnérabilité par ce qu'en Haïti, la propriété est protégée tant qu’elle ne suscite pas de convoitise. L’éducation est tolérée tant qu’elle ne gêne aucun appétit. Et les bâtisseurs sont honorés… tant qu’ils ne dérangent personne.
Une femme de 73 ans, sans réseau armé et sans protection politique, devient alors une cible idéale. Non parce qu’elle a tort mais parce qu’elle est seule.
UN AVERTISSEMENT GRAVE À LA SOCIÉTÉ
Ce n’est pas seulement une école qu’on menace. C’est un principe. Un pays qui ne protège plus ses écoles prépare ses prisons. Un pays qui intimide ses éducateurs détruit son avenir à huis clos. Un pays qui laisse faire cela se condamne lui-même, sans bruit et sans décret.
Aujourd’hui, c’est le Collège Canapé-Vert. Demain, ce sera quelle autre institution silencieuse ? Quel autre vieil enseignant fatigué ? Quel autre pilier discret ? Madame Franck PAUL ne demande ni faveur ni privilège. Elle demande le respect du droit, la paix à la fin d’une vie consacrée à l’éducation et la reconnaissance minimale qu’un État doit à ceux qui ont tenu debout pendant qu’il s’effondrait.
Si la société haitienne accepte cela, alors qu’elle cesse de parler d’éducation, de jeunesse et d’avenir. Qu’elle assume ce qu’elle devient. Car un pays qui expulse ses écoles a déjà commencé à s’expulser lui-même de l’Histoire. Et cette fois, le silence ne sera pas une neutralité, mais une responsabilité collective assumée.
Crédit: Amos CINCIR
Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique
Ambassadeur du Royaume
30 Janvier 2026


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