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mardi 24 février 2026

Haïti/Crise: 𝐏𝐚𝐜𝐭𝐞 𝐞𝐧 𝐩𝐚𝐜𝐭𝐞, 𝐇𝐚ï𝐭𝐢, 𝐩𝐢𝐳𝐳𝐚-𝐫é𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞.

Haïti s’est réveillée ce lundi 23 février 2026 sous un soleil rond comme une pizza, qu’on essaie de manger en triangle dans une boîte carrée. Plus de 300 bouches, beaucoup de salive, peu de tranches. Mais quand même, à vous Madame, à vous Monsieur : bon appétit. J’en ris pour ne pas pleurer.

L’image ici n’est pas qu’une figure de style. Elle décrit une réalité politique. Beaucoup d’acteurs, peu d’espace réel de pouvoir, et une compétition silencieuse pour des parts des ressources de l’État. Sous le vocabulaire de la stabilité s’organise une redistribution du maigre trésor public. Voilà la realpolitik haïtienne d’aujourd’hui.

À environ 5 mois des élections annoncées, les principaux acteurs politiques et des représentants de la société civile se retrouvent autour d’une table pour savourer le repas sous le label « Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections ». La transition, censée conduire vers les urnes, prend la forme d’un partage concerté des leviers du pouvoir exécutif.

Le problème ne tient pas à l’idée d’un accord. Dans une société fragmentée, la concertation peut constituer un outil nécessaire. Le problème réside dans le calendrier et dans la nature du dispositif. À 5 mois d’un scrutin annoncé, l’exigence prioritaire devrait être la restauration stricte de l’ordre constitutionnel : administration électorale neutre, sécurité minimale garantie, égalité des compétiteurs, calendrier intangible.

Or ce qui s’installe dépasse la simple préparation des urnes. Le Pacte élargit le périmètre de la transition. Il encadre la gouvernance, formalise des espaces de coordination, multiplie les mécanismes de suivi et inscrit la période intérimaire dans une architecture plus dense que ne l’exigerait une mission exclusivement électorale. Le centre de gravité se déplace. L’élection cesse d’être l’unique horizon. La gestion du présent devient un chantier structurant.

Une transition tire sa légitimité de sa brièveté et de sa clarté. Elle doit être un passage, non un système. Lorsqu’elle se dote de dispositifs supplémentaires, qu’elle agrège des engagements sectoriels et qu’elle élargit ses missions, elle acquiert une consistance institutionnelle qui tend à prolonger sa propre nécessité. Plus elle se structure, plus elle consolide son rôle.

C’est là que la gouvernance se fissure. La stabilisation invoquée peut, dans les faits, étirer le temps exceptionnel. Chaque objectif additionnel, chaque chantier institutionnel, chaque coordination formalisée ajoute une condition implicite au retour à la normalité constitutionnelle. L’exception se pare du vocabulaire de la responsabilité.

Dans un contexte où l’exception dure depuis des années, la question centrale ne concerne pas la multiplication des cadres de concertation. Elle concerne la réduction du temps transitoire. Une transition crédible se mesure à sa capacité à s’effacer devant le suffrage universel, non à sa faculté d’installer des mécanismes qui la rendent indispensable.

À 5 mois des élections, l’enjeu n’est pas de redistribuer les parts sous un label consensuel. L’enjeu est de restituer le pouvoir au peuple, dans un cadre strictement constitutionnel. 



Crédit : Jean Venel Casséus   

24 février 2026


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